Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Les incontournables

 
 
 

Chansons gratuites sur son site

       Les cons sont là

19 Tout s'arrange Tout s'arrange

06 Piste 06 12 Deux

Quinze-ans.m4a Quinze-ans

Mon amour Mon amour

 

 

 

 

Assemblée

 

 

 

Possible n°9 Possible n°9

Les mémoires d'un poilu de 14, par Gaston HivertLes mémoires d'un poilu de 14, par Gaston Hivert

brochure-comite-des-mal-log-s-1991Comite des Mal Logés:1991

DAL : les mensonges Dal : les mensonges

Les liens Opac du DAL Les liens Opac du DAL

 Réquisitions inflammables Réquisitions inflammables

QECSI.pdf Quelques Elements d'une Critique de la Société Industrielle.pdf

Guerin-Pour-le-communisme-libertaire Guerin-Pour-le-communisme-libertaire

Publié par Christian Hivert

Le jour où le futur a cessé d'attendre


Quand les premières lignes de ce roman ont été jetées sur le papier en 1985, l’ordinateur familial était encore une curiosité encombrante, internet n’existait pas pour le grand public, et le monde était figé dans la géopolitique bipolaire de la guerre froide. Lorsque le manuscrit a trouvé sa forme finale en 1991, imprimé à la hâte dans l'effervescence du Squat Riquet, l’URSS s’effondrait et nous troquions nos utopies contre le vertige d’un monde réticulaire, poreux, où les frontières commençaient à s’effacer sous le coup des premiers flux numériques.


À cette époque, nous avions choisi le no-copyright. C’était un acte de foi libertaire, la conviction que les idées devaient circuler comme un virus fraternel pour gripper les rouages d'une machine techno-militaire que nous voyions déjà poindre à l'horizon.


Trente-cinq ans plus tard, le monde n’est plus le même, et pourtant, il ressemble étrangement à ce que ce livre annonçait.

 

Le grand adversaire de ce roman n'est pas un dictateur de chair et d'os, c'est le Processus. Une entité systémique, froide, algorithmique, qui impose un « Niveau Idéal d'Équilibre » (N.I.E.) où l'être humain, devenu « Assisté Permanent », est condamné à une liberté factice, ludique et vide. Ce que j'écrivais alors au milieu du milieu du XXe siècle décrivait précisément le piège qui se referme sur nous aujourd'hui : une société anesthésiée par les flux numériques, gouvernée non plus par des parlements, mais par des protocoles automatiques défendus par des « armées processorales ».


Face aux « élucubrations binaires » du réseau, ce récit – que j'ai voulu corriger et polir pour notre époque sans en altérer l'âme – est un éloge de la résistance. Celle du stylo contre l'écran, de la chair contre le processeur, et de la sensibilité contre la pure gestion logistique. [...]


Les « psychopols » et le contrôle algorithmique ne sont plus de la science-fiction : ils se nichent dans nos poches, dictent nos désirs et surveillent nos données. Le transfert de conscience et la fusion homme-machine, incarnés ici par Ernest et Albertine, ont quitté les pages des fanzines pour devenir les programmes de recherche surarmés de la Silicon Valley. Quant à la rupture géopolitique entre un Occident donneur de leçons et une Afrique de l'Ouest qui cherche sa propre voie en bousculant ses alliances traditionnelles, elle fait désormais la une de notre quotidien. Le futur n'a pas simplement imité la fiction ; il l'a percutée de plein fouet.


Remettre ce roman au goût du jour en 2026 n'a pas nécessité d'en modifier l'ADN. L'histoire n'a pas changé. Nous avons simplement nettoyé le miroir : corrigé les scories du temps, ajusté quelques détails techniques pour que les réseaux de secours d'hier résonnent avec la cyberguerre d'aujourd'hui, et poli le style pour que l’énergie brute de l’époque reste accessible au lecteur contemporain. Reprendre mes droits d'auteur aujourd'hui n'est pas un renoncement, c'est un acte de légitime défense à l'heure où les algorithmes aspirent la création humaine sans la comprendre.


Ce livre est le produit d’une époque où l’on croyait encore que la machine pouvait être piratée pour devenir un outil d'émancipation collective, un « commun » universel. En le publiant aujourd’hui, mon espoir reste le même que dans les cités de l'Entrepôt 26 ou les plaines du Midi où dorment Serge et Gaëlle : rappeler que face à la froideur de la logique technocratique et des « armées processorales », notre seule planche de salut réside dans notre sensibilité, notre plasticité, et notre refus d’être encerclés.
Parce que, plus que jamais, le devenir humain reste à construire.


Christian Hivert, 2026.

 

https://ddata.over-blog.com/2/61/97/51/Romans/NE-PEUT-ETRE-VENDU.doc

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article