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Les cons sont là

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  • : Christian Hivert
  • mouvementautonome
  • : Homme
  • : Marié/Pacsé/Union libre
  • : 22/04/1961
  • : Ardèche Vallée du Rhône 07600
  • : politique sociéte Ecrivain romans jardinier
  • : Contre la France qui se lève tôt et se garde tout, pour une humanité libérée de ses chaines, Autonomie un jour Autonomie toujours

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Jeudi 5 novembre 2009 4 05 /11 /2009 16:37
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Bien Monsieur, pouvez vous faire reculer vos hommes de deux mètres au moins pour donner une garantie, nous reculons, mais les fenêtres du haut sont fermées, et personne de chez vous ne continue à jeter des objets, nous sommes intervenus pour une plainte de voisinage suivie de rébellion.


Nous baissons la musique, vous reculez, et la salle se vide tranquillement, sans arrestations, c'est cela monsieur, calmez vos copains, Arthur venait de remporter une première manche, il s'était imposé par la force de sa voix et de sa conviction, armé de sa seule légitimité, Reine était soufflée.


La porte se rouvrit pour le laisser passer, et par le hasard pur des flottements et des bousculades Reine se trouva face à lui, t'es cinglé, siffla-t-elle, tu voulais te faire massacrer, t'es complètement maso, mais Reine, la seule à m'avoir frappé ce soir, c'est toi, j'ai eu mal et aucun plaisir, hélas.


Et Arthur, son chevalier ivre préféré, tourna les talons pour haranguer la salle survoltée et tenir une assemblée générale impromptue, ce soir il avait raison sur toute la ligne, Reine résolu de tenir compte de ses voeux, d'arrêter sa longue descente, son surf sur les caniveaux parisiens.


Elle le lui devait, elle se devait de le lui devoir puisqu'elle ne parvenait pas à se le devoir à elle-même, elle allait remonter la pente, être à la hauteur du défi, enfin depuis si longtemps, il ne lui avait rien demandé, n'avait pas supplié, n'avait pas fait de morale, et c'était entre lui et elle, clair.


Elle lui montrerait qu'elle en était capable, il fallait qu'elle se trouve un coin à la campagne, du reculé, du très reculé, ses frangins étaient passés par là, les dealeurs étaient tous à attendre à la descente des trains et aux portes des centres de cure et de post cure, elle avait leur expérience.


Mais c'était pour demain, maintenant les émotions ayant percé sa carapace habituelle d'anesthésiant l'avaient douloureusement réveillée, au point d'en avoir quasiment mal, de ne plus parvenir à s'en foutre, de ne plus se foutre de tout, Arthur organisait l'évacuation de la salle de concert.

A le regarder faire, gesticulant au milieu de tous, prenant les avis, distribuant les tâches, preserver le squat et la sécurité du public partant, il lui revint en mémoire tous les moments où elle l'avait vu être au centre des opérations, seul, solide et libre, jamais autoritaire et pourtant suivi, écouté.


Depuis le bar sauvage de la rue des Vignoles, devenu le local artistique des réfugiés politiqus Haïtiens jusqu'au soixante sept et au comité des mal-logés en passant par le squat punk U.S.I.N.E. de Montreuil et les concerts de soutien aux insoumis et réfractaires avec les Béruriers Noirs.


Elle l'avait vu partout et dans toutes les circonstances, vif et audacieux, disponible et chaleureux, enjoué et éfficace, si facilement amoureux et malheureux, puis requinqué et hilare, il lui arriva un subit signe de renouveau trés incongru, elle eut chaud en haut des  cuisses.


Dominique, depuis que je sais que tu me mets à l'écart de ta vie, j’ai quelque chose qui me manque, je ne l’ai pas perdu, ça a été perdu, et dans tes squats, au milieu de tes gesticulations tu vas retrouver ce que tu cherches, mais je ne cherche plus rien, c'est perdu, pourquoi donc t'agiter.


Il me manque quelque chose que je ne saurais même pas définir, quelqu’un que je puisse mettre à l’intérieur de moi-même, quelqu'un comme moi, comme toi qui serait là et voudrait de moi, je cherche l’introuvable des uns et des autres, et trouves tu, je ne le désire peut-être pas, comment.


Si en le trouvant, je m'apercevais de sa terrible efficacité, plus efficace que le Zyklon B ou la bombe atomique des américanazis, c'est le risque de toute recherche non, si l'introuvable des uns et des autres était l'être humain mécanique, vide d'émotions et terriblement efficace, froid.


Nous avons déjà vu cela dans l'histoire triste des hommes, cela brûlait beaucoup en ce temps là, quand tu seras chercheuse tu ne feras pas cela dis-moi, je ne peux entendre ta réponse, tu es si loin, si petite et si fragile, dans un monde aux logiques encore génocidaires, comment feras tu.
Par Christian Hivert - Publié dans : Reine et les chevaliers ivres - Communauté : ecrivains en herbe - Ecrire un commentaire
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