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Ne peut être vendu

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Publié par Christian Hivert

oi---livro.jpgUn jour les gros méchants Skins ou les vilains Mods croisent deux Punks et tapent l'embrouille, ils étaient avec leur mère, ils avaient l'air cons.

— Ha mais c'est une mode pour eux, monsieur…

Ce n'était plus quelque chose de marginal. Qui était qui ? Les fringues venues de Londres s'achetaient aux Halles, « London Styl » pour tous.

Et occasion de dépouille pour beaucoup, les bombers changeaient de dos plusieurs fois par mois et que dire de chaque pièce de l'accoutrement complet, être en bande cela protégeait du petit racket quotidien où le plus taxeur n'était pas le plus pauvre bien souvent, le plus pauvre ne faisait pas encore parler de lui, se nommait racaille.

Au début de l'épopée, avant 1981, ils ne circulaient pas à plus de quinze Skins, et ils étaient rarement tous ensemble dans chaque bande. Ils se retrouvaient le plus souvent au Gibus ou au Rose Bonbon. Après ils se voyaient aux Halles. C'était l'endroit où ils étaient certains de rencontrer des gens que tous connaissaient.

Quelque soit l'heure de la journée ou de la nuit, quelqu'un avait un Harrington ou un Fred Perry était forcement quelqu'un de branché. Alors on se branchait pour les fêtes du week-end, merci les Mods avec vos papas mamans plus à l'aise socialement et accueillants, cela vagabondait beaucoup, bâfrait plein d'amphétamines, braillait.

Après ils avaient envie de tout sauf de rester sur place. Il fallait courir, être vu dans tous les endroits de Paris, assurer de la dépouille, du plan thune, arrachage ou petit braquage, racket adroit ; celui dont les parents en avait plus rejoignait hâtivement une bande protectrice : il n'était plus touché et déboursait, bienvenu au club.

Snuff sur la question du dépouillage des copines friquées était le roi ; sans cesse dans la grande salle du squat résonnait de ses exploits salaces de petit mâle dragueur et ricaneur – des fois l'une des volées venait réclamer jusque là son dû –. Cela pouvait durer des heures et cela cherchait des alibis de classe à ce racket.

Et parfois – cela était arrivé devant Arthur – l'une d'elle montrait en pleurant sa maigre fiche de paye de caissière, alors le héros des HLM, le Rouletabille des nocturnes agités tentait d'autres explication dans lesquelles il ressortait que les esclaves n'avaient pas à venir s'encanailler chez les rebelles, le tout bière à la main.

Arthur estimait ne pas avoir à s'en mêler, mais parfois cela le suffoquait ; quelle pouvait donc être cette Autonomie sans respect de celui qui travaille ? Jusqu'où cette dérive idéologique irait-elle ? En même temps ils étaient entre eux, baisotaient, pogotaient ensemble, puis se rabibochaient autour d'une ligne de coke.

Alors beaucoup dérivèrent sur des produits de plus en plus contraignants : ce n'étaient plus des Skins c'étaient des toxicos avec un look de Skin ; dans ces années 81-82 les Halles n'existaient plus sur le même mode : pour voir quelqu'un avec qui on avait déambulé dans les quatre cent trous, ce n'était plus la même histoire du tout.

L'extermination massive avait commencé : les charniers seraient les morgues et fosses communes des quartiers populaires, un dépeuplement doublé d'une armée de cobayes en fin de vie sous protocole compassionnel.

— Attend je reviens j'ai un truc à voir…

Et l'autre cherche en fait comment il va se procurer son shoot rapidement.

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