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Publié par Christian Hivert

franc moisins

Puis en Juin 1985, au centre des Expositions de Montreuil, 1er « Forum du disque autoproduit et du fanzine » organisé par diverses associations bien-pensantes et subventionné par Jack L... Kanaï commenta :

 Chaque pékin désireux d'entrer dans le lieu devait débourser au préalable 40 F. Cela lui donnait le droit de feuilleter divers zines qu'il pouvait lire gratos dans toutes les librairies habituelles, et d'assister à un concert de Cyclope et Rita Mitsouko (qui enregistre chez Virgin, bonjour l'autoprode!). Jack avait déjà déclaré que la culture était un secteur commercial à part entière. Nous avons, en compagnie de plusieurs autres fanzines (Molotov & Confetti, Kanaï, Mr Propre, Manifestes, Les héros du peuple, La Kronik des Coupeurs de Têtes, Symphonie Urbaine...) et du label Bondage Records avec Nuclear Device, organisé notre contre-forum, tout d'abord sur les marches. Puis sommes rentrés sans débourser un centime afin de squatter un stand. Opération réussie à 100 %. Du monde s'est arrêté à notre stand et a pu admirer la pauvreté du reste de la manifestation. Le Festival de la Récupération et de l'Arnaque s'est donc fait pirater proprement et sans bavures !

La France a créé des zones dans lesquelles les problèmes semblent s’accumuler : problèmes d’habitat, de coexistence, de scolarisation, d’accession au travail. Certaines de ces cités apparaissent, si ce n’est comme des ghettos, du moins comme des espaces de relégation, les punks eux se rebiffaient.

Personne n’oserait nier aujourd’hui l’existence d’un mal-vivre social des grands ensembles. La cité est perçue comme un espace de réclusion. De nombreux jeunes de ces cités, en plus des différences intergénérationnelles classiques, se sentent exclus de la société, les punks eux feraient des émules.

Arthur et Simon étaient sortis du bistrot portugais, le Beira Alta, en tournant le dos aux cités du Bel Air et des Francs Moisins, c'était des endroits où ils n'entraient que pour se ravitailler. Il y avait toujours des jeunes en groupe pour leur demander ce qu'ils faisaient là, s'ils étaient de la police, s'ils voulaient acheter ?

Ces jeunes se voyaient de plus en plus enfermés entre les murs de leur cité sans véritable espoir de faire partie intégrante un jour de la société française. Ils avaient le sentiment d’un enfermement, sans barreaux certes, mais réel, un sentiment de mise à distance, que rien ne fonctionnera jamais pour eux.

Alors toute tentative de rencontre d'un autre inconnu d'eux était une agression à laquelle ils répondaient durement et hargneusement. Pourtant il ne saurait y avoir aucun changement social d'importance sans qu'ils n'y soient associés, Arthur sentait une grosse difficulté, ces cités semblaient immenses, immuables.

Des valeurs et des comportements culturels originaux y apparaissaient créant une nouvelle identité s’exprimant à travers une langue des cités, le caillera, sorte d’argot contemporain. Ce langage était un moyen de s’opposer à l’ordre établi et à l’autre qui les excluait, les jeunes punks avaient presque le même.

La musique et les développement prometteurs de l'U.S.I.N.E. viendraient ils jusqu'à eux sans heurs ? Arthur et Simon avaient longé la rue Francis de Pressensé et fumaient leur pétard, discrètement accoudés au parapet du canal, de l'autre côté du grand terrain vague où serait construit le Stade De France.

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