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Les cons sont là

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  • : Christian Hivert
  • mouvementautonome
  • : Homme
  • : Marié/Pacsé/Union libre
  • : 22/04/1961
  • : Ardèche Vallée du Rhône 07600
  • : politique sociéte Ecrivain romans jardinier
  • : Contre la France qui se lève tôt et se garde tout, pour une humanité libérée de ses chaines, Autonomie un jour Autonomie toujours

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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 13:34
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Photo 34Arthur sut ce jour ce qu'une femme offrait en donnant son corps, ce qui pouvait lui être pris sans son consentement, ce qui lui était volé lorsqu'on la payait pour, l'ignominie et la barbarie et le cadeau de tout, l'amour paisible et la ruée des plaisirs, il aima, il oublia, il jouit, il quitta.

 

Reine ne lui avait rien donné et Dominique Premier l'avait refusé, son frère le faisait disparaître, sa mère reniait toutes souffrances, son père le harcelait de perversité, désormais devant lui un chemin l'attirait et faisait fuir toutes ses humanités, il souhaitait les autres, être aimé.

 

Saurait-il un jour interrompre ce long voyage au bout de l'angoisse et des peurs, saurait-il un jour être aimé de Dominique Premier, serait-elle vieille, aimerait-il ses rides, écouterait–elle ses passions, oublierait-il ses regrets, céderait-elle son corps fourni sans continence à son sexe érigé.

 

Serait-elle nomade dans son sillage, le stabiliserait-elle, aurait-elle l'indulgence des aimants, serait–elle une fougueuse amante, leurs corps jamais ne s'étaient découverts, et leurs frôlements attirés n'imaginaient pas la moindre peau, la main dans ses cheveux, Arthur s'enivrait de ses mots.

 

Que penserait-elle de ce braquage prévu, y penserait-il seulement si elle était disponible pour lui, s'il la quittait et la retrouvait comme Michèle, n'osant déranger ni interrompre le cursus universitaire nécessaire et long, ils se seraient complétés, jamais fait pire, aimés, jamais fait mieux.

 

Michèle, rassasiée de toutes jouissances, l'avait laissé au long du trottoir de son immeuble en lui souhaitant bonne chance, avait-elle deviné la longue attente de la journée, les deux types lui avait dit vers midi, il était dix heures passées, l'adrénaline de ses soifs fluctuait sans entrain.

 

Désormais détaché de toute attache affective, fâché avec Reine et viré du lit de Michèle, il se dirigea vers son rendez-vous aventureux en compagnie du meilleur de son imaginaire, conversant agréablement avec Dominique Premier, elle était admirative, elle savait tout, elle se moquait de son audace.

 

Tu veux faire le petit mâle pour m'épater, avoue, mais tu sais bien que je me fous de ça, tu dois trouver ta voie, est-ce là, est-ce ça, tu veux faire un petit stage d'étude des conditions pénitentiaires, c'est pas terrible tu sais, tu ne vas pas tuer quelqu'un, insoumis à l'armée quand-même.

 

Mais non mais c'est juste pour prendre un peu d'argent et repartir, on touche à rien, et le courageux défenseur des libertés des banques et des valeurs des puissants, tu vas te battre avec lui, il va te barrer le chemin parce qu'il va voir que tu es un gentil même sous ton masque, c'est dans tes yeux.

 

Dominique Premier souriait moqueuse, tu fais ce que tu veux, tu as toujours fais ce que tu voulais, ce câlin imaginaire l'empli d'une chaleur douce, remplaça les bras de sa mère, fit oublier l'odeur terrible de l'infirmière de la pouponnière, si propre, si lavé, antiseptique et professionnelle.

 

Ne me cherche pas plus en moi que je n'y suis, c'est moi la chercheuse, quand j'aurais fini mes études, je saurais tout ce que tu sais, j'aurais vécu toutes les vies, je serais toi, tu seras moi, nous sommes ensemble depuis si longtemps, je suis ta douceur et tes caresses, tu m'imagines si bien.

 

Dans la chambre d'hôtel les deux types l'observaient en silence soupeser le vieux pistolet de la guerre d'Espagne, très gros, très impressionnant et Dominique Premier dans un glissement aimant sur sa poitrine s'appesantit en lui, lui adressant le plus agréable de ses sourires, il est lourd.

 

Et Reine as-tu pensé qu'elle irait te voir en prison, penses tu qu'elle t'écrira, je sais que je ne suis pas disponible pour toi et cela te donne beaucoup de liberté d'aimer, je serais ailleurs que dans ta tête, tu me serais fidèle, mais l'argent ramènera-t-il leur regard vers toi, sois heureux, respires, allez.

 

Arthur posant le pistolet sur la table, après l'avoir dument positionné dans la poche intérieure de son veston et observé la bosse qu'il faisait dans la glace, se déclara prêt, c'est bon on y va, si tu ne sens pas l'histoire, tu ne le fais pas, on arrêtes tout au moindre doute, ça va aller, respires.
Par Christian Hivert - Publié dans : Reine et les chevaliers ivres - Communauté : FORUM - LIBRE EXPRESSION - Ecrire un commentaire
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