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Publié par Christian Hivert

 

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Comment le bloc atlantiste a construit la guerre en syrie  


06/08/2012

 

L’origine et les causes des guerres civiles qui durent finissent toujours par se perdre dans la mémoire du temps. Après quelques années, elles en viennent à exister par elles-mêmes, pour elles-mêmes, avec leurs lots de tueries, d’accalmies, puis de poussées mortifères sans que plus personne ne puisse ou ne cherche vraiment à faire sens avec les évènements. Tout est devenu trop compliqué, avec trop d’acteurs, trop de drapeaux et de faux drapeaux, trop d’intérêts mêlés. Nous avons vécu ce syndrome avec la guerre dite civile du Liban ou avec celle du Sri-Lanka, et nous le vivons aujourd’hui avec celle du Congo. Alors au moment où la Syrie paraît promise à l’un de ces funestes destins, il est crucial de fixer la mémoire de ce qui s’est passé pour constater que dans ce cas-ci, il aura fallu moins d’un an et demi au Bloc atlantiste et à ses alliés pour y construire une guerre civile de toutes pièces.

Le contexte


Pris au dépourvu par les évènements tunisiens et égyptiens, le Bloc occidental a très vite compris tout le bénéfice qu’il pourrait tirer de la dynamique du Printemps arabe pour avancer ses pions au Moyen-Orient. L’instrumentalisation des évènements est donc devenue une priorité dans les états-majors du Bloc atlantiste qui peinaient à faire redémarrer leur grand projet de remodelage complet du Grand-Moyen-Orient.

Les objectifs


Le Bloc atlantiste (dont Israël est un poste avancé) entend briser le dernier axe de résistance à la domination occidentale que forment
l’Iran, la Syrie , une partie du Liban (Hezbollah) et de la Palestine (Hamas). Les opérations menées en Syrie visent ainsi à noyauter Damas pour limiter les possibilités de riposte de Téhéran, qui reste l’objectif final. Pour réaliser sa manœuvre, le Bloc atlantiste s’est allié certains pays du Golfe et la Turquie notamment. Mais chacun a son propre agenda.


Pour l’Arabie Saoudite et le Qatar, c’est la montée en puissance chiite qu’il s’agit de briser. Depuis la révolution islamique de 1979 en effet, une compétition féroce oppose Riyad et Téhéran pour le leadership musulman. Depuis la première guerre du Golfe, jamais les pétromonarchies n’ont été plus éloignées de leurs références islamiques et leur soumission aux intérêts américains, voire israéliens, est très mal perçue par la rue arabe. Avec des positions (anti-israéliennes, anti-américaines) aux antipodes de ses voisins du Golfe, Téhéran s’affirment donc de plus en plus comme une référence religieuse plus convaincante malgré le fossé qui sépare les branches sunnites et chiites de l’Islam. Au demeurant, on constatera aussi que les pays du Golfe sont en proie à des troubles souvent liées à leurs très fortes minorités chiites, sans parler de Bahrein dont la population est à 70% chiites. Pour les puissances du Golfe, la priorité absolue est donc à la chute de l’Iran chiite, et la déstabilisation du régime chiite alaouite de Bachar al-Assad n’est là aussi qu’une étape.


Pour la Turquie , la finalité est la même, mais pour d’autres raisons. Douchée par l’Europe qui l’a rejetée avec le dédain que l’on sait, la Turquie a opéré un virage à 180 degrés et tente aujourd’hui de se repositionner dans son bassin naturel qu’est l’Asie antérieure. Mais elle veut y jouer un rôle de gendarme régional et non de supplétif, se heurtant ici aux ambitions iraniennes. La chute de la Syrie est donc également pour la Turquie une étape nécessaire à l’affaiblissement puis à la chute du rival iranien.

La stratégie


La narrative, on le sait, est dans la nature du Bloc atlantiste qui ne peut assumer ses massacres que lorsqu’ils sont parés du plus vertueux vernis (cf.Irak, Afghanistan, Liban etc..). Et la stupide répression opérée par le régime syrien sur les manifestations pacifiques du début a, à cet égard, fournit le matériau idéal pour la construction de la fable d’une révolution bisounours écrasée par un régime sanguinaire. Le cadre idéologique de l’opération de regime-change a donc rapidement pu être posé.


Tous les grands médias ont alors été mobilisés pour la propager sans la moindre nuance, et l’uniformité du discours est venue prouver, une fois encore, que les médias ne sont plus du tout le «quatrième pouvoir» qu’ils ont un temps prétendu être, mais tout au contraire l’un des principaux instruments au service du pouvoir. Dans la presse française, cette dévotion, cette soumission a même atteint des sommets. Un seul exemple les résume tous : le titre du dossier bâti dès le début des évènements par le journal bobo-atlantiste Libération sur la crise syrienne a ainsi été intitulé : «Syrie,
l'horreur à huis-clos, Bachar al-Assad réprime dans le sang le soulèvement de la population dans plusieurs villes du pays.» Avec ce postulat de base, le journal a ainsi affiché un parti pris lui interdisant toute correction de jugement future, toute modification de l’analyse ou de l’opinion en fonction des faits. Aujourd’hui encore, malgré les massacres avérés perpétrés par l’ASL et la présence massive de mercenaires et de jihadistes d’Al-Qaïda dans ses rangs, Libération affiche donc toujours cette même posture, ce même aveuglement. Mais il est loin d’être une exception et, du Figaro au Monde, toute la presse française fonctionne sur ce ressort.


La tactique : En moins de deux mois, les premières armes ont fait leur apparition et les manifestations pacifiques initiées à la fin février 2011 ont immédiatement cédé la place aux opérations militaires. Les premiers rapports sur des massacres de policiers ou de militaires datent ainsi du début du mois d’avril 2011 déjà.


Des mois durant, ces informations ont pourtant été scrupuleusement ignorées, écartées par la presse-Système pour coller à la narrative du Bloc. Il aura fallu attendre juillet 2012 pour que les massacres les plus voyants de l’ASL soient mentionnés, car impossibles à cacher.


Tout au long de la crise, le Bloc atlantiste et ses zélateurs se sont officiellement contentés d’apporter une caution morale aux insurgés au travers des «Amis de la Syrie » notamment. Très tôt dans le conflit, le Bloc a donc veillé à encourager les insurgés à la radicalisation tout en fermant toute porte de sortie au régime, par exemple en brandissant la menace de la CPI pour juger Bachar al-Assad et son clan. Toute l’action politique du Bloc n’a ainsi suivi qu’un seul but : empêcher tout règlement politique de la crise en encourageant et soutenant la radicalisation des insurgés et en poussant le régime à la fuite en avant. Et chaque fois que cela a été possible, ils ont veillé à jeter de l’huile sur le feu pour tenter de briser le soutien russo-chinois à la légalité.


La logistique : Soucieux de sauvegarder sa narrative droit-de-l’hommiste, le Bloc occidental a délégué la logistique de la guerre à ses alliés du Golfe pour la fourniture d’armes et d’argent aux insurgés et aux troupes de mercenaires afghans, algériens, libyens, turcs ou irakiens dépêchées en renforts.


Des cargos d’armements divers ont ainsi été livrés en flux continus aux jihadistes –réhabilités pour l’occasion en tant que «combattants de la liberté» donc–, transitant tout à tour par l’Irak, le Liban ou la Turquie notamment, qui abritent quant à elle des bases d’entraînements pour les mercenaires de l’ASL (encadrés par des barbouzes du bloc cela dit...).

Objectif atteint


Le résultat est sans appel : 17 mois après le début des manifestations pacifiques en Syrie, le pays est désormais plongé dans une sanglante guerre civile dans laquelle chaque camp rivalise désormais de brutalité, comme dans n’importe quelle guerre civile d’ailleurs.


En dix-sept mois de descente aux enfers, nous avons donc assisté en direct à l’implacable construction d’une guerre civile montée de toutes pièces au nom de la liberté et des droits de l’homme.
Victoire.

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