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Publié par Christian Hivert

francmoisinIL DORT


Quand nul lieu à l’entour n’échappe à la fureur,

Quand l’horreur le dispute à l’inimaginable

Et qu’on ne peut pas dire qu’on ne le savait pas,

Il dort.


Après avoir flâné dans la ville lumière

Et failli trébucher sur un corps en sursis

Transi sous la morsure glaciale de l’hiver,

Il dort.


Atteint de cécité sélective, il ne voit

Qu’une réalité repeinte à ses couleurs,

Rien ne trouble ses nuits d’honnête citoyen,

Il dort.


Ne vous souciez de lui, il n’a pas d’état d’âme.

Le mendiant n’aura pas à lui dire merci

Et tel un somnambule enfermé dans sa bulle,

Il dort.


Beaucoup trop compliqué de sortir une pièce,

Il lui faudrait ôter ses gants de pécari.

En rêvant des moyens de cacher la misère,

Il dort.


La banlieue lui fait peur, il en cauchemarderait

Seul ceux qui risqueraient de lui porter du tord

Ont une consistance et pour s’en protéger,

Il dort.


Celui qui s’accomplit dans le sommeil du juste,

Ayez pitié de lui ! Ne le réveillez pas !

Il apprendrait beaucoup trop tôt alors qu’il vie

Sa mort.

 

P.SELOS

 

Paris, Décembre 2012

 

 

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