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Publié par Christian Hivert

MONSIEUR-MARCEL-copie-1.jpgMONSIEUR MARCEL.

 

Je n’aime pas les cattleyas

Que vous portez en boutonnière,

Monsieur Marcel.

 

Raie au milieu, fine moustache,

Gants beurre frais et canne à pommeau,

Le teint céruse.

 

Dans la chambre aux lourdes tentures,

L’asthme vous tenant en éveil,

Vous écriviez.

 

Vous êtes en littérature

Un chroniqueur du temps perdu

Et c’est si vrai !

 

Je n’ai pas honte de le dire :

Je ne trouve aucun intérêt

À votre prose.

 

Ces jeunes filles éthérées

Que vous n’avez jamais cueillies

Se sont fanées.

 

Chez la duchesse de Guermantes

Alias Greffulhe en son salon,

Vous courtisiez.

 

L’été, sous des chapeaux de paille,

Avec vos amis parasites,

À la campagne,

 

Vous lézardiez dans l’insouciance

De vos lendemains assurés

De par vos rentes.

 

Aveugle et sourd à la misère,

La vie décrite par zola

Et par Jaurès,

 

Cela ne vous concernait pas

Avec votre montre à gousset

Servant de cœur.

 

Je hais votre univers stupide

De tilleul et de madeleines,

Et d’égoïsme,

 

Un monde plein de suffisance,

Petit, étriqué, terre à terre,

Sans envergure.

 

Votre encrier sent la morphine,

Et votre logorrhée de même,

Monsieur Marcel.

    P.SELOS

     Paris, le 28 Novembre 2013

 

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