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Publié par Christian Hivert

anePROVOCATION

 

Je ne suis pas surpris d’avoir appris sa mort,

Ne la devant qu’à lui.

 

Il n’avait pas pensé qu’il narguait la misère.

Son appareil photo pendouillant sur son ventre

Lui donnait une allure de gros poussah chinois ;

 

Sa montre à elle seule valait une fortune :

Dans une plantation, dix années de salaire.

 

Des enfants le suivaient espérant une aumône

Qui leur serait lancée, sans honte, à la volée.

On fait la même chose aux chiens errants des rues.

 

Qui sait si ce soir là  il n’allait pas s’offrir

Dans sa chambre d’hôtel un corps de ce vivier

Aux yeux noirs et profonds agrandis par la faim

Qui font un bel effet sur un mur de salon.

 

Il n’avait pas senti tous ces regards poignards

La cible de son dos provoquait les couteaux.

 

 Ce fut le lendemain qu’on trouva son cadavre ;

Il était Nu.

 

Une foule en haillons redevenait des hommes

Pour un  temps.

 

                                                                                  P.SELOS

                                                                      Paris, Novembre 2012

 

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