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Publié par Christian Hivert

noel-2001.la-motte-jpgMême chez les plus pauvres, là où l’on s’attendrait le plus à l’indignation face aux conditions désastreuses de survie imposées, à de la résistance, même là régnait en maître tous les oripeaux des différentes facettes du jeu de domination et soumission, de l’exploitation généralisée.

 

Fallait-il donc que tant et tant d’étoiles explosent pour en arriver à un tel système de vie, un système sans concurrence notable, s’étendant sur la totalité des mondes connus et des continents explorés, c’est à dire la terre entière, les antiques valeurs n’étaient plus que sujets de thèses fumeuses.

 

Des mouvements verraient le jour emplis de prétentions et de solutions intégrables au système inique, mais les Nazis avaient montré l’exemple, mais les Nazis avaient gagné la guerre, mais les Nazis avaient gagné le jeu de l’humain, mais les Nazis portaient d’autres noms et leurs fils régnaient.

 

Dans le plus petit collectif régnerait la volonté hégémonique la plus délirante, la soumission à des chefs ou à des envolées théoriques impraticables, comme des tentatives constantes de se masquer la vue face aux souffrances sociales générées et renouvelées à l’infini des horreurs.

 

Arthur était maintenant fatigué de ce cirque malsain, il avait fait ce qu’il avait pu, mais on ne lutte pas contre les lenteurs de l’évolution, aucune solution ne peut être si elle ne vient pas de l’accomplissement de tous, depuis combien de milliers d’années, depuis combien de milliards de planètes ?

 

Reine sortait de chez son assistante sociale, les petites allaient à l’école, l’appartement était spacieux, tout allait pour le mieux et les budgets étaient bouclés selon les protocoles en vigueur, alors on lui proposait un stage de requalification à plus de cent kilomètres.

 

Pour la gestion de la vie courante avec les petites et l’école cela ne rentrait plus dans les petites cases bien calibrées, on lui annonça alors sans rire que les petites pouvaient être placées, Reine en était suffoquée, la permanence de la vie familiale ne comptait plus pour rien désormais.


Les Nazis déjà séparaient les enfants et les parents, et fourmillaient d’idées pour transformer l’être en machine facilement reprogrammable en fonction des besoins du marché, triaient l’utile du disponible à la souffrance et aux expérimentations, désignaient les faibles et construisaient les mouroirs.

 

Les Nazis désignent le Pire de ce qui a pu se vivre dans l’histoire de l’inhumanité, et lorsque ce Pire est à nouveau vécu mondialement, totalement et quasiment sans résistance possible, alors ce mot horrible doit ressortir des dictionnaires et des volumes poussiéreux pour désigner l’infamie.

 

Alors ceux qui s’opposent à l’emploi de ce mot sont les chantres mous de l’ignominie en cours, les racailles mollassonnes responsables et complices de tous les désastres, les éternels supplétifs des dictatures et  des tortures les plus subtiles, les tortures psychiques des exclusions sociales.

 

Lorsque tout le monde était à peu près pauvre et vivait dans le même territoire en partageant à peu près les mêmes intérêts, il ne pouvait avoir d’exclusion ou de sentiment d’exclusion véritable, une communauté de base permettait les échanges et les agréments collectifs, un bien être ensemble.

 

Ce qui a été ne sera  plus, le monde développé sous le règne terrible du talon de fer des grandes puissances industrielles et technologiques mondiales dirigées depuis les Etats Unis a rempli tous les interstices possibles de l’organisation de la vie courante, et c’est le pire, ce sont des Nazis.

 

Arthur voulait chasser ses souvenirs, voulait repartir à neuf, et tous les fils tissés jusqu’alors lui enserraient le cerveau en boucles emmêlées, de tout ce dont il avait été si fier de participer à la construction, rien ne restait, ni dans les mémoires, ni dans les habitudes de luttes, l’expérience n’existait plus.

 

Il n’y avait pas de solution globale, il n’y avait pas d’espoir collectif, il n’y avait plus d’histoire commune, tout se fondait, s’était fondu dans une résistance de basse intensité, faite de débrouillardise, le débat sur l’émancipation générale et l’épanouissement de chacun était clos depuis des décennies.


Les dés étaient pipés et le Pouvoir, le véritable Pouvoir jamais attaqué, jamais affaibli, les conditions même d’une résistance et d’une lutte se trouvaient intégrées dans les filets des gestionnaires de cette puissance, ils avaient tous fait de longues et laborieuses études pour cela.

 

Reine aurait bien aimé demander à Arthur ce qu’il en pensait maintenant, a quoi pouvait-il être bien confronté, était-il donc aussi exclu, ou avait-il façonné sa niche, Reine se sentait soutenue avec condescendance par les autres parents d’élèves des villages alentours, il y avait les petites.

 

Et déjà là on s’inquiétait souterrainement de son aptitude réelle à pouvoir élever ses filles seule, mais malgré la difficulté de le faire endurer à son égo, cela la tenait, les errements du passé ne servait plus que de toile de fond à ses souvenirs de quête de liberté, elle avait été loin.

 

Sentait-il aussi tout le mordant des complaisances et des gentillesses, pour les petites, il n’avait peut-être pas d’enfants, il vivait peut-être à l’étranger, quelqu’un lui avait dit qu’il était parti longtemps en voyage, était-il toujours avec la même compagne, avait-il changé ?

 

Qu’était-ce donc l’expérience humaine, à quoi cela pouvait-il servir, parfois elle se serait mise à hurler, regardez moi, regardez moi tous, savez vous donc mes aventures, qu’avez vous donc vécu d’autre que vos petites cases programmées, à quoi servons nous, c’est quoi ce merdier.

 

Elle s’était bien rapprochée un peu de ces petits militants d’une aube nouvelle, ils n’avaient pas disparus, certains ressemblaient traits pour traits avec vingt ans d’écart à ceux qu’elle avait connu, mais ils cultivaient toujours d’autant plus leurs égos, valorisaient leur fonction.

 

Ils se cherchaient chacun un miroir social chargé de refléter obséquieusement le poli de leur conscience, de leur permettre de s’exonérer de toute responsabilité, surtout ne pas trop changer, ne pas trop débattre, leur permettre d’être vus dans leur joli rôle sur mesure de militants des droits.

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