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Samedi 23 janvier 2010 6 23 /01 /Jan /2010 20:08
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Photo-31.jpg Sur la grand route de son espoir abîmé, fleurissaient quelques fleurs, si vite séchées au vent poussiéreux. Et perdant sa vie à se masquer sa réalité, son butinage éphémère n'était que l'illusion d'exister.


Il fallait en faire des efforts pour présenter une cruauté différente, être enjouée pour refouler ses pleurs, avoir la facilité du débat pour ignorer sa peur, avoir la maîtrise du jeu pour ne jamais se laisser voir à soi-même sa faiblesse intrinsèque, se croire libre pour oublier ses fers, donner sa fierté  en représentation pour se mentir encore et toujours et faire payer son malheur permanent par ses jeux pervers avec le désir des hommes. Et penser que l'addition ne sera jamais présentée ?


Et toute sa richesse en toc la trouvera alors dépourvue? Il est des gens qui inconsciemment ont le goût de la souffrance, pauvres papillons aveuglés dans une pièce aérée pourtant, où se finit un repas du soir, se cognant sans cesse à la faïence chaude du globe lumineux, et revenant se meurtrir à nouveau, têtus et amoindris, pitoyables.

 

Au milieu des aboiements des chiens en furie et des valets en éructation permanente, ils attendaient, la peur hystérique bloquée au ventre. Une odeur perpétuelle et commune à toute prison flottait, sauvage et visqueuse, tripes et boyaux, excréments nauséeux.


Les cages dans lesquelles ils étaient enfermés ne pouvaient leur offrir le moindre espoir à se cloquer dans les yeux, c'est pourquoi beaucoup s'efforçaient de sombrer dans le sommeil pour tenter de ruser cette lente spirale d'oubli qui les enveloppait froidement.


Certains s'astreignaient à rester éveillés et actifs, ils tapaient aux barreaux, hurlaient, appelaient vainement les valets, les insultaient, ne serait-ce que pour entendre encore leur propre voix et ne pas s'oublier eux-même. Tous savaient que bientôt ils n'auraient plus de souvenir.


L'angoisse se surajoutait aux débris fragmentaires de barbarie glaciale qui passaient aux travers des grilles. "... et peu à peu je m'indiffère, à cela, il n'est rien à faire...". Qu'allait-il leur arriver ? Personne ne saurait le dire. L'instant présent oublié dés l'instant suivant. Errants sans mémoire. "Passe l'automne et vienne l'hiver...".

 


L'ignominie secrète

de l'homme ne se tarissait jamais d'éloges pour elle même. "Peut-on jamais savoir par où commence, et quand finit l'indifférence..." Quelles horreurs leur avait-on fait subir ?


Toutes les suppositions approximatives avaient été faites, mais jamais aucun témoignage n'était sorti des limbes de ces blêmes qui vagabondaient dans les cités sans but ni avenir, ne se souvenant apparemment plus du pas qui avait précédé au pas qu'ils faisaient.

 

 

Univers particulier où ne comptaient que les instincts et les instants. Et l'imaginaire même leur semblait ravi . Après ce vol là, il ne pouvait y en avoir d'autre.

 

Par Christian Hivert - Publié dans : Autonomie - Ecrire un commentaire
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