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Ne peut être vendu

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Publié par Christian Hivert

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Il ne leur était pas inconnu, ils n'avaient aucune raison de se moquer, et ils les avaient déjà croisés dans le quartier en compagnie de personnages au dessus de tout soupçon, et puis Arthur avait envie de faire l'aventure, il n'avait aucune idée de ce que cela pouvait rapporter, mais pourquoi pas"

 

Arthur toussota et se racla la gorge, il se sentait toujours autant ivre, l'un d'eux l'arrêta et lui dit "Attends, je recharge les demis c'est la mienne celle là, pour la route, en plus je sens que tu vas nous dire de très belles choses" Ne serait-ce que pour l'ambiance feutrée et sensible sa décision fut prise.

 

Lorsque la troisième tournée de demis fut apportée devant eux, Arhtur se lança d'une trait," bon c'est d'accord pour le principe, mais je n'ai jamais rien fait de cet ordre, c'est quand même risqué" "tout est risqué, traverser la rue, vivre en ville, tout" " ouais ok, mais là c'est un risque que l'on va chercher"

 

"Justement on a pu le choisir" " bon ouais, je n'ai pas de morale par rapport à l'argent des riches, ils n'ont pas de morale non plus, mais bon, vous avez dit arguments persuasifs, c'est quoi, des flingues?" "Pas des, un, le tien," "Nous on pille, moi je saute par-dessus le guichet, lestement, légèrement"

 

"ouais il faut qu'il soit léger, c'est lui qui remplit le sac, moi j'intimide les caissières et je fais gaffe aux alarmes, et nous avons notre conducteur à l'extérieur, il n'est pas là ce soir, mais tu verras c'est un type bien, il est comme nous, mieux que nous" "Beaucoup mieux" "On te plait" "Allez dis oui"

 

Arthur prit encore le temps de réfléchir avant de répondre définitivement "Qu'est-ce qui te chiffonne, dis nous?" "C'est l'emploi d'une arme" "Non, mais si tu penses être suffisamment persuasif pour empêcher une dizaine de personnes environ de faire n'importe quoi sans rien avoir dans les mains, c'est ok"

 

"Ouais pourquoi pas, mais je serais plus rassuré si tu faisais dans le classique, les expérimentations, tu parlais de risques, là je ne sais pas si la société dans laquelle nous vivons est bien prête pour cela, et puis là, il n'y a pas de répétition, c'est du direct, il faut du solide, de l'éprouvé, des reflets d'acier."


"Bon ok, et le pétard, vous l'avez,"  "ouais on a un truc, faut pas tirer avec, il est trop vieux, des reliques de la guerre d'Espagne que mon grand père avait, mais de loin ça fait peur quand même, et le reste de toutes façons c'est la voix, bon tu sais lire de toute façons" "ben oui bien sûr pourquoi"

 

"Ben parce que si tu n'es pas suffisamment persuasif et que ça foire, comme on veut juste l'argent mais ni morts ni blessés, il nous faudra passer un temps plus ou moins long dans une chambre close, et là la lecture ça aide à passer le temps, euh si tu n'es pas suffisamment persuasif, mais tu es un bon toi"

 

"Bon, mais ça a l'air simple comme cela, mais quand même faut être sacrément gonflé pour faire ça" "Ca personne ne connaît ses limites, il faut aller voir pour savoir,  mais ce n'est pas obligé, tu peux dire non à tout, la seule chose obligatoire c'est de rester discret comme un marbre froid de tombeau"

 

"ouais, mais c'est surprenant, enfin, il me faut le temps de m'y mettre, c'est nouveau, mais c'est ok, ça me branche, je suis à sec en ce moment, les squats ça ne démarre pas, on s'est fait virer de Bagnolet, j'ai perdu celui d'Impasse de la loi, mon Premier, j'en ai un rue des Pyrénées, mais il n'est pas encore stabilisé"

 

"Il n'y a rien qui presse, nous nous ne restons jamais très longtemps dans le même quartier, mais tous les soirs, tu nous trouveras dans ce rade ici le soir, soit l'un soit l'autre pendant une semaine, ça colle?" "et beh ça colle, c'est cool" "on aimerait que ce soit oui, sinon on ne t'en voudra pas" ils se quittèrent.

 

Le lendemain soir Arthur retourna les voir, ils l'invitèrent au restaurant, tout le long du repas ils ne parlèrent pas de leurs affaires, mais de copines, de squats, de copains artiste, de diverses choses et d'opinions qui leur tenaient à cœur, Arthur les laissaient faire, au moment du café ils furent plus précis.

 

"Bon voilà nous mettons ta part de capital dans ta première affaire, et on voit si ça colle entre nous, de notre côté tout est prêt et on pense démarrer dés que tu es disponible, demain si tu veux, le quartier de diffusion est cartographié, nous sommes opérationnels, il te suffit de suivre."


Arthur n'eut pas envie de tergiverser plus longtemps, le soir après le restaurant il avait rendez vous avec Michèle, ses enfants seraient couchés, ils pourraient fêter ensemble toute la nuit, elle partait travailler vers onze heures, elle était à mi-temps, "Demain après-midi?" "soit au rade on passes te prendre"

 

Arthur démarrait des émotions nouvelles, il devenait vivant, il changeait, il soignait sa timidité, partait-il dans la bonne direction, il avait envie d'essayer, de toutes façons il lui fallait du "poignon" comme le disait si basiquement Narco, "on  ne peut rien sans un minimum de "poignon"

 

L'avenir de l'autonomie politique à laquelle il croyait tenait–elle entièrement dans l'usage de ces moyens discutables, il n'avait jamais été si disposé de la mise en pratique d'un fantasme récurent de son adolescence, devenir un Robin des bois moderne, Mandrin déclamait sa complainte.

 

Michèle sentit-elle quelque chose de changé en lui, elle l'attira à elle devant les enfants baillant et se rapprocha caline de son oreille, Arthur, ce que j'ai à te dire ce soir est un peu délicat et je ne sais pas bien comment faire, je ne veux pas te faire de mal, mais c'est notre dernière nuit.

 

Il s'écarta incrédule, cela faisait moins d'un mois et encore pas tous les jours, que ce passait-il, n'était-ce pas agréable, pourquoi arrêter ce qui est agréable, il avait le souvenir de sa peau nue sur ses sensations nerveuses et de ses formes dans les creux de son anatomie veloutée, pourquoi?

 

Tu avais besoin de moi pour devenir un homme accompli dans le désir, tu as bientôt vingt cinq ans et ta vie commence, tu vas vivre tes rêves, j'ai joui de toi parce que j'étais ta première femme et j'ai trente cinq ans, je vais vivre ma vie de femme et de mère, trouve toi une copine.

 

Alors c'est fini, j'imagine que ta décision est prise et que ce n'est pas la peine d'insister, j'aimerais mieux que tu n'insistes pas ce serait moins douloureux, cela me rendrait la chose plus facile et tu pourrais passer plus rapidement à quelqu'un d'autre, aimer une jeune fille, avoir son corps, sentir son cœur.

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