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Ne peut être vendu

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Publié par Christian Hivert

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Lorsqu’on lui demanda main-forte pour ses compétences techniques dans l’ouverture de grands bâtiments, il n’hésita pas une seconde : monter sur les toits par les gouttières était son seul sport régulier. Vingt familles et célibataires furent logés dans la nuit, dont le grand pote d’Arthur, Charly le Katangais, dit Charly Baston.

Ce squat est devenu le siège du Comité des Mal-Logés, qui relancera les luttes autonomes sur la question du logement dont nulle force de gauche électoraliste ne s’emparait depuis des années alors que toutes les situations de logement des travailleurs s’effondraient au même titre que leurs droits sociaux ; il sera expulsé le 2 mai 1990, quatre ans plus tard.

Arthur laissa le vague de ses pas errer dans tout le quartier inchangé depuis deux ans. Le mur d’une ancienne usine de chocolats couvert d’empreintes de mains réalisées lors de la dernière fête de la musique par une association d’aide aux gamins en difficulté ; des passages et impasses, des traces de squats, un café : « Le refuge », la CNT.

Là, dans cette rue, Arthur avait ses habitudes, depuis si longtemps, depuis Reine. Des joueurs de cartes dans un autre café, un terrain d’aventures pour les enfants du quartier et une deux chevaux abandonnée ; de vieux objets revendus aux puces couvrent sommairement le ravitaillement en médicaments, parfois en came, souvent en bières.

Et puis la « Mouette rieuse » : en fin de semaine les habitués venaient y écouter des poètes, des musiciens et divers artistes connus ou inconnus. Et les Autonomes et les squatteurs venaient y exprimer leur joie de lutter et de vaincre parfois. Cette opération — le squat du 67 rue des Vignoles — avait été euphorisante et la bière bien fraîche.

Arthur savait déjà qu'il devrait déménager de son squat de la rue Richard Lenoir à Montreuil, trouver une nouvelle bande : Ricks, son rival serait vainqueur. Il lui laissait le terrain et Maïté ferait ce qu'elle voudrait.

— Tu lui laisses Maïté ! s'exclama Dominique Premier.

— Elle ne jouit pas bien dans mes bras, il vaut mieux qu'elle circule…

— Ah oui ! Et toi que vas tu faire ? Tu es en difficulté partout !

— C'est bien cela, c'est mon lot, je lance des histoires justes, j'attire à moi le monde, et les prédateurs sont à l'œuvre à tous les échelons sociaux, ils n'ont de cesse de tout s'approprier et de détourner pour servir leurs plaisirs et leurs passions…

— Quel intérêt ? Prends le Premier bateau et vient en Amérique ! Arthur sourit :

— Là n'est pas ma fonction, je ne peux ni fuir ni esquiver, là est mon chalenge, trouver les justes, m'associer, rencontrer, laisser des souvenirs adroits, participer à l'histoire des traces de l'Erectus, traverser les univers…

— Je pensais être plus orgueilleuse que toi !

— C'est bien la preuve de ton orgueil. Allez vas faire ta Reine. Crie bien haut au secours et que l'on te sauve ! Ici tout va bien ! Cela fait des millénaires que cela dure, nous sommes de la classe des patients, des courbés fiers. Nous ne nous rendrons pas, trouve ton Roi !

Le militant culturel qui se voulait responsable à vie ni les anciens n'avaient pu s'y opposer. Arthur n'aurait jamais pu être mis à la porte de l'immeuble qu’il avait ouvert et il soutenait le projet. C'était cela qu'il y avait à faire désormais, un conseil, une assemblée de lutte permanente pour un logement décent pour tous, le Comité des Mal-Logés.

Cela gênait grandement les positions électoralistes des responsables associatifs et des Gens Bons qui pensaient bien exploiter les événements comme arguments massifs contre la main mise de la droite sur les arrondissements parisiens : Chirac avait fait le grand schlem quelques années auparavant ; ils attendaient leur heure, subvertissaient les forces.

Les sinistrés étaient toujours officiellement à la rue, et le désastre du logement sur la capitale touchait de nombreuses catégories. Il n'y avait pas que les sinistrés, il ne convenait pas de dissocier des situations similaires de besoin de relogement en fonction de critères de gestionnaires, il convenait qu’une classe lutte pour les droits de tous.

La Première assemblée d'explication du projet avait eu lieu, il y avait eu foule. Il fut décidé de faire le tour de tous les immeubles à problème et de convaincre de l'importance des enjeux. Arthur décida de cesser de se battre pour la gestion « petit blanc chef » du 67, les laisser se dévoiler, creuser la différence, aller vers la lutte collective.

Que le militant culturel ne veuille pas entendre parler de ce Comité et ne veuille pas en faire partie était la meilleur des choses qui soit ! Qu'il se prenne donc pour l'éducateur chef et gère les coups de balais. Les anciens encaissaient les loyers, voilà qui les catégorisait bien, nul besoin d'en rajouter, le contrôle de la lutte ne pouvait que leur échapper.

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