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Ne peut être vendu

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Publié par Christian Hivert

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Lorsque l'on parlait avec eux, il n'y avait plus rien à faire, rien ne servait à rien, ils étaient englués tous, des rats, des rats dans leurs trous disait Julio, qui viennent grignoter les réserves des hommes dans les caves et les greniers, pour survivre, cela donnait cela, ils grappillaient.

 

De temps en temps une bouteille d'alcool disparaissait d'un rayon de supermarché, abritée sous une veste de pauvre, réapparaissait dans un de ces trous de la rue, au milieu des éclats de rires et des voix égosillées, aidant trois à quatre zonards à oublier le temps mort de leurs vies.

 

Certains, très peu arrivaient à trouver des petits emplois très précaires, les arabes du fond de la cour faisaient des remplacements ou passaient la serpillière dans les bars kabyles du quartier, au noir bien entendu, cela permettait d'alimenter les combines plus lucratives, vivoter.

 

Le plus dur à trouver n'était pas sur les rayonnages des supermarchés, c'était les moyens de défonce, pouvoir s'endormir, s'anesthésier, la part d'oubli, la joie sauvage de ne plus être au monde, et dans son monde les évasions indispensables pour crever autrement que d'ennui.

 

Alors on crevait à petit feu, des chiffres était donnés par le radio trottoir, vingt overdoses dans l'année pour l'arrondissement, les plus éclairés disaient "c'est comme cela, ils vont traiter notre problème, ils n'ont pas besoin de nous,  on leur gâche le paysage, il nous reste à crever."

 

Quand il y aura eu suffisament de morts parmi nous, ils feront quelque chose pour les derniers qui restent, histoire de pouvoir dire qu'ils ont fait quelque chose, mais ils ne pouvient pas savoir, ces vicieux de pauvres ils se cachent dans des trous pour mourir, comment les voir ?"

 

A chaque nouveau mort, ils font semblant de découvrir un nouveau problème;, ils en parlent dans la presse, puis ils oublient, entre temps une avalanche à Accapoulco leur fourni matière à parler d'autre chose, c'est toujours le même scénario, ils peuvent alors racheter.

Alors Arthur ne voulait plus lire avec sympathie les exploits des réfractaires dans la presse, il voulait en être, il ne voulait plus participer à la production du gâchis immonde, il voulait organiser la résistance à l'ordre infâme de la gestion du massacre courant, il en avait le vertige.

 

Ils étaient de nouveaux pionniers repartant défricher de zéro les friches des luttes possibles, tous avaient baissé les bras et ceux du bar arrivaient, jeunes et ébahis, devant une tâche immense, peu nombreux et inexpérimentés, mais plein d'énergie, bousculant l'inertie, avides et tranquilles.

 

A l'heure actuelle, toute la bande s'était disloquée, Robert avait enfin quitté la cave du local et vivait en Angleterre où les squats étaient mieux organisés, plus sociaux, c'était souvent des ouvriers en panne de logement, et ils organisaient des collectes pour les mineurs, plus solidaires.

 

Les squatters anglais étaient plus souvent des ouvriers en panne de logement et les collectifs de défense des squats plutôt que de cultiver un particularisme rebelle organisaient des collectes pour les mineurs en pleine bagarre sous l'ère ultra libérale  de Madame Tchatcher.

 

Ils faisaient des braderies, des foires au troc, intervenaient pleinement dans le mouvement social des luttes, de plus ils poussaient leur raisonnement critique de la société jusque dans ses applications pratiques, ils étaient écolos , mangeaient bio, et évitaient de trop se servir du courant électrique.

 

Ils n'achetaient plus rien, ils récupéraient, volaient, troquaient, ils étaient contre la loi de l'argent. Ils étaient conte l'empire mondial, ils boycottaient les produits des firmes,les plus compromises dans l'exploitation sauvage du tiers monde, ils étaient internationalistes et bâtissaient un réseau d'information.

 

Ils accueillaient les militants étrangers venus se rendre compte sur place, leur rendait visite en retour, s'ils étaient venus à Paris en cette période, ceux du 20eme les auraient envoyé à ceux d'Aubervilliers, qui s'en seraient débarrassé dans le Premier hôtel miteux de leur quartier.

Durant tout ce temps de l'occupation du bar des  Vignoles, la vie avait débordé, Arthur se souvenait des tréteaux et des palanches installés sur le trottoir, des danseurs de rue s'agitant, des gamelles de sauces feuilles préparées par les mamas africaines, des musiciens venus bénévolement.

 

Julio avait raison, ils avaient été un lien social dans la rue, sans planification, Autonomes, Arthur et Julio étaient arrivés devant la devanture éclairée du bar de Mourad, champion de leurs parties de tarots au bar sauvage, il était un peu plus de dix heures, une Carolus d'or dans le nez.

 

Lorsque Arthur aurait bu deux demi avec Julio, il aurait les tempes en feu, Julio le quitterait pour vaquer à ses occupations de recherche médicamenteuse, et Arthur appréhenderait une journée d'ennui mortel, cela faisait trop longtemps qu'il n'avait prit le chemin du Nord-Sud, y faire quoi?.

 

Aller voir Patrice l'ennuyait, il n'était plus question d'aller frapper à la porte des deux sœurs, il ne voyait pas à quoi occuper sa journée, en attendant ils commandèrent deux demis à Mourad ,venu leur serrer la main, "Alors, vous en êtes où, on ne vous voit presque plus?"

 

"Et bien on est sur un nouveau projet, en gros ce serait d'ouvrir un très gros squat, une grande usine désaffectée, pour y loger tous les maudits galériens comme moi en ce moment, on est déjà une quinzaine sur le coup, tous ceux du bar sauvage, d'autres d'anciens squats Autonomes".

 

"Comme cela en même temps le lieu serait gardé la nuit, puisqu'on y habiterait, le propriétaire ne pourrait pas en profiter pour tout expulser en douce, et il faudrait que cela soit suffisamment grand pour y tenir toutes sortes d'activités, du culturel, de l'artistique, du politique, des luttes".

 

"Enfin tout ce qui peut permettre de résister à ce monde de merde" Mourad aimait bien l'idée et il acquiesça, branlant le chef à de multiples reprises, mais Julio embraya "Ouais, mais votre truc, c'est du politique, ça ne marchera jamais", ils burent leurs demis en parlant des étoiles.

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