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Publié par Christian Hivert

Caracas(se) ta mère

Technologie d'un casse

anonyme

 

 
La bataille des idées est à son paroxysme sur le Venezuela. On m'a toujours appris que derriere les idées, il y a des faits. Beaucoup de ces faits sont délibérément ignorés dans ce qu'on lit, voit ou écoute sur le Venezuela. La vérité doit être dite.
 
On nous répète en boucle que Maduro est ce "défenseur du socialisme qui a mal tourné", "quelqu'un qui a trahi l'idéal de Chavez", “un mauvais gestionnaire” qui a ruiné son pays. C’est l’explication facile pour clore tout débat. Mais c’est surtout un écran de fumée pour cacher une réalité bien plus brutale qu'on ne nous montre jamais.
 
Revenons d'abord à la base : le Venezuela possède les premières réserves de pétrole au monde.
 
Sous Chávez (le président avant Maduro) , cet argent finançait les écoles, la santé et le logement. Maduro a tenté de maintenir cette souveraineté. Mais pour Washington, voir un pays assis sur un tel trésor sans laisser les multinationales se servir, c’est inacceptable. C'est pourquoi, avant de kidnapper son président en ce début janvier 2026, les États-Unis ont mené une guerre économique totale contre le peuple vénézuélien. Cette guerre dure depuis dix ans. C'est elle la raison des problèmes. Voici comment les États-Unis la mènent.
 
Tout bascule entre 2014 et 2016. Le prix du pétrole s'effondre mondialement (passant de 100$ à moins de 30$). C'est une catastrophe pour le Venezuela, dont l'économie dépend du pétrole. Au lieu de laisser le pays s’adapter à la crise, les États-Unis décident de frapper l’homme à terre. C’est à ce moment que la guerre économique commence.
 
D'abord avec un braquage financier. Dès 2015, Obama signe un décret qui déconnecte le Venezuela du système bancaire mondial (SWIFT). Sans accès aux devises (dollars, euros), le pays ne peut plus rien importer. Même avec l'argent en caisse pour des vaccins ou du riz, aucune banque n'ose faire le virement par peur des amendes américaines. Conséquences ? Les rayons se vident dans les magasins. Mais ce n'est pas tombé du ciel : on a empêché physiquement le pays de payer ce qu'il consomme.
 
Puis il y a eu le hold-up de CITGO. CITGO, c'est une entreprise géante située aux USA qui appartient à 100% au gouvernement du Venezuela. Elle appartient donc à ce moment à 100 % au peuple vénézuélien via son gouvernement. C’est une entreprise gigantesque avec des raffineries énormes (qui traitent le pétrole vénézuélien sur le territoire américain), 48 terminaux de stockage et 5 000 stations-service. Tout est situé sur le sol américain. Pour le Venezuela, c'est l’unique robinet à dollars pour financer la vie du pays.
 
Le gouvernement américain a, du jour au lendemain, en 2019, volé cette entreprise (en la faisant fonctionner pour son propre profit). Il a saisi littéralement le portefeuille d’une nation. C’est ce vol qui a provoqué l’effondrement du Bolivar (la monnaie du Venezuela) et l’hyperinflation. Imaginez qu’on vous retire votre salaire et qu’on vous traite ensuite de « mauvais gestionnaire » parce que vous ne pouvez plus faire les courses...
 
Puis le gouvernement américain est passé au sabotage technique industriel généralisé. On accuse souvent le gouvernement de ne pas avoir entretenu ses infrastructures. En fait, la réalité est bien plus perverse. Contrairement au pétrole du Moyen-Orient qui est fluide, celui du Venezuela est “extra-lourd” : à température ambiante, il a la consistance du goudron. Pour faire circuler le pétrole dans les pipelines, il faut injecter en permanence des “diluants” chimiques de haute technologie. Ce ne sont pas des produits banals, mais des formules de pointe conçues sur-mesure.
 
Toute l'industrie vénézuélienne a été bâtie spécifiquement pour ce pétrole unique. L'industrie pétrolière du Venezuela a été conçue sur-mesure par et pour les Américains à l'époque où ils pillaient les ressources du pays.
 
Et donc en 2019, Washington a interdit l'exportation de ces composants. Ce n'était pas une simple sanction, c'était un sabotage physique. Sans cette chimie, le pétrole fige instantanément dans les tuyaux et les transforme en tubes de béton inutilisables. Plus grave encore : sans ces produits, les raffineries vénézuéliennes sont devenues incapables de transformer le brut en essence. Le pays s'est retrouvé assis sur un océan de pétrole qu'il ne pouvait plus ni pomper, ni raffiner pour être utilisé par son propre peuple. Avec une industrie cassée. Ce n'est pas Maduro qui a "négligé" son industrie, c'est un siège technologique qui a rendu son entretien physiquement impossible.
 
Puis est venue la piraterie physique. En 2020, les USA détournent les tankers Bella et Luna qui apportaient de l'essence au peuple vénézuélien (puisque le pays ne pouvait plus en fabriquer). Le gouvernement américain a volé 1,1 million de barils de carburant pour les revendre à leur profit. En 2024, le gouvernement américain saisit et découpe au chalumeau en Floride un Boeing 747 cargo vénézuélien, privant le pays d'un outil vital pour importer de l'aide humanitaire... Et en décembre 2025, l'US Navy passe à l'action militaire contre les navires Skipper et Centuries pour bloquer le pétrole qui sortait vers la Chine. Le message est clair : on empêche l'énergie d'entrer et l'argent de sortir.
 
Conséquence ? Des millions de gens fuient. 7 millions de personnes, sur 35 millions, ont quitté le Venezuela. La migration n’est d'abord pas un choix politique. C’est la conséquence d’un blocus qui coupe l’électricité et les soins. On a affamé une population pour qu’elle craque.
 
Mais l'hémorragie a été stoppée. Car les Chinois sont arrivés. C'est ici que tout se joue. Historiquement, 50 % du pétrole vénézuélien partait aux États-Unis, car c'était le seul client payant en cash liquide. Et en fermant son marché en 2019, Washington pensait achever le pays. Mais la Chine est arrivée à la rescousse avec un soutien massif. Elle n'a pas seulement prêté des fonds (plus de 60 milliards de dollars injectés au fil des ans). Elle a aussi mobilisé ses ingénieurs pour reconstruire les infrastructures sabotées et remplacer les pièces américaines par de la technologie chinoise.
 
La Chine a aussi amené le Yuan (la monnaie chinoise) pour les échanges, provoquant un basculement historique face au dollar pour briser le blocus financier. Ce partenariat stratégique a permis un premier redressement : en 2025, le Venezuela a enfin stoppé sa chute et retrouvé une croissance économique positive.
 
Aujourd'hui, environ 70 % du pétrole vénézuélien part vers la Chine. Pour Pékin, ce pétrole est vital : malgré leur statut de champions mondiaux des énergies renouvelables, ils ont un besoin immense de brut pour leur industrie lourde. Pour Washington, voir le rival chinois sécuriser son énergie dans “sa” zone d'influence est intolérable. Cette guerre se fait contre le peuple venezuelien. Mais aussi contre la Chine.
 
Alors oui, on peut critiquer Caracas. Et cette explication ne permet pas de tout comprendre. On est bien d'accord.
 
Mais peut-on parler de « faillite » quand l'empire le plus puissant du monde bloque vos comptes, vole vos revenus, sabote techniquement vos puits, saisit votre nourriture et finit par kidnapper votre président alors que votre pays se relève progressivement ?
 
En 2026, ce qu'on appelle « libération », ça ressemble surtout à du grand banditisme international pour sauver le pétrodollar.
 
Enfin. À chacun de voir.
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