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Publié par Christian Hivert

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Un berger allemand apparut à l'angle du passage du Bois Doré et de la rue Cristino Garcia, venant de la rue, il se précipita sur Simon et renifla Arthur. Arthur aimait bien les chiens, particulièrement les bergers allemands, bien que son arrivée soit brusque, il n'en fut pas impressionné.

   Salut Black!

Simon lui flatta le torse et joua un peu !

   Oui c'est beau chien, c'est beau chien à Mendes, ça

En effet l'adolescent venait d'apparaître quelques pas en retrait.

   Salut Mendes, comment ça va ?

   Ca va, alors c'est lui le chef du squat ? et le mouflet toisa Arthur avec un rictus insolent, Arthur soupira.

   Non mais justement, chez eux il n'y a pas de chef, c'est pour ça, il faut encore qu'ils discutent tous ensemble.

   Discuter, discuter, tout le monde discute…

Arthur apostropha Mendes :

   Oui, nous on discute, c'est comme cela que l'on fait et personne, même pas toi ne nous contraindra à faire autrement…

   Oh, oui bon, te fâche pas, je disais ça…comme ça…

   Donc nous allons discuter pour savoir si on te laisse une chambre pour habiter avec nous au squat U.S.I.N.E., et on veut que le juge soit d'accord, et pour discuter on veut tous te voir…

   Ah, oui non mais vous allez me prendre la tête, là, là c'est pas bon….

   Attends, je ne comprends pas, on habite à plusieurs et toi tu demande à vivre avec nous mais tu veux pas nous voir, comment ?

   Eh, mais vous me donner la clé de la chambre et c'est bon j'me débrouille, depuis six ans je suis à la rue, s'il vous plait Monsieur, vous me donnez la clé et c'est bon, j'me débrouille.

Arthur n'avait pas l'habitude de cette incohérence tintée de mauvaise foi, même les jeunes punks faisaient l'effort d'emberlificoter de manière plus subtile.

   Bon attends Mendes, là il faut qu'on se cause, tu n'as pas compris qui nous étions, nous ne sommes pas un hôtel, nous ne sommes pas des éducateurs.

   Mais vous travaillez bien avec le juge, c'est bien lui qui vous dit…

   Hop hop hop, non non pas du tout, nous on veut juste qu'il sache et qu'il soit d'accord, pour qu'on soit pas emmerdés pour détournement de mineur, mais après avec nous c'est juste pour habiter ensemble, comment cela peut se faire…

   Ah oui, non mais vous allez me prendre la tête…

   Non mais enfin de quoi tu as peur, de toute façons si ça ne te convient pas, tu t'en vas quand tu veux, c'est pas fermé chez nous, on peut rentrer, pas tout le monde, et on peut sortir quand on veut, mais il faut quand même bien qu'on s'entende !

Le môme s'était tu et faisait la moue en se mettant en retrait et Arthur se disait que cela n'allait pas être facile, pour simplement aider ce môme, il fallait lui demander l'autorisation, l'amadouer, l'apprivoiser ?

   S'il te plait Monsieur dessine moi un mouton !  Mendes connaissait-il cette histoire ?

   De toutes façons chez nous il n'y a pas de clé, il y a toujours quelqu'un, on frappe et quelqu'un descend pour ouvrir…

   Ben vous avez un gardien, c'est comme le foyer, vous êtes un foyer…

Arthur entrevoyait une longue explication aves des mots dont il faudrait constamment coordonner les significations. Simon avait certainement senti l'alourdissement de l'atmosphère, il lança :

   On s'arrête pour boire une mousse et on cause de tout ça, j'ai ma paie de la semaine.

   Ok, mais c'est plus à toi de lui expliquer, tu le connais mieux, et tu sais ce que nous voulons à peu près, la suite ce soir à U.S.I.N.E.

Ils entrèrent au « bar de la plaine » presque vide. Un vieux maçon branlait le chef et la casquette auprès d'un juke box en sourdine diffusant du Fado. La patronne surgit de derrière sa caisse, c'était une toute petite bonne femme aux fins d'imprécations en crissement de crécelle affairé, dure à comprendre. Elle semblait en avoir après Mendes qui ne quittait pas le coin de l'entrée.

   Elle lui fait le coup à chaque fois, elle le gronde et après elle lui sert une bière en cachette, elle et la mère de Mendes elle ne peuvent pas se piffrer, elles faisaient toutes les deux à manger le midi, elles sont jalouses. Après elle se plaindra de la mère de Mendes, que si elle avait été la mère de Mendes il n'aurait manqué de rien, il aurait été à l'école, il aurait eu tout ce qu'il faut, mais elle n'avait pas le droit de s'occuper de lui, elle n'était pas la mère et la mère elle n'a jamais rien fait etc., en plus c'est vrai…Simon décidément n'aimait pas Maria.

   Bon on s'assoit, elle va se calmer et on pourra discuter sans être ennuyés !

Quelque temps plus tard ils purent prendre le temps de rassurer Mendes et de le convaincre de les suivre pour être présenté à la réunion du soir du collectif des habitants d'U.S.I.N.E.

   Donc en fait dans tout le quartier tout le monde connait Mendes et ses misères.

   Quasi…

Mendes tarda à s'asseoir parmi eux, il faisait le timide ou le bougon. Arthur tentait de décrypter les attitudes, les œillades de travers, les bougonneries inaudibles, et il se perdait, qui était ce môme ?

   Je crois bien qu'ils l'ont tous hébergé au moins une fois, s'il est dans le quartier, ils savent tous où le trouver.

    Ah ah, un personnage local…

   On peut dire, un loustic, un numéro, mais donc voilà, c'est de là que je veux l'éloigner, je veux essayer de l'en tirer, qu'il puisse avoir une vie tranquille.

Arthur tentait d'évaluer le degré de réalisme des bons vœux formulés par Simon, en avait-il les capacités, la volonté sur le long terme.

   Bon, mais si on se charge de Mendes c'est pour plusieurs années, quatre ans au moins, jusqu'à sa majorité…

   Non, mais toi c'est juste pour la piaule, tu t'occupes de rien.

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