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Ne peut être vendu

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Publié par Christian Hivert

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Etait-ce le signe du renouveau, avait-il prit corps dans le quartier? Allaient-ils lui proposer cette association active tant souhaitée? Pour sortir du marasme de leurs misères à peine supportées, ils étaient doux, n'étaient pas intervenus dans leurs affaires, mais étaient venus, attentifs et observateurs.

 

Ceux du bar avaient ils enfin fait leurs preuves et l'on venait à eux pour former de nouveaux regroupements et aller vers de nouvelles aventures? Arthur se tint prêt à tout écouter, se taire surtout, ne rien forcer, attendre les demandes, ne rien influer, dans la patience et l'espérance vigilante.

 

Leurs demis leur furent servis, et le temps de boire à petites gorgées chacun la moitié de la chope, le silence s'établit entre eux, il y avait beaucoup d'observation, les clochettes d'alarme se rapprochèrent sans le submerger, l'un d'eux sourit à l'autre, "Allez, vas y, c'est bon, explique lui"

 

"C'est encore moi qui cause, non, tu ne fais pas d'effort" "Tu causes parce que tu sais causer, je décides parce que je sais décider, vas y ce gars là est clean, il choisira ce qu'il voudra, vas mets le au parfum" Arthur sentit alors qu'il ne serait pas question d'un nouveau projet d'occupation de local.

 

Celui qui portait des lunettes et paraissait le plus jeune prit alors la parole " Bon, écoutes nous bien, à tout moment tu peux nous dire que tu ne veux plus nous entendre, tu ne seras jamais obligé à rien, et tu pourras arrêter quand tu veux, faire ou ne pas faire, je vais t'expliquer quoi".

 

Arthur était extrêmement flatté de la confiance que ces propos contenaient et son esprit libertaire s'en trouva conforté, il y avait des frères dans tous les quartiers, mais quand même il était bien intrigué, quel projet mystérieux avaient-ils, ils étaient très calmes, reposants et sécurisants.

 

Arthur aurait bien voulu que toute sa vie se passe dans ce genre de rapports courtois et gracieux, dénués de toute concurrence et de tout appétit de domination, même avec ceux du bar ce n'était que rarement cela, les moqueries et les valorisations d'egos tenaient lieu de bonnes manières.

 

Les demis étaient déjà finis, Arthur proposa sa tournée, "Bien sûr, avec plaisir, nous ne sommes pas au travail, on peut" Arthur leva la main pour commander, et ils s'interrompirent de parler un moment, ainsi donc il serait question de travail, cela tombait vraiment bien, il vivait à crédit sur son ccp.

 

Dés que les bulles animèrent de nouveau des lignes rectilignes et verticales dans leurs chopes dorées et que le garçon s'éloigna, le jeune homme à lunettes reprit à voix douce et mesurée, "oui, parce que tu vois nous on se méfie des branleurs orgueilleux qui se mettent à déjanter en cas de pépin."

 

"Tu n'as pas de boulot en ce moment?" "Non" "Bon, voilà, je vais essayer de faire vite, nous avons besoin de quelqu'un de sérieux et de compétent pour nous épauler dans nos affaires, c'est plus une occupation qu'un travail, et le revenu est aléatoire, mais si nous travaillons bien, cela gagne bien et vite."

 

"Nous avons déjà vu tous les deux que tu as toutes les qualités requises pour faire équipe avec nous et nous sommes d'accord entre nous sur ce point, ce n'est pas une occupation très longue ni très régulière, mais il faut savoir s'imposer et être persuasif, savoir tenir tête, ne pas se dégonfler dans l'action"

 

Ils laissèrent à nouveau le silence s'établir entre eux en vidant leurs demis. Arthur était un peu déçu, il n'était pas question d'un nouveau projet culturel, social ou politique, il était question de gros sous, et Arthur avait déjà été échaudé par le passé sur le sujet des relations basées sur le commerce.

 

"Voyons le produit qu'ils me proposent, sais-t-on jamais, ils ont l'air honnêtes" se dit Arthur en lui-même. "Bon voilà, tu vas m'écouter sans bouger et sans regarder autour de toi si quelqu'un nous écoutes, moi je vois une partie de la salle et mon pote l'autre partie, si tu bouge, tu nous dévoiles.

 

"Il ne faut jamais montrer que tu crains d'être écouté ou d'être vu, il faut simplement ne pas être vu et ne pas être écouté, ne laisses jamais aux autres le soupçon que tu puisses avoir quelque chose à cacher, au pire tu joues les timides, mais ne regardes jamais autour de toi, vois seulement."


"Bon, tu es prêt, je crois, voilà il s'agit d'aller chercher l'argent là où il est, c'est à dire dans les banques, en ayant avec soi des arguments persuasifs pour le leur prendre sans avoir à signer de reçu "Arthur ne pu s'empêcher d'avoir un léger tic au cou et ses yeux firent vélocement le tour de la salle.

 

Mais il n'avait pas bougé, il réussit à maîtriser la rougeur subite de son front avant qu'elle ne s'installe en maîtresse sur ses joues, et il souffla dans un chuchotis troublé "Euh, c'est ce que l'on appelle en langage courant un braquage" ils explosèrent de rire, "parles normalement, parlons normalement"

 

"Personne ne doit savoir que nous nous échangeons de tels secrets, donc sans crier à la cantonade, parce qu'on t'en voudrait, mais sans chuchoter non plus, parce que les gens qui chuchotent ne font que montrer qu'ils cachent un secret, et cela c'est justement le Premier renseignement à ne pas dévoiler"

 

"Cela te pose-t-il  le moindre problème moral de prendre de l'argent à une banque, sans passer par toutes leurs paperasseries de bureaucrates?". Arthur sourit, il était estomaqué par la proposition, mais il du reconnaître l'humour et la culture de ses deux nouvelles relations éphémères, l'adrénaline l'envahit.

 

Avec les deux demis déjà éclusés, et la bouffée soudaine d'hormones dues à la surprise autant qu'à la crainte soudaine, Arthur eut l'impression d'être déjà ivre. "Ne te presse pas de suite de répondre, respire, prends ton temps, on t'a fait un choc, hein tu ne t'y attendais pas à celle-là." ils rirent.

 

Bonie and Clyde, Bonnie and Clyde, rigoles bien Dominique, ce n'est pas un film là, qu'as tu besoin de te prouver, crois tu donc toujours que nous n'agissons qu'en vue de prouver, s'il ne s'agissait que d'explorations, d'aller voir le monde en vrai, de sortir de la bulle de coton préservatrice, d'exister?

 

Arthur fit comme ils lui disaient, et s'ils se moquaient de lui, s'ils était en train de monter un bateau, pire, s'ils étaient flics et qu'ils veuillent le faire tomber sur un mauvais coup après l'avoir repéré dans ses activités du quartier afin de l'arrêter dans ses activités subversives, mais non c'était bidon."

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