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Ne peut être vendu

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Publié par Christian Hivert

qing-haï-hu-chineDepuis deux ou trois décennies nous nous immergeons subrepticement dans une série de phénomènes des plus disgracieux propres à rendre tout bonnement la vie sociale invivable, transformés en bêtes de consommation courante ou exclus de toute activité valorisante, épanouissante ou tout simplement utile, toute convivialité réelle nous est interdite, aucun nouveau règlement ne prévoit la possibilité de l'ombre d'un désir, encore moins du moindre plaisir.

 

Une nouvelle caste de garde-chiourmes autant moraux, agissant sur le psychologique, que matériels, agissant sur les conditions de vie et les manières d'être, s'est crée, suivant les protocoles des nouvelles sciences sociales issues des centres de diffusion de la bourgeoisie réactionnaire américaine (Ford Rockefeller), entre gouvernance et managerisation, la société à été entièrement quadrillée dans les moindres de ses secteurs d'activité, créant ordre et souffrance. 

 

Car ces classes dominantes ont affaibli le lien des groupes défavorisés avec le monde du travail formel et ont favorisé un processus de territorialisation de leur sociabilité et de leur « politicité ». On assiste a une segmentation tant objective que symbolique des classes populaires, où les couches les plus défavorisées – et de plus en plus nombreuses – voient leurs liens avec le monde social établi, ainsi que la sociabilité politique associée à ce dernier – la vie des syndicats et des associations, sévèrement affaiblis.

 

Tous les lieux autrefois dévolus à leurs rencontres et leurs agapes ont été lentement et très surement réappropriés par les abrutis des hochets culturels mis en place par les classes dominantes, les bistrots, les cinémas, les théâtres populaires, les cirques, les spectacles de rue, les festivals de musique, dans culture populaire manque un terrible absent, le peuple pauvre, nié, oublié, méprisé, abandonné à son sort, ou bien managé au plus près des intérêts du capital, le pauvre est encore utile en négation de son existence.

 

Et ces responsables d'association caritatives, humanitaires, de lutte ou d'insertion ne sont rien d'autre que le personnel d'encadrement des pauvres, les vrai prolétaires, n'ayant d'autre moyens de survie que leur force de travail ou les allocations, ne parlons même pas des punk à chiens, sommés eux seulement de payer leur impôt sous forme de TVA à chaque achat de canettes 8.6 assorties de leur traditionnel Néocodion.

 

Ceux que l'on nommait il y a peu les militants oublient allègrement la posture traditionnelle du quêteur de justice sociale et créent ou acceptent leur embauche dans des postes de travailleur social, passant subrepticement de porte-parole d’une population à un statut d’intermédiaire visant à assurer la paix sociale, et salariant sa militance par l'acceptation de subventions rompant avec son ancien statut d'autonomie et de liberté par rapport aux puissances publiques, financières et politiciennes.

 

Cet octroi de subvention vise à déléguer à des associations des tâches jusque la dévolues à la puissance publique, le nouveau cadre « social et mental » que les luttes avaient tentées de produire pour donner un débouché à la révolte légitime est ainsi avorté, cette multitude de nouveaux intermédiaires tente sincèrement de jouer une fonction d’alerte sur la dégradation sociale vécue par les jeunes prolétaires précarisés, ils ne seront jamais entendu par des élus centrés sur des préoccupations électoralistes

 

C'est une manière élégante de dire à tous, courbez vous, rampez sages, voilà c'est bien, consommez et tout ira bien, vous échapperez à ce triste sort de ces invisibles omniprésents, regardez leurs corps que vous enjambez chaque matin pour vous rendre à vos activités quotidiennes, si vous ne voulez pas voir toute votre vie glisser à terre à leurs côtés, il va vous falloir accepter plus que tout, et nous nous chargeons de les encadrer, nous leur fournirons des repas, des tentes, des injonctions de rentabilité pour ceux encore capable de vendre une maigre force de travail.

 

Les lieux de diffusion de la culture sont entièrement rénovés et théâtralises de manière à ce que l'on puisse y donner régulièrement le spectacle larmoyant de ces nouvelles classes prétendant s'intéresser au sort du monde avec humanisme et bonté, les associations de luttes sont instrumentalisées par les grandes forces politiques électoralistes, chargées de contenir à l'infini les velléités de rébellion des dépossédés de tout genre, dirigés par de grands acteurs au petit cœur.

 

On ne rigole ni ne s'interpelle plus dans aucun lieu à prétention publique, on écoute sans répliquer la personne au bout du micro, copieusement défrayée pour sa conférence sur le peuple par l'argent collecté sur ce peuple absent, mis à l'écart, tenu à distance par l'adoption rigide et incontournable de manières de vivre fades et rébarbatives, et la soumission à de nouvelles normes de communication avilissantes, c'est le sommet de ce que l'on nomme désormais culture populaire, art et essai, entre les petits doigt levés et les sourires entendus.

 

Une nouvelle classe intermédiaire, effrayée de voir son rôle et son statut social se dégrader, fait des pieds et des mains afin de se faire voir du bon côté du manche, cherchant désespérément quelque chose d'original à dire, fréquentant assidûment toutes les soirées où l'on cause doctement des problèmes sociaux de l'époque et des problèmes environnementaux de la planète, opinant, hochant, approuvant, applaudissant tout orateur, faisant voir à tous son acceptation et sa maniabilité, mais ne pas devenir SDF, s'il vous plait.

 

Alors le bar est fermé durant les "Débats", nouveau nom donné aux vaticinations de l'orateur défrayé, religieusement écoutés par une armée de frileux opportuns, aucun murmure n'est plus jamais admis, les conversations doivent s'interrompre sous peine de regards courroucés et de remarques acerbes adressés par les chefs de ce nouvel ordre totalement globalitaire.

 

 

 

Les pauvres, derrière la vitre, y verront clairement l'injonction majeure: "Interdit aux chiens et aux prolétaires"

  Christian Hivert, Aubenas, Bistrot du cinéma d'Europe, Le 21 Novembre 2010

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