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Les cons sont là

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  • : Christian Hivert
  • mouvementautonome
  • : Homme
  • : Marié/Pacsé/Union libre
  • : 22/04/1961
  • : Ardèche Vallée du Rhône 07600
  • : politique sociéte Ecrivain romans jardinier
  • : Contre la France qui se lève tôt et se garde tout, pour une humanité libérée de ses chaines, Autonomie un jour Autonomie toujours

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Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /2010 16:44
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trou-t-te-christian-2.JPG La radio de service grésillait et des ordres brefs entrecoupés de crachotements meublaient le silence, Arthur se demanda encore ce qui pouvait bien le motiver à ce point à vouloir bonheur et justice alors que tant et tant parmi les plus malheureux se contentaient du piètre ordinaire.

 

Rien ne pouvait advenir sans un rassemblement massif et conscient, seul ou à une poignée rien ne pouvait aboutir, les classes moyennes étaient déjà durement touchées dans leurs conditions minimales de vie, bientôt leurs propres enfants iraient dormir à la rue, et ils se détournaient.

 

Même ceux qui avaient été les plus proches et les plus efficaces de ses compagnons n'avaient pas répondu à leur appel d'urgence du matin, a peine une poignée s'étaient déplacés, dont Reine qui ordinairement restait sous sa couette à se moquer gentiment de ces chevaliers intrépides.

 

C'était bien la fin, quand les centres des luttes n'étaient plus défendus soit par lassitude, soit par désaffection, soit bien pire par démotivation due à de sombres manipulations de l'ombre, il fallût s'avouer vaincu, Arthur secoua la tête, qu'allait-il faire de sa vie désormais, meubler son ennui.

 

Mais tu sais bien depuis quand cela date cela Dominique, je ne comprends pas, tu as dit non, ce que je demandais dans ma lettre n'étais pas possible, j'en serais mort, j'en serais devenu fou, je séchais tous les cours, parfois je faisais semblant de venir au lycée, pendant des mois, personne ne savait.

 

Je ne savais plus comment vivre, vivre sans toi m'était impossible, tu n'as pas insisté, tu n'as rien montré, je ne voulais pas faire de chantage, je ne voulais rien obtenir de toi par compassion, je voulais que tu ai tous les choix, je te voulais libre, je me voulais librement accepté, je n'étais rien.

 

Mes parents ne m'ont été d'aucun secours, ils ne se sont aperçus de rien, puis quand j'ai fait mon coup d'éclat, quand tu as cru que j'avais mis fin à mes jours, après avoir placardé mon désarroi sur tous les murs du grand hall du lycée, ils ont voulu tout contrôler, ne rien comprendre.

 

J'étais seul et dans une détresse inimaginable, je me demandais où je trouvais la force de marcher, tu ne t'es sans doute rendue compte de rien, je ne voulais rien devoir à ta pitié, tu te dirigeais vers les hautes études, tu es sans doute déjà une jeune chercheuse pleine de promesses.

 

Nous ne pouvions pas faire le même choix, ce professeur avait raison qui nous disait que nous perdrions en grandissant notre capacité à nous indigner des injustices et que nous nous plierions aux routines des élites des Nations, hors toutes considérations de l'humain sensible.

 

Tu étais une jeune adulte très immature qui voulait l'illusoire de la position sociale, qui voulait l'apparence des puissances, qui voulait toucher de près les maîtres des vies, qui voulait être du côté du manche, main de fer dans un gant de velours, prête à se servir des autres sans vergogne.

 

Alors tu m'as laissé seul et dans ma détresse inimaginable, et tu m'as exclu de toute connaissance, de toute fréquentation, tu as tiré un trait total et définitif, pour moi c'était la mort dans ma vie, c'était le deuil des vivants, le deuil de toi vivante, de toi loin de moi, je suis parti divaguer.

 

Lorsque la souffrance est si intense que l'on se noie en plein air, que les respirations les plus simples sont des machineries oppressives à mettre en œuvre lourdement, et que chaque pas nécessite une lutte décousue, la raison même exclue le survivant de ses intentions, j'étais fou.

 

Je ne connaissais plus qu'une adresse, un seul lien, un seul contact véritable, un seul refuge, un seul être humain qui ne serait pas indifférent, Pierre Selos m'a accueilli, a compati, m'a guéri de mes délires, pas de toi, de toi je ne parviens à me défaire, ma vie coule le long des caniveaux.

 

La jeune immature que tu étais a-t-elle réussi à grandir, tu auras une fille, un fils, qui sait, sauras tu leur dire, sauras tu grandir à temps, au milieu des plaisirs d'apparaître, sauras tu sortir de la grande cage dorée où échouent les incapables de vivre et de laisser vivre, les puissants du monde.
Par Christian Hivert - Publié dans : Reine et les chevaliers ivres - Communauté : FORUM - LIBRE EXPRESSION - Ecrire un commentaire
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