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Publié par Christian Hivert

Cela semblait bien plus simple, la vision d’autrui ne s’attardait pas à l’accoutrement vestimentaire, on saluait d’abord, et lorsque l’on ne connaissait pas, on commençait par accueillir, et l’on écoutait, d’où viens-tu, que veux-tu, entre, assieds toi, as-tu mangé ?

La richesse du pauvre se tenait toute là, un repas se partage facilement et à tout moment, pas besoin de rendez-vous, pas besoin de calculer ce que cela peut rapporter d’être bien avec celui-là, avec l’autre, nous allions manger, asseyez-vous, si, si, prenez le temps.

Même le pique-assiette le plus insistant faisait sourire d’arriver toujours aux heures des repas, mais il mangeait tout son content et les nouvelles circulaient d’une table à l’autre, l’espace social respirait, il y avait toujours un coup de main à donner ou à recevoir.

Mais le temps s’est perdu sous les regrets, sous les reproches des uns et des autres, lorsque cela subsiste ce n’est jamais pour longtemps, chacun reste chez lui, se désintéresse de son voisin ou le jalouse, les envieux abrutissent l’univers, empoisonnent l’air du temps .

La pauvreté conviviale disparaissant, ne restera plus que la misère, cela se passe déjà dans les grandes villes, en effet lorsque l’on dort dans la rue, sous une tente, les chances de partager un repas avec d’autres pauvres, de donner ou de recevoir s'estompent, alors les bénévoles s’agitent.

Le pauvre perdant la richesse de pouvoir vivre décemment avec le peu dont il se contentait, devient un pauvre pauvre, voici donc le retour des misérables des siècles passés, tandis que les goguenards pensant s’en tirer en tournant la tête deviennent pauvres lentement, mais sûrement.

La résistance efficace à l’océan de barbarie s’enflant de houle menaçante se situe peut-être à ce niveau, maintenir et redévelopper cette convivialité originelle des peuples, cesser d’être envieux des misérables ne possédant rien, pas même le sentiment d’être utile.

Les pauvres de maintenant voient leurs savoir faire dévalués par ceux là même en mesure de les revaloriser, mais préférant dépenser leurs surplus financiers dans de l’électronique superflue ou dans des vacances à l’étranger et n’ont plus les moyens de payer un travail décemment.

Or cela entraînera leur propre appauvrissement à brève échéance, par ricochet, lorsque les revenus baissent massivement, l’économie de toute une partie de la population chute également et finalement les ventes de biens industriels, autant se préparer à être de joyeux pauvres.

Car nous allons être de plus en plus nombreux à devenir pauvres, cela pourrait être une bonne nouvelle si cela relance les réflexes ancestraux de solidarité, les moments conviviaux, et l’inventivité liée à la débrouillardise, ce serait plus facile à vivre, il faudra quand même certains efforts.

Les habitudes ne sont elles pas déjà prises et ancrées dans le fonctionnement profond de chacun depuis trop longtemps pour pouvoir revenir en arrière, les rancoeurs liées aux comportements odieux de l’individualisme s’effaceront elles, pas d’elles-mêmes, il faudra s’y mettre.

Les impulsions des organismes et des institutions retrouveront elles la clairvoyance et l’efficacité qu’elles ont pu avoir en d’autre périodes historiques, les dernières nouvelles du monde politique tous bords confondus ne sont guère réjouissantes, ils ont abandonné.

Alors qui résistera, qui aura l’intelligence collective de s’y mettre, de revenir à la considération des individus de la société débarrassée de tout fumeux souci d’intégration, on n’intègre pas une majorité dans une minorité, riche de biens mais pauvre de valeurs, handicapés.

Les plus grandes avancées sociales et de justice ont toujours eu lieu lorsque les plus puissants ont eu la certitude d’y réaliser d’énormes profits, où en sont-ils, notre avenir et celui de la planète est définitivement entre leur mains, c’est très inquiétant, nous les savons sans état d’âme.

Il ne serait peut-être pas inutile de songer à se passer d’eux et à faire notre monde de pauvres, à redevenir autonomes, et à réapprendre ce que nos aïeux savaient si bien faire, vivre sereinement du fruit de leur labeur, se contenter de peu, et que notre joie demeure à jamais.

Arthur se sentait à nouveau prêt à mordre la vie, depuis bien longtemps il ne s’était pas sentit aussi bien, ainsi en avait-il été dans sa vie à tant de reprises, mais cette fois il n’y avait pas de lutte à mener, pas de politique, juste vivre, pleinement en accord avec lui-même ,son histoire, ses anciens.

Le printemps tardait à arriver, mais le soleil poussait les nuages plus souvent, et les premières violettes avaient éclos, les primevères étaient en bourgeons, l’air se réchauffait peu à peu, même l’herbe maigrelette semblait plus verte, tout semblait prêt pour une nouvelle saison.

Nous ne pouvons pas intervenir ailleurs que dans notre environnement immédiat, et la tâche est déjà immense, mais en y réfléchissant bien, c’est bien là le moins compliqué, ces moments font du bien et nous embellissent, c’est notre sel, pourquoi faire l’économie de plaisirs partagés .

Les temps actuels de haute concurrence verront se multiplier les besoins de pouvoir prendre le temps de souffler, de se poser dans un abri chaleureux, le temps de partir de soi, de se ressourcer, de redécouvrir la lenteur du temps, de se demander ce que l’on ferait si l’on en avait le temps.

Avoir le temps de se promener, de s’intéresser, d’apprendre le nom d’une plante, de constater la lenteur de pousse des légumes et celle des soins nécessaires que nous prenons le temps de leur apporter pour assurer leur développement et le nôtre, se donner du temps et avoir du bon temps.

Faire son jardin, l’imagination sollicitée pour tirer de soi-même de nouvelles idées d'installation, il y a création perpétuelle et renouvellement au gré des saisons et des années, le jardin est à l’image de son auteur, repose et embellit l’existence du jardinier, et du jardin, on passe à table.

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