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Publié par Christian Hivert

couloir.jpg

 

Texte issu de "Un monde à relire", que l'on ne trouve plus que en recherche "cache" sur Google, étrange

 

 

 

06.12.2010


Longuet et le terrorisme international


"Il faut travailler plus pour le même prix". Il a osé le dire. Qui ? Gérard Longuet, membre de l'UMP. Quelques uns se souviennent encore qu'il y a trois ans à peine un Président UMP s'est fait élire sur le slogan "Travailler plus pour gagner plus", pas très longtemps après qu'un premier ministre UMP avait inauguré le "travailler pareil pour gagner moins" avec la fameuse journée de solidarité. Ques les salariés tiennent bon, encore quelques mois et on sera enfin dans le "travailler plus pour gagner moins", voire le "travailler tout le temps pour rien du tout". Et dans le même temps, en haut de l'échelle le Président Sarkozy s'était augmenté son salaire de 140% en 2007 (avant la crise, quel flair) et les cumulards des mandats ou des conseils d'administration nous donnent l'exemple du "travailler pareil" pour deux ou trois salaires... Gérard Longuet est actuellement "seulement" conseiller régional de Lorraine et Sénateur de la Meuse. Lalorraine comptant 2,4 millions d'habitants, il doit toucher une indemnité d'environ 2000 euros pour son poste de Conseiller Régional, en plus d'un traitement de Sénateur d'environ 7000 euros par mois, sans compter les avantages en nature. Mais si l'on en croit Wikipedia, à son plus haut niveau, Gérard a fait beaucoup plus fort: dans les années 93-94, il fut à la fois Député de la Meuse, Président du Conseil Régional de Lorraine, Ministre de l'Industrie, des Postes, des Télécommunications et du Commerce extérieur, Président du Parti Républicain et Vice-Président du bureau Politique de l'UDF. Etonnez-vous après ça qu'on ait ecnore 3 millions de chômeurs en France. Heureusement, à l'approche de la retraite Gérard est visiblement passé aux 35 heures, ou peut-être que sa productivité a baissé ?

Plus sérieusement, la déclaration de Gérard Longuet, qui veut bien évidemment en finir avec les 35 heures, repose sur l'idée de dévaluation compétitive. Il part de l'idée que la BCE va devoir racheter les dettes des Etats Européens (ce qui à ce stade n'est pas stupide, et pas trèsb libéral d'ailleurs), donc créer de la monnaie et dévaluer par rapport aux autres monnaies. C'est ce que sont en train de faire tous les Etats qui disposent encore de leur souveraineté monétaire (Etats-Unis, Chine, Japon, Royaume-Uni) pour éviter la dégringolade. En plus de cela, il essaie d'en profiter pour faire passer son message de contraction des coûts salariaux, implicitement pour faire grimper les exportations et la balance commerciale.

 

C'est la méthode allemande. Le problème de cette méthode, c'est qu'elle vise à créer de la croissance en jouant sur l'excédent commercial, ce qui au niveau mondial revient à un jeu à somme nulle. Diminuer les salaires ne fait en effet pas augmenter la productivité mais permet seulement de gagner des parts de marché au niveau mondial, la croissance d'un pays se traduit nécessairement par la "décroissance" d'un autre. Vu que tout le monde mise sur cette stratégie de dévaluation compétitive et de contraction des salaires, personne ne peut vraiment y gagner, en tout cas pas tant qu'on n'aura pas baissé les salaires au niveau de ceux de la Chine. Le risque est donc celui d'une dépression brutal et complètement incontrôlée. A mon sens, il est probable que les économies occidentales vont entrer dans une récession longue qui se traduira par une baisse relative du niveau de vie, mais rien n'interdit de contrôler ce virage (pas si dramatique à condition de bien répartir les richesses) plutôt que de tout lâcher d'un seul coup en fermant les yeux...


Le problème c'est que pour nos dirigeants l'idée n'est pas de négocier un virage en douceur, d'accepter le changement de paradigme de la décroissance, et leur priorité n'est surtout pas d'épargner les populations. L'idée est au contraire de saigner la populace jusqu'au bout pour sauver le niveau indécent de profit qui se concentre de plus en plus. Le fait que les capitalistes creusent leur propre tombe en jouant à ce jeu ne les effleure pas. Ca DOIT marcher. La priorité est donc la mise au pas du peuple et des salariés, la mobilisation générale vers cet unique objectif: sauver les profits des plus riches. Puisque l'économie ne permet plus d'augmenter les marges, vous devez maintenant baisser vos salaires, vous devez nous donner ce qui vous reste pour satisfaire notre besoin de plus.


L'idée de Gérard Longuet prend la forme d'une menace: "Ou on sort de l'euro ou on sort des 35 heures". Bien sûr la sortie de l'euro est impensable. Si on y réfléchit, le lien est bizarre: pourquoi demander à des salariés du privé de travailler plus pour compenser une dette publique ? Jusqu'ici on se contentait de culpabiliser l'Etat et les fonctionnaires, mais maintenant c'est toute cette feignasse de populace qui doit payer pour le déficit. Pourtant les profits des entreprises du CAC40 se portent bien, merci pour elles. Voilà qui est encore bien étrange pour un libéral.


A ce stade, je voudrais mentionner deux définitions de mon Petit Larousse (un peu vieux mais normalement les définitions ne changent pas):


"Terrorisme: Ensemble d'actes de violence commis par une organisation pour un créer un climat d'insécurité ou renverser le gouvernement établi."


"Violence: Force brutale des êtres animés ou des choses (...); Contrainte exercée sur une personne par la force ou l'intimidation."


Il me semble qu'au lieu de nous servir le terme de terrorisme à toutes les sauces, de nous bassiner avec les anarcho-autonomes, l'ultra-gauche, les épiciers de Tarnac ou les ninjas masqués, on devrait se pencher plus avant sur ces deux définitions et se demander: quelle est l'organisation terroriste qui est en train de balayer nos régimes démocratiques les uns après les autres ?


Nous savons qu'elle emprunte les voies de la finance, qu'elle se sert des taux des obligations émises par les Etats pour faire pression sur les gouvernements et imposer des mesures d'austérité sans aucune validité démocratique. Nous savons que cette organisation emprunte la voie de la presse qui, telle les auspices ou la Pythie traduisent le message du marché. Le discours est grosso modo le suivant: le cas Irlandais est différent du cas Grec, lui-même différent du cas Portugais, etc... mais les mesures préconisées sont les mêmes, austérité, et austérité encore. Nous savons que les politiques sont complices, au moins passifs, de cette organisation terroriste. Ils obéissent à ses ordres, ne font rien pour la contrer, devancent parfois ses désirs. Ils piétinent leur pays et le peuple qui les a élus, ils abandonnent leur souveraineté au FMI. Nous savons que le FMI est un des fers de lance de cette organisation terroriste, avec à sa tête Dominique Strauss-Kahn, il met en musique le massacre, impose sa loi. Nous savons que cette organisation terroriste n'attaque ni les Etats-Unis, ni le Royaume-Uni, pourtant bien mal en point, ni la Chine, ni le Japon, ni la Russie. Peut-être n'est-ce qu'une question de temps mais nous devons garder cela à l'esprit. Nous savons que les dettes publiques des pays européens sont souvent des dettes internes, c'est à dire contractées auprès d'institutions privées du pays, ou d'autres pays européens. Nous savons que tout le monde se retrouve au "Dîner du siècle une fois par mois" (voir le film de Pierre Carles).Nous savons qu'aucune police, aucune justice, ne recherche les auteurs de ces coups d'Etat en série, ceux qui menacent et rançonnent les populations européennes...


Comme les romains impuissants, abrutis, ont subi la déferlante des hordes "barbares" et on fini par abandonner l'empire et ses citoyens à la féodalité, de même nos dirigeants abandonnent la démocratie et l'Etat de droit à ce qu'ils imaginent (ou prétendent) être la toute-puissance du marché. Bien sûr derrière cette abstraction se cache des êtres humains en cahir et en os. On peut découvrir les arcanes de ce nouveau pouvoir aristocratique, de cette oligarchie qui s'impose à nous dans le remarquable livre de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot Le Président des Riches . Dans les romans policiers, on cherche en général à qui profite le crime...

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