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Publié par Christian Hivert

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Noam Chomsky

11.09


(Noam Chomsky, 11/9, Autopsie des terrorismes , édition Le Serpent à plumes.)

 

Quand et où les Etats-Unis utilisent-ils la violence pour des raisons politiques ? Pour répondre à cette question, ce recueil d’entretiens avec Chomsky s’avère passionnant. Donnant une série d’interviews suite aux attentats du 11 septembre, Noam Chomsky analyse ce qu’est le terrorisme et ses racines, combattant les idées reçues et les hypocrisies des dirigeants occidentaux. D’après lui, les " horribles attaques commises le 11 septembre sont quelques chose de complètement nouveau dans l’histoire du monde ; non pas en raison de leur échelle ou de leur caractère, mais en raison des cibles choisies " (page 11). Reprenant les définitions juridiques que l’ONU et les Etats-Unis donnent du terrorisme (" Est considéré comme un acte terroriste toute activité dans laquelle est commis un acte violent ou un acte dangereux pour la vie humaine, en violation des lois criminelles des Etats-Unis ou de n’importe quel Etat, ou qui pourrait constituer une violation criminelle si cet acte était commis à l’intérieur de la juridiction des Etats-Unis ou de n’importe quel Etat ; il apparaît qu’il y a intention d’intimider ou de contraindre des populations civiles, d’influencer la politique d’un gouvernement par intimidation ou coercition, ou d’affecter la conduite d’un gouvernement au moyen d’assassinat ou d’enlèvement " (page 18)), Chomsky montre que "les Etats-Unis sont à la tête des Etats terroristes, tout comme le sont leurs clients " (p.18).

 

Evoquant à plusieurs reprises les crimes commis par les Etats-Unis contre le Nicaragua, Chomsky rappelle qu’en 1986 les Etats-Unis ont été condamnés par la Cour internationale de justice pour "usage illégal de la force " et ont ensuite opposé leur veto à la résolution du Conseil de sécurité appelant tous les Etats à respecter le droit international.


Le terrorisme des Etats Unis


Dans les années 1980 les Etats-Unis avaient constitué des groupes de terroristes basés au Honduras chargé d’attaquer "des "cibles faibles – des cibles de civils qui ne pouvaient se défendre, comme des coopératives paysannes ou des cliniques – plutôt que des engagements directs contre l’armée du Nicaragua. Les terroristes étaient en mesure d’appliquer ces instructions, grâce au contrôle de l’espace aérien du Nicaragua par les Etats-Unis et à leurs équipements de communication sophistiqués, fournis par leurs protecteurs ".

Comme les nazis justifiaient certains de leurs crimes par la lutte contre le terrorisme, le gouvernement américain proclama que le Nicaragua était un Etat terroriste contre lequel il fallait lutter par tous les moyens. Pourtant ce petit pays d’Amérique centrale n’a jamais menacé les intérêts américains, ni même proposé de bombarder Washington après la condamnation des Etats-Unis.

 

Quand le Nicaragua fini par succomber aux attaques américaines, la presse dominante salua le succès des méthodes employées pour "démolir l’économie et poursuivre une guerre par procuration longue et meurtrière jusqu’à ce que les habitants épuisés renversent eux-mêmes ce gouvernement indésirable ". Méthodes d’un coût "minimal " pour les Etats-Unis, qui ont en outre laissé les victimes "avec leurs ponts détruits, leurs centrales électriques sabotées et leurs fermes dévastées ", fournissant par là même au candidat américain une "mission victorieuse " : mettre fin à "l’appauvrissement du peuple nicaraguayen ". Nous sommes " unis par la joie " à cette perspective, a proclamé le New York Times ".

 

Du bombardement d’une usine pharmaceutique au Soudan à l’attentat à la voiture piégée au Liban, le terrorisme des Etats-Unis a causé des dizaines de milliers de victimes.

 


De même de nombreux pays parmi les plus fidèles alliés des Etats-Unis pratiquent le terrorisme contre leur propre population. Israël, la Turquie, la Colombie ou l’Arabie Saoudite sont parmi les meilleurs clients des Etats-Unis pour l’armement.


Les organisations kurdes sont qualifiées de terroristes tandis que les militaires turcs ont reçu un équipement ultramoderne pour mener des "actions de contre-terrorisme " ayant débouché sur plusieurs dizaines de milliers de morts civils et l’exode de trois millions de personnes. Pour les dirigeants et intellectuels occidentaux qui s’autoproclament de la " communauté internationale ", le qualificatif de terrorisme ne peut être attribué qu’aux actes de leurs ennemis.

 

La Russie, la Turquie, Israël et tous les pays confrontés à des luttes de libérations nationales sont donc près à se rallier à une telle définition qui justifie les pires atrocités dont ils se rendent coupables. En janvier 2002, la visite de Poutine en France nous prouve qu’au nom de la lutte contre le terrorisme, la Russie peut massacrer le peuple tchétchène avec l’assentiment des puissances occidentales.


Au gré des alliances et des besoins de la diplomatie américaine, une organisation peut alternativement être qualifiée de terroriste ou combattre pour la liberté. Ainsi " l’UCK, l’Armée de libération du Kosovo, avait été officiellement condamnée par les Américains comme une armée de " terroristes " en 1998, en raison de ses attaques contre des policiers serbes ". En 1999 " les politiques avaient changé : les Etats-Unis et le Royaume-Uni avaient décidé de lancer une attaque contre la Serbie, et les " terroristes ", instantanément, étaient devenus des " combattant de la liberté ". Après la guerre, ces " combattants de la liberté " et leurs proches alliés sont redevenus des " terroristes ", des " voyous " et des " criminels ", alors qu’ils menaient le même type d’actions, pour des raisons semblables, en Macédoine – alliée des Etats-Unis ".

 

Chacun sait désormais que Ben Laden et les islamistes afghans ont été armés et entraînés par les Américains pour lutter contre les Soviétiques.


Tant que les pays les plus puissants ne renonceront pas à utiliser le terrorisme et à imposer à d’autres pays des règles qu’ils ne respectent pas eux-mêmes, il n’existe aucune raison de croire aux discours sur un nouvel ordre mondial plus juste. La lutte antiterroriste, tout comme le droit d’ingérence n’est qu’un alibi pour les grandes puissances pour justifier l’utilisation de la violence.


Ainsi les Etats-Unis apportent aujourd’hui leur soutien à l’Alliance du Nord dont la plupart des chefs "sontdes seigneurs de guerre qui ont semé une telle terreur et occasionné tant de destructions que la majorité de la population a ensuite bien accueilli les talibans. En outre, ils sont presque sûrement impliqués dans les trafics de drogue avec le Tadjikistan ".


Bien entendu l’auteur condamne sans réserve les attentats du 11 septembre, mais selon lui ils résultent directement de la politique américaine.


Aux militants progressistes de se mobiliser et d’agir pour dénoncer les crimes des grandes puissances car seule une réflexion sur les causes profondes des attentats du 11 septembre peut empêcher qu’ils ne se renouvellent. Les bombes déversées sur l’Afghanistan et les victimes de la famine ne feront qu’accroître "la violence et le risque de voir se reproduire des atrocités comme celle du 11 septembre ".

Bruno Beschon

Cet article a été publié en février 2002 dans Socialisme International N° 2

 

Il est toujours d'actualité, les crimes contre l'humanité commis par les patrons de la planète se sont amplifiés.

Christian Hivert 2 Mai 2011

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