Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Ne peut être vendu

écritures

la vie s'écoule la vie s'enfuit

 

Texte libre d'acces

 

Romans (Kahina, Destin majeur, De l'autre côté de la rivière, Ne peut être vendu)

Assemblée

Les mémoires d'un poilu de 14, par Gaston HivertLes mémoires d'un poilu de 14, par Gaston Hivert

brochure-comite-des-mal-log-s-1991Comite des Mal Logés:1991

DAL : les mensonges Dal : les mensonges

Les liens Opac du DAL Les liens Opac du DAL

 Réquisitions inflammables Réquisitions inflammables

NE-PEUT-ETRE-VENDU.doc NE PEUT ETRE VENDU:1984

de-l-autre-c-t--de-la-rivi-re.site.pdf De l'autre côté de la rivière

Pierre Selos

Les-cons-sont-la.mov Les-cons-sont-la.mov

19 Tout s'arrange Tout s'arrange

06 Piste 06 12 Deux

Quinze-ans.m4a Quinze-ans

Mon amour Mon amour

        Le passage, élté et Pierre

Possible n°9 Possible n°9

Bertrand Louart..etc

QECSI.pdf Quelques Elements d'une Critique de la Société Industrielle.pdf

Guerin-Pour-le-communisme-libertaire Guerin-Pour-le-communisme-libertaire

libre service

Publié par Christian Hivert

cour_de_nyon_news624-copie-1.jpgLa conversation surprenante fut interrompue par des vociférations venues de la rue Kléber, un groupe de jeunes squatteurs du bas Montreuil, lié de manière diverse aux troupes des Bérus et de Molotov et Confetti, remontaient la rue, très excités ; il fut beaucoup question de divers sévices sexuels à infliger pour punir quelqu’un.

— Heu là, c’est pour nous tout ça, la journée commence alors qu’ils n’ont pas encore finit leur nuit…

Simon avait mis le nez dans la rue par une des fenêtres métalliques de la verrière de la salle où ils se trouvaient, tandis qu’Arthur descendait ouvrir la porte sur rue.

— Ils disent que Cookie s’est fait violer cette nuit, elle était toute seule au squat…

Arthur fut choqué et peiné, Cookie était une ravissante provocatrice de concert d’à peine quinze-seize ans qui traînait toujours avec Nono, Myrtille et tous ceux de Lukrate Milk, Bérus. Toujours fourrée aux concerts des Rouquins ou de Kni Krix, toutes bandes confondues formant un vaste réseaux d’amitiés d’enfance et de frustrations.

L’information était tellement tonitruante qu’elle submergea les autres de la matinée en intensité et en capacité de générer développements et engouements ; l’armée de répression des crimes sexistes avait du mal à organiser les opérations de représailles. Les nouvelles les plus horribles à entendre se révélaient si souvent exagérées par des mythomanes.

Mais cette fois si c’était vrai ; Cookie ne figurait pas parmi le groupe d’excités faisant trembler de vigueur poussiéreuse l’énorme caisse de résonnance que formait le plancher de pin relié aux murs de moellons de ciment par des poutrelles métalliques de type industriel. Des histoires aussi dramatiques avaient si souvent été inventées.

Arthur résolu de n’avoir point le moindre avis avant d’être sûr, et le seul témoignage et avis valable dans cette mesure était celui de Cookie elle même : Où est elle ? Il lui fallut bien quelques minutes pour rétablir une possibilité d’écoute mutuelle et d’échange intelligible d’information recoupées : Qui a vu Cookie ?

Tandis que beaucoup s’appliquaient à rivaliser d’imagination dans la mise au point d’un sévices hors norme et peu courant en matière de fantasme de punition d’un violeur, à peine plus élevé que la peine réservée au violeur par les caïds de prison : le viol ; d’un niveau culturel à peine plus évolué, il était question de ses parties et leur usage.

Et un prénom revenait en boucle comme s’il fut agi d’un copain d’enfance connu de tous ou d’un vieux pote de classe : Oui je te jure c’est Jimmy, c’est Jimmy le Black et Kongaï son lieutenant, mais c’est Jimmy qui l’a violée, celui là faut le retrouver et lui couper les… encore celui là n’était pas le plus imaginatif en sévices sexuels inédits.

Au fur et à mesure que les histoires apparaissaient, déformées, amplifiées, réexpliquées, masterisées, quand un consensus se trouvait acquis pour la description d’une série de faits, d’exploits ou de fuites, Arthur parvenait à mémoriser quelques prénoms, quelques noms de guerre, des pseudos de personnalités marquantes, les musiciens et leurs fans.

Arthur voulait connaître l’histoire de la bouche même de la victime, et puis voir les détails mettant en cause la sécurité future de tous. Comment ces skins fascistes et répertoriés sans honneur ni valeur – des abuseurs de faibles –, avaient-ils pu s’approcher et s’introduire dans un squat de jeunes faisant partie du public semi permanent de l’USINE ?

   Mais qui connait Jimmy le Black ? la réponse fut inaudible, l’émotion à son comble.

Et puis ce nom de Kongaï répété raviva quelques souvenirs à Arthur. C’était quelques semaines plus un psyché(délique) de la bande du Lycée Autogéré était venu leur présenter un type en leur disant, à moitié défait :

— Bon voilà Kongaï c’est pas un « chantmé », il veut changer de bande, il a entendu parler de vous, il change de couleur, il en a marre des rasés…

Arthur tenta une dernière question :

— Il est où le psyché, celui avec un calot type muslim ? Celui qui nous a amené Kongaï en nous disant qu’il voulait changer de bande, il habite dans le squat de Cookie aussi, il a pu emmener Kongaï là-bas, il repère les lieux et ils sont revenus à plusieurs ensuite...

Le brouhaha qui s’ensuivit et les craintes que cela fit naitre mirent plusieurs heures à se ventiler, chaque nouvel arrivant faisant repartir les débats dans de nouvelles directions, il fallait attendre que cela se tasse pour y voir clair.

— Bon on verra avec Cookie, il faut réagir c’est sûr…

Arthur aurait bien aimé que l’humanité ait le pouvoir à tout moment d’éteindre les injustices de consoler les victimes d’empêcher les crimes ; une force colossale née du nombre, du niveau élevé de conscience, l’expérience des plus anciens formant les plus jeunes, une conscience planétaire des peuples pour l’épanouissement de chacun

— Et tu crois vraiment que le monde t'attend, tu crois vraiment que personne n'y a pensé avant toi ?

— Peu importe ce que je crois ou non Dominique, si ce n'était qu'une histoire de croyances, il s'agit là de nécessités impérieuses, l'esprit humain le plus noble ne peut périr ainsi. Je suis de la résistance, de toutes les résistances, les maquis du Morvan ont élevé mes parents et cela m'a été transmis, maintenant que les collabos de toujours et leurs enfants ont gagné toutes les batailles et toutes les guerres, il ne nous reste plus qu'à résister, peu importe le côté du manche. C'est une histoire de conscience, de satisfaction de soi-même.

— Ah tu le fais pour toi !

— Oui Dominique, pour moi, pour rester fier de moi, pour la satisfaction d'être et de rester du bon côté, du côté des humbles et des souffrants, du côté de la justice et des libertés, du côté des luttes.

— Mais tu ne pourrais pas faire la même chose en ayant de l'argent? Tu aurais plus de poids, tu pourrais agir plus efficacement, non ?

— Voyons Dominique, penses tu que l'argent ou qui le possède soit ce qu'il y a d'important dans une vie, penses tu que cela te rende libre à ce point, tu es folle ! Pour moi ce qui compte et a toujours compté plus que tout c'est que chaque vie soit respectée et que le destin commun des habitants de la planète ne soit pas le règne de quelques médiocres tortionnaires sur la majorité, que chacun ait la possibilité de se sentir utile aux autres."

 

*/*

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article