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Publié par Christian Hivert

francmoisinMARCHANDS D’EXIL.


Il cherche vainement un port

Où jeter l’ancre

Pour ne pas devenir une épave,

Et monnayer son exil.

 

Entre la dictature et la liberté

Il n’y a pas de parité

Ni de cours des valeurs.

 

Parce qu’il est poète

Il dit qu’il n’a pas plus de droits

Qu’un paysan de sa vallée,

Sa peur fut égale à la sienne

Qui la subit encore.

 

Froide est la sueur de la menace,

La chaude est celle du travail

Dans les vignes d’Azerbaïdjan.

 

L’or du pétrole a bien failli

Bâillonner son cri de révolte

Au fond des geôles du silence.

 

L’ombre qui couvre sa patrie

Obscurcit le ciel de midi

Dans la fumée des raffineries

Et dans les têtes

Où l’homme livre

Un combat pour demeurer libre,

Un jour peut-être.

 

En attendant, il est des nôtres

Mais il n’est pas venu ici

Pour être un rossignol en cage

Dans le salon des intellos

Ni aux tables des égéries

Où s’exhibent des exilés

Dont c’est l’unique qualité

A la mangeoire.

                        

                                                             P.SELOS

                                                  Paris, novembre 2012

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