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Publié par Christian Hivert

images-copie-6.jpgNul individu dans nos villes, nommées villes par paresse de leur inventer des qualifiants plus orduriers, ne pourrait tenter de jouir du même privilège d’être vu. Il pourrait s'user à atteindre une plus grande existence octroyée par les aléas de sa naissance, il n’y parviendrait pas. Reine était l’archétype de l’époque, la « beurette ».

Jamais elle n’avait eu à faire plus d’efforts que d’apparaitre, un autre aurait dû travailler sans relâche ses qualités personnelles, connaissances et savoir faire, apprendre et produire avant d’être aperçu. Et cette fugitive reconnaissance ne lui serait que partiellement attribuée au moment précis de l’exercice de son art ou à son évocation.

Dés le lieu de la démonstration de ses qualités quitté, pour peu que le journal télévisé ne l’ait exhibé récemment à l’admiration des foules, il se fera piétiner et bousculer. Reine promenait négligemment ses fesses rebondies et n’avait jamais eu d'effort à faire pour être vue, elle correspondait à une image convenue.

Reine fumait des cigarettes roulées fines immiscées dans la commissure des lèvres oùelles s'évanouissaient dans la rondeur de la joue. La cigarette semblait prête à tomber à chaque instant. Elle prolongeait sa moue luxurieuse, fumerolait au rythme de sa respiration méditative, tandis que Nora discutait, légèrement suave.

C'était un état corporel de relâche sans angoisse et sans souci, sans peurs et sans envies, si ce n'est l'envie de ne pas en sortir, la peur de manquer de ce qui permettait d'y être, le souci de renouveler le matériel qui permettait d'y rester. Sa quête sans relâche, ses arnaques de moins en moins indispensables, il y avait Stupé, un bon plan.

Arthur avait été matinal ce jour là. Il avait déboulé les rejoindre dans le « tierquar » dés neuf heures du matin. Il sortait de son taf dans le douzième arrondissement derrière l’îlot Chalon menacé de destruction rénovation, cour des miracles par la volonté des marchands de mort et de sommeil, un an plus tôt.

Les forces de l’argent étaient supérieurement organisées. D’un côté elles laissaient filer le commerce de drogue et par l’action planifiée de la préfecture le focalisait dans l’abcès de fixation urbaine l’intéressant. Les banquiers blanchissaient, les immobiliers payaient les politiques, les politiques géraient l’opinion.

Les politiques exploitaient le filon de l’insécurité. Les couches moyennes peu à peu déménageaient laissant derrière eux des immeubles entiers propres au squat avec tous les trafics de la misère du moment. Les immeubles étaient rachetés par ruelles entières et laissés volontairement à l’abandon, la rareté devenait cherté.

La presse épaulait le bizness en publiant les photos chocs de rues dévastées où erraient des poignées de camés affalés dans les caniveaux, s’étant fait leur shoot sur place, et les dealers regroupés, manière de dire c’est là, venez nombreux, faisant ouvertement leur commerce, gérants de la disparition de l’État, de la société.

Quelques programmes de relogement pour les plus pauvres pouvant justifier de quittance de loyer étaient pris en charge par la préfecture. Les autres se débrouillaient pour se reloger par leurs propres moyens. Le quartier se dégradait, permettant rafles et expulsions massives, mieux qu’une longue guerre, aussi efficace.

Le terrain et les immeubles étant vide de tout occupant, la chasse aux juteux profits immobiliers pouvait commencer. Les grosses entreprises de bâtiment se positionnaient sur les marchés publics en finançant le parti de la maffia politique dispendieuse de chantiers colossaux ; cela serait su, à peine jugé, impuni.

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