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Ne peut être vendu

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Publié par Christian Hivert

Photo du 48765354-03- à 13.32

Te voilà déjà une bonne qualité, ce n'est pas sanctionné par un diplôme, on peut dire qu'il s'agit là d'études, l'étude d'un monde, l'étude des situations, l'étude des personnes et de leurs motivations, des rapports de domination, des incertitudes humaines, Dominique Premier acquiesça, bonne joueuse.

 

C'est sûr que ce n'est pas dans les meilleures universités Américaines que l'on apprend cela, c'est quand même utile, non, d'un point de vue immédiatement pratique bien sûr, mais sur le long terme, sur le long terme c'est la lutte prochaine du Comité des Mal-Logés, ça va cartonner.

 

Dominique Premier s'attendrit et cajola le souvenir des caresses adolescentes laissées derrière elle au delà du grand océan des années déjà passées, tu es bien fier de toi, c'est bien, tu es encore parmi les meilleurs dans ce que tu fais, tout le monde s'adresse à toi, tu suscites le respect.

 

Arthur resta pensif un bon moment les yeux rivés à l'immeuble vide en face de lui, Dominique Premier serait-elle admirative si elle était à la place de Reine en ce moment, le dirait-elle comme cela, elle était très désabusée en apparence déjà, elle se donnait l'air d'avoir tout vécu, tout connu.

 

Mais là quand même, elle serait tellement bluffée qu'elle ne pourrait faire autrement que de le montrer, Arthur connaissait les mensonges qui permettent d'assumer des choix douloureux, il les excusait, mais c'était triste, cela barrait tout avenir libre, Reine le trouva beau.

 

Qu'en penses-tu, c'est grand, c'est parfait, et c'est facile d'accès, on monte le long de la gouttière et au deuxième la fenêtre est ouverte, on ouvre la porte de la rue par l'intérieur, sur le boulevard, il suffit d'attendre le passage des lumières bleues, nous avons le temps d'escalader, c'est rapide, il faut du monde.

 

Ça te plait, très bien beaucoup, on peut loger dix familles et autant de célibataires, cela va faire de la place au soixante sept, on reste discret par rapport à Narco et au culculturel, bien sûr, tu me prends pour qui, non mais tu pourrais, je suis avec toi Arthur et j'habite avec eux.


De ce jour il sembla que Reine et Arthur firent alliance paisiblement discrète, Arthur s'écarta et voire même parfois s'opposa aux petits blancs chefs imbus de leurs qualités nationales, Reine s'effaça et raconta à Arthur, au fur et à mesure, les petites trahisons, les compromis et les arrangements.

 

Narco et le militant cuculturel étaient sans vergogne, ne respectant aucun principe, ne défendant aucune valeur, prompts aux jugements dégradants, avides de reconnaissance sociale, prêts à toutes les contorsions pour valoriser l'inapparence de leurs actes, dévaloriser les constructions collectives.

 

Depuis des années, de l'aveu même de leurs connaissances les plus proches, une seule chose leur importait, se faire voir, récupérer constamment le travail de la base et tenter de l'échanger contre de prétendues avancées, à ce jeu un seul pouvoir pouvait en être bénéficiaire, le Pouvoir.

 

Il semblait simple à première vue de s'écarter d'eux et de les oublier dans l'ombre, mais subrepticement ils récoltaient les dossiers des familles, leur faisaient miroiter des relogements rapides grâce à un prétendu réseau de relations hautement placées, incurvaient discrètement les positions personnelles.

 

Arthur parfois se trouvait aux premières loges, il fut décidé au Comité de laisser faire et de se servir de ces attitudes désastreuses comme d'un révélateur permettant de faire aboutir un point de vue de lutte de classe et de solidarité entre les personnes concernées, en toute autonomie.

 

Le cuculturel tissait sa toile et s'imposait peu à peu comme le responsable, tout d'abord du soixante-sept, puis de la lutte et plus tard du droit au logement, son activité politicienne eut l'heureux résultat de faire reculer toute revendication sur le logement social d'environ un siècle.

 

De nos jours les conditions d'habitation de milliers de gens sont revenues à un niveau correspondant au siècle dernier, et les éclairages massifs des télévisions devant les larmes des comédiennes indignées accompagnent le recul social et la dépendance accrue des mal-logés, de cela il est responsable.


Le Responsable pour le moment tentait laborieusement de capter l'attention d'une jeune journaliste passée aux nouvelles, cette agitation sur le sujet du logement était inhabituelle à cette époque et les partis et organisations traditionnelles se faisaient très discrets, seule la cellule communiste locale soutenait.

 

Arthur suivait Reine tout en observant la scène, le Responsable était risible dans ses gesticulations, s'en rendait-il seulement compte, certains africains amplifiaient le phénomène par une obséquiosité moqueuse, la journaliste, même jeune, n'était pas dupe, mais il lui fallait un responsable.

 

Reine frissonnait sous sa robe de tissu noir boutonnée sur le devant, elle jouait de moins en moins avec ses humeurs, mais la présence d'Arthur dans son sillage l'émoustilla, elle fut jeune et adolescente à nouveau, elle lui offrit toutes les visions des envies de son sexe, elle savait lui plaire.

 

Dominique Premier trouvait ce petit jeu lassant, mais que lui veux-tu, tu t'échauffes et jamais tu ne l'auras, tu ne peux pas te dire que cela ne te fait pas de mal, respecter l'autre dans son corps tout en laissant se mouvoir ses envies, comme avec toi, comme il y a longtemps.

 

Comment, oui, tu sortais avec des garçons plus âgés, je mentais, tu faisais ce que tu sentais, cela voulait dire que tu n'étais pas disponible, et tu m'aimais, et je t'aimais, et tu savais que tu ne me toucherais pas, je t'ai touché bien plus, tu étais jeune fille et petite, as-tu mûri un peu seulement .

 

Tu exagères, je n'étais pas si jeune, mais tu m'as bien vite remplacée par d'autres bras, elles étaient toutes contre toi, et crois-tu qu'il y ait eu plus avec elles, pouvais-je savoir, croire les apparences ou la réalité, mais tu caressais leurs cheveux, oui, juste leurs cheveux, et toi tu me snobais.

 

J'étais jalouse, il n'y avait pas de quoi, j'attendais que tu te sentes prête, et puis je t'ai écrit, j'ai eu peur, je ne le croyais pas vraiment, et pourtant, nous recroiserons nous, c'est trop tard, aucun amour n'est trop tard, tu ne seras plus jamais libre, nous serons amis, j'aurai toujours peur.

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