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Ne peut être vendu

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Publié par Christian Hivert

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Arthur concevait bien les contradictions de principes et de valeurs, mais pour lui il y avait une grande clarté, une évidence : c'était dans le domaine de la logique, les faibles doivent s'organiser entre eux pour construire des forces d'opposition aux injustices, les bâtiments en eux même ne valaient rien.

 

Tout dépendait de l'utilisation que l'on en faisait, certains bâtiments étaient occupés par des artistes dans Paris et avaient moins d'ennuis, ce qui se développait là n'était pas revendicatif, gênait moins. A U.S.I.N.E. toutes les valeurs tenues pour garanties par la société dominante étaient foulées aux pieds.

Il était bien difficile de faire un tri, il était des valeurs du monde ordinaire qui ne semblaient pas être jetées aux orties si vite : la solidarité entre les membres du collectif, le respect de chaque point de vue, le sentiment de justice partagée, et beaucoup d'autres points faisaient débat permanent.

Il était difficile de donner un aperçu du débat tant l'urgence de discuter de tel point ou de tel autre fluctuait d'un soir au matin suivant selon l'humeur, l'énergie et la composition de l'assemblée éphémère. Certains connaissaient évidemment les moyens de diriger cela et en combattaient d'autres.

La problématique restait la même que dans n'importe quel regroupement humain de la planète au fil des âges. Qui commande, qui accepte d'obéir et pour quoi, qui agit, qui en retire gloire et possibilité accrue d'influer sur les activités du collectif ? Pour chaque réunion, chaque sujet, le débat reprenait sans fin.

Les intérêts des uns n'étaient pas les intérêts des autres et tout ne concordait pas. La réappropriation de l'espace leur paraissait légitime à tous. Essentiel pour se loger, un toit et quatre murs pour s'abriter, un sol pour poser son lit, ses meubles, essentiel pour mener une activité, sa vie, ses amours, ses rêves.

De la place comme matériau de base, préalable à toute utilisation, toute création. Des créations pour résister à l'instauration d'un monde pressenti oppressant et dirigé par des massacreurs sans vergogne, pour ceux qui voulaient survivre ou vivre mieux, créer ou agir, et pour eux l'espace est précieux.

 De toutes parts, dans toutes les villes, au gré des restructurations urbaines commandées par les valeurs de profit et de compétition, on mure des espaces vides et des nuées d'artistes sans atelier, de groupes sans local de répétition, de troupes sans planches attendent du bon vouloir d'un édile local.

Il y a de tout temps des agglomérations d'espaces abandonnés, évidés, barricadés, pourrissant lentement derrière les bas-côtés, leur vacuité est soigneusement entretenue et protégée, programmée en fonction des offres et des demandes immobilières, des spéculations, lointains projets pharaoniques.

Afin de satisfaire les logiques inhumaines et anti démocratiques du marché ou des grosses machines étatiques, leurs hésitations, leurs lenteurs administratives. Le paradoxe était trop gros pour que Arthur et ses compagnons aient des scrupules à contrarier ces logiques destructrices de l'agréable et du vivant.

Ils préféreraient des maisons pleines de gens, de projets et d'étincelles.
L'espace, mort ou vif ? Il y a des béances au milieu des villes... Des arpents silencieux, endormis ou défunts, des cadavres. Des mètres et des mètres carrés que les décideurs économiques ou politiques ont laissés de côté.

Ils se glissaient dans ces vides intermédiaires, interstitiels, ils les animeraient tant qu'ils ne seraient pas réintégrés dans les rouages de la société, et tant qu'ils ne trouveraient pas leur zone d'autonomie permanente. Ils maintiendraient vifs à la fois des envies, des canevas, des idées, et des espaces.

Préférant ouvrir leurs volets non plus sur des friches, mais sur des visages, des voix et des couleurs. L'espace habité à fond. Pas d'état des lieux dans un squat. Aucune objection à l'abattage de cloisons, à la pose de rampes, d'éoliennes, de gargouilles, de planchers vallonnés et de corridors en spirale.

Et ne pas payer de loyer. Ils refusaient de payer pour un droit qui devrait être inconditionnel, le droit au logement, le droit à l'espace, surtout dans une ville qui regorgeait de bâtiments vides. Ce loyer engloutissait une fraction énorme de leurs dépenses, de leurs revenus, de leurs temps.

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