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Publié par Christian Hivert

campSur la période de 1992 à nos jours


120) Quelles sont les raisons qui vous amène, à partir de 1992, à entretenir de moins en moins de contacts avec vos anciens potes autonomes ?


CH : Lassitude et récupération politicienne de ces anciens potes.
121) Pourquoi avoir choisi de s'installer en Ardèche ?


CH : C’est au sud, il y fait chaud, et il y a plus de margeos qu’ailleurs


122) Qu'entendez-vous par «l'autonomie s'y vit d'une manière plus réaliste et moins combative, plus globalisante et surtout moins guerrière » ?


CH : C’est dans la critique au quotidien de notre rapport à la production et à la consommation générale, ce que nous voulons vivre et la manière de le vivre c’est maintenant et tous les jours que nous le menons, nous ne nous arrêtons pas à un seul aspect, mais ce sont tous les aspects qui nous concernent, du local au mondial, nous ne sommes pas en guerre contre un monde, nous voulons l’arrêt des guerres, nous faisons ce que nous pouvons pour pouvoir vivre ce que nous désirons


Mais pour ce qui est de la gestion de la planète, il ne faut pas nous attendre, nous sommes dans nos jardins.


123) Quelles sont les apparitions publiques et les actions autonomes auxquelles vous participez à après 1998 ?


CH : Aucune apparition publique L’agir autonome, c’est tous les jours.

 

124) Pouvez-vous me parler de vos procès et des poursuites contre vous pour avoir squatter ?


CH : La plupart étaient des procès civils où il fallait trouver des arguments pour obtenir des délais avant expulsion, en dix ans j’ai bien du faire une dizaine d’endroits à mon nom. Et puis à la fin, au moment de l’expulsion de la rue du Tunnel, ils ont essayé de recourir à une procédure correctionnelle, ils m’avaient traité de violeur de domicile professionnel, c’était une tentative d’intimidation,

 

une première fois relaxé, une deuxième fois condamné par défaut et recondamné par itératif défaut, le palais de justice était en grève le jour de mon procès et toutes les affaires ont été renvoyées sauf la mienne alors que je ne pouvais accéder à la salle d’audience,

 

donc relaxé en appel, le tout pour la seule rue du Tunnel, que nous avions repris deux fois suite à des expulsions policières illégales, et sans procédure.

 

J’étais défendu par mon ami Jean Alain Michel, et c’est un ténor, je ne risquais pas grand chose, néanmoins ils ont tenté cet acharnement, cela aurait fait évoluer la jurisprudence dans le sens de la correctionnalisation des faits de squats, ce qu’ils souhaitaient, et de plus nous étions les plus remuants à la Rue du Tunnel,

 

nous étions au cœur du dispositif de solidarité des squats et de leurs ouvertures, de la commission ouverture du Comité et également permanence du Comité, ils nous avaient dans le pif.

 

125) Qui sont les Squatters Mal Organisés ? C'est un groupe autonome, une bande de copains ou les deux ?


CH : Les deux, c’est une dénomination sarcastique visant à se moquer gentiment de tous ceux qui voulaient se donner des noms de groupes ronflants, il y avait toute une bande dont je faisais parti qui se donnait continuellement la main pour tenir les squats, résister aux agressions et aux expulsions, se filer des tuyaux et des coups de mains pour de nouvelles ouvertures, depuis Usine jusqu’à après la Place de la réunion, certains ne faisaient parti d’aucun collectif.

 

Sur les autonomes européens


126) Quelles étaient les relations entre les autonomes français et leur homologues européens ?


CH : Il n’y en avait pas tant, comme nous participions au réseau d’échange d’infos Echomédia, nous avons du recevoir dans nos squats trois ou quatre fois des Allemands, une ou deux fois des Anglais, un vrac d’Italien, mais là c’était différent, ils y étaient contraints par les poursuites de leur pays d’origine, des grecques, de très belles grecques.


Par contre nous, nous bougions beaucoup, et souvent en bandes, j’ai donc fait une fois le tour de l’Europe des squats autonome, suisse alémanique comprise, jusqu’à Berlin Est en passant par Wackersdorf. C’était vivifiant, ils étaient vraiment un mouvement eux.


127) Avez-vous eu des contacts avec des autonomes allemands ?


CH : Ils n’aimaient pas beaucoup les Français, ils trouvaient que nous étions trop grandes gueules et incapables d’être discrets, ils nous laissaient un peu seuls face à nous même, il y avait toujours un délégué qui servait de guide et veillait à tous les aspects de notre séjour, que l’on ne soit pas emmerdés par les flics, ou que l’on soit signalés à leurs équipes juridiques, mais ils se méfiaient de nos réactions non programmées qui risquaient de leur faire foirer des plans, ils avaient eu de bien mauvaises expériences par le passé, nous étions trop indisciplinés et braillards pour eux, couards et vantards.


128) Quelles étaient vos relations avec les autonomes engagés dans le soutien au réfugiés italiens ?


CH : Aucune, j’ai toujours détesté l’Italien. Une fois j’avais eu la malencontreuse idée de demander à Oreste Scalzone de nous filer des contacts en Italie où nous voulions un peu voyager, et un de ses potes m’a filé une lettre à transmettre, le coup classique pour voir si t’es une valise sure, cela m’a vexé, de rage j’ai ouvert et exposé l’encre sympathique à la lumière, c’est des manipulations pseudo clandestines que j’ai toujours détesté, d’autant que c’est salement dangereux,

 

il y a des cons souvent ils se font tatouer le mot Clandos sur le front on dirait, pour être sûr que tout le monde sache bien que c’est eux, leurs conneries ne passeront pas par moi..


129) Le mouvement autonome italien a eu un impact sur vous en tant qu'autonome ?


CH : Non, jamais, certains copains et copines italiennes nous racontaient comment ils ou elles s’étaient fait prendre la tête sur la question de la lutte armée au point où ils en avaient arrêté de militer, et de l’autre côté je voyais des gens pourchassés mais toujours fiers d’être des héros    alors qu’ils avaient perdu leur guerre, ce n’était pas mon monde, mais nous soutenions et participions aux manifs en leur faveur.


130) Selon vous, quelles sont les différences entre les autonomes français et leurs homologues d'autres pays ?


CH : Plus bavards et dès qu’ils sont deux il croient qu’ils n’ont plus besoin de personne et dés qu’ils sont trois il y en a deux qui disent au troisième t’es pas autonome toi, après ils changent de rôle. C’est très lassant.


Par contre, s’ils sont moins nombreux qu’ailleurs, c’est lié à la bonne tenue du PCF, en Allemeagne le PC est à l’est, et interdit à l’ouest, et en Italie le PC n’est pas sur la ligne Moscou, il y a encore le souvenir de Garibaldi, et la notion de nation leur est venu plus tardivement.


De plus l’Allemagne comme l’Italie possèdent des bases américaines jusque dans les années 70, et ils n’ont pas connu les mouvement de résistance Gaulo communistes et le CNR (conseil national de la résistance) bref ils n’ont pas Thorez ni Duclos, donc plus d’autonomes.


Et chez nous au moment ou il y aurait pu avoir une dissidence forte à gauche du PC (juste avant 68), ce sont les gauchistes trotskistes puis maoïstes, qui étaient prêts à occuper le terrain, les autonomes ne se sont jamais développés, et cela nous a amené la gauche de gouvernement dirigée par la Cagoule à Tonton.


Donc mon avis est l’inverse de ce qui se dit généralement, c’est parce que les autonomes étaient faibles, inorganisés et qu’ils n’ont jamais réussi à former un mouvement que Tonton la Cagoule a réussi son coup en 1981, et non 1981 qui a été l’enterrement d’un mouvement qui n’existait pas.


Sur l'autonomie en général


131) Selon vous, l'autonomie est-elle une pratique ou une idéologie ?


CH : Ni l’une ni l’autre, être autonome c’est ne dépendre de personne pour son raisonnement et ses actes et c’est se battre seul ou à plusieurs pour empêcher des injustices et bâtir des forces permettant de vivre sans dépendre du système inhumain du capitalisme, nous ne sommes pas sommés d’y parvenir ou de faire mieux, mais c’est un combat, une manière d’être et d’agir, ce n’est pas plus pas moins que cela, il y a des idéologues aussi et des activistes, mais rien n’oblige.


132) Un autonome avec lequel j'ai réalisé un entretien m'a parlé d'une division au sein du mouvement autonome entre d'un côté les « pro-situs » et de l'autre le reste des autonomes, quel est votre avis sur cette appréciation ?


CH : C’est tout à fait vrai, mais les Pro-situs étaient extrêmement minoritaires, une vingtaine à tout casser, ce qui est étrange, c’est que ceux que j’ai croisé avaient les mêmes pratiques que les coucous et les invisibles de maintenant, or il y a trente ans et plus d’écart, comment se sont-ils repassé ce bréviaire des imbéciles manipulateurs, ils ont fait des petits, c’est de père en fils, chez eux ?


133) Que ce soit avec le collectif l'USINE, le MAPLI ou le CML, quelles sont, selon vous, les qualités et les défauts des autonomes que vous avec côtoyés ?


CH : Les qualités de leurs défauts, d’être éphémères et fluides. Et beaucoup trop de mégalomanie, ils se croient tous puissants, dès qu’ils sont dix et qu’un journal parle d’eux, c’est risible.


134) Tout les témoignages, en particuliers dans les travaux de Sébastien Schifres ou ceux de Jean-Baptiste Casanova, tendent à mettre en avant le caractère presque exclusivement parisien du mouvement autonome. Êtes-vous d'accord avec ce constat ?


CH : Non pas du tout, Les Parisiens étaient mal vus un peu partout à cause justement de cette tendance à l’hégémonie délirante, au prix de refuser parfois le nom d’autonome à ceux qui ne faisaient pas parti d’eux, mais autonome ce n’est pas une étiquette de camenbert, c’est une volonté de se démarquer des forces politiques d’encadrement de la société capitaliste et une volonté de reprendre en main sa vie dans tout ses aspects, alors c’est vrai que Schiffres a pris en compte les témoignages de ceux qui véhiculent son point de vue de valorisation glorification des autonomes Parisiens, mais ce ne sont qu’une infime parti des autonomes, et j’en ai reconnu certains malgré leurs pseudos clandos, c’était pas des lumières.


135) Quels étaient les rapports entre les autonomes des années 80 et ceux des années 70 ?


CH : Il y a toujours eu grand mixage d’âges, toutes les générations étaient représentées, maintenant il y en avait qui s’en allaient un peu lassés et revenaient par la suite alors que tous leurs potes étaient partis eux aussi, ils ne reconnaissaient personne, les générations de squatteurs et d’autonomes étaient très rapides, parfois quelques années, il y avait beaucoup de fluidité et de mouvements (dans le sens d’aller d’un point à un autre).


A Usine donc 85 86 il y avait des mineurs sortis du lycée autogéré et des vieux briscards qui avaient participé à l’occupation de la Sorbonne, et toutes les classes d’âges entre.


136) Avez-vous quelque chose à ajouter ?


CH : Les Autonomes existent toujours et ils ne sont pas là où ils sont le plus vus, c’est des attitudes et des combats sporadiques qui reviendront toujours à la surface, des manières de faire, de concevoir la politique et d’être ensemble.


Lorsque je suis parti de Paris, 1998, j’avais été précédé par beaucoup d’entre nous qui s’étaient installés en province, ou à l’étranger, je ne sais pas ce qu’ils sont devenus, pendant longtemps il y avait une communauté Française de squatteurs autonomes à Amsterdam et à Berlin, au point de publier un bulletin de liaison régulier, je ne sais pas s’ils existent encore, beaucoup d’autonomes parisiens avaient des contacts actifs avec la jeunesse abertzale (Les Basques) également, les autonomes Bretons et les Basques étaient en constant rapport.


En 1979 environ, de multiples contacts étaient pris entre des Autonomes Français et des forces autonomes libanaises et palestiniennes, je ne peux en dire plus, ne les ayant pas connus.

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