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Publié par Christian Hivert

Toni Morrison : "Discréditer la langue de l’autre est la première chose à laquelle s’emploient ceux qui tiennent les fusils ; quand on a une armée et une marine, on peut dire à l’autre que sa langue n’est pas une langue, que ce qu’il dit tient plus du langage des animaux. Savoir gérer cette position subordonnée par rapport à la langue est un problème fondamental pour tous les peuples dominés. Nous savons tous qu’en théorie toute langue provient d’autre chose. Le jeu de toutes ces langues est extraordinaire ; et si l’on veut protéger la pureté de l’une d’entre elles, il faut mettre en œuvre une démarche extrêmement compliquée qui implique une très grande part d’autodéfense. Et la raison pour laquelle cette part de défense est nécessaire, c’est qu’elle est constamment menacée d’être écrasée par quelqu’un. C’est ainsi que la langue peut être un véritable champ de bataille, un lieu d’oppression, mais aussi de résistance. L’anglais-américain pose moins de problèmes à cet égard, d’une part parce que c’est déjà une langue polyglotte par essence ; et puis, grâce à l’influence de tous les gens qui vivent en Amérique et qui refusent, comme les Noirs, la domination d’une langue sur les autres. C’est quelque chose qui m’a toujours sidérée, ce refus absolu des Noirs, de tous les Noirs, quel que soit leur niveau social et culturel : ils restent toujours fidèles à leur langue ; c’est à la fois quelque chose de très intérieur pour eux, mais aussi une marque de rébellion." Source : http://www.vacarme.org/article807.html
Toni Morrison :

"Discréditer la langue de l’autre est la première chose à laquelle s’emploient ceux qui tiennent les fusils ; quand on a une armée et une marine, on peut dire à l’autre que sa langue n’est pas une langue, que ce qu’il dit tient plus du langage des animaux.

Savoir gérer cette position subordonnée par rapport à la langue est un problème fondamental pour tous les peuples dominés. Nous savons tous qu’en théorie toute langue provient d’autre chose.

Le jeu de toutes ces langues est extraordinaire ; et si l’on veut protéger la pureté de l’une d’entre elles, il faut mettre en œuvre une démarche extrêmement compliquée qui implique une très grande part d’autodéfense.

Et la raison pour laquelle cette part de défense est nécessaire, c’est qu’elle est constamment menacée d’être écrasée par quelqu’un. C’est ainsi que la langue peut être un véritable champ de bataille, un lieu d’oppression, mais aussi de résistance.

L’anglais-américain pose moins de problèmes à cet égard, d’une part parce que c’est déjà une langue polyglotte par essence ; et puis, grâce à l’influence de tous les gens qui vivent en Amérique et qui refusent, comme les Noirs, la domination d’une langue sur les autres.

C’est quelque chose qui m’a toujours sidérée, ce refus absolu des Noirs, de tous les Noirs, quel que soit leur niveau social et culturel : ils restent toujours fidèles à leur langue ; c’est à la fois quelque chose de très intérieur pour eux, mais aussi une marque de rébellion."

 

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