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Ne peut être vendu

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Publié par Christian Hivert

Nicolas.jpg

L’histoire de (LKDS), les « Kamionërs du Suicide »  est indissociable des luttes sociales de cette période, manifs, occupations, mal-logés, soutien aux prisonniers en lutte. Il y avait des périodes, où le matin, à 5h 30, ils faisaient des tours de garde avec scanners, cocktails Molotov sur les toits, pour se défendre.

Ils s’étaient fait attaquer par des commandos de vigiles payés par les gestionnaires de la propriété abandonnée. Quand ils venaient, ils ne venaient pas seuls. Les commandos cagoulés, les rambos descendent la façade en rappel, le quartier était bouclé, le 357 à la main, « Autonomie Ouvrière Combattante ».

Dans le car de CRS ils chantaient « La java des bons enfants ». Le disque avait été autoproduit avec le soutien financier de deux camarades et en hommage aux luttes des ouvriers. Une position de solidarité avec les ouvriers en lutte en général. Dans le milieu ouvrier, ils choisissaient ceux qui se battent.

Pas les casseurs de grèves, les seuls véritables casseurs. Ils diffusaient eux-mêmes ce disque dans leurs réseaux et squat. Ils en donnèrent beaucoup. Ils le vendaient souvent au prix de revient :  

   Voilà ce qu'il coûte à la fabrication, pour avoir le disque il faut participer, il faut payer le prix qu’il a coûté.

Ils ne jouaient quasiment que dans les squats, que des concerts à thème. Ils n’ont jamais fait de concert juste pour faire des concerts. Ils avaient des rapports assez lointains avec les Bérus. Ils n'avaient jamais été appelés pour faire un concert avec eux. Ils devaient les trouver staliniens, trop radicaux.

Djah'X devait leur faire peur, il était très critique et très véhément par rapport aux façons de faire pas toujours nettes. Il n'était pas d’accord sur tout avec le reste de la scène. Lui était pour la gratuité totale. Tous ses concerts étaient à prix libre, chacun donnant ce qu'il pouvait. Un partage, un acte commun.

Il était dur à Djah'X d’écrire des paroles de chansons. Il l'avait toujours vu comme de la poésie à mettre en musique ensuite. Il y avait plusieurs réflexions personnelles :

    marre de ces chansons qui ont toutes le même rythme, la même construction de phrase, alors sans refrain, avec ou sans rime.

Une recherche à l’instinct. Au final, ils avaient une vingtaine de morceaux. Il y avait des trucs d’ado, du plus complexe, des chansons sur la servitude volontaire, sur le conflit d'une enfance dans un monde qu’on ne comprend pas forcément : « Fio au pays des milles aliénations », « À bas l’état policier »…

Le groupe était un instrument pour accompagner en musique de la poésie engagée. De la poésie rebelle, de la critique sociale. De nos jours, on ne peut pas ne pas critiquer ce monde. On ne peut pas faire comme si tout allait bien, ou baisser les bras. Djah'X haïssait les résignés, trépignait, se bagarrait.  

   Alors ça y est, tout est en règle, on devient un centre d'éducation rebelle !

L'apostrophe outrancière de Djah'X amusa Arthur, il aimait bien Djah'X, compagnon efficace, mais cela fit bondir Simon.

   Oui toi avec ta politique, toujours vouloir te battre avec les flics, on s'en fout…

   Top, top top, topeueuh…ça suffit….

Arthur prenait un peu de voix et de hauteur.

   Arrêtez vous, on fonctionne ensemble et chacun fait avancer de son côté, on fait pas tous les mêmes choses mais on les fait ensemble, et U.S.I.N.E. ne change en rien ses projets, nous recevons un nouveau venu, c'est tout !

Le brouhaha qui s'ensuivit ne mérite en rien d'être commémoré, il y fut beaucoup question d'adolescence et d'autonomie, bien que beaucoup de ceux employant ce mot autonomie ne fussent plus adolescents mais dépendaient encore de leurs parents pour leurs subsides et leurs études.

Marsu, créateur manageur de groupes et de labels autoproduits déclarera un jour :

   Le mouvement punk est plus complexe qu’il n’en a l’air. C’est très rare d’avoir quelqu’un qui présente la totalité de l’arc-en-ciel. Tu peux difficilement à la fois construire une alternative, vouloir tout détruire, vouloir te suicider par la drogue et être créatif en même temps.

Marsu ce jour là dira bien ce qu'il fallait dire de tout ce bouillonnement décalé des furieux adolescents tournant autour du groupe pas encore mythique mais déjà adulé « Les Béruriers noirs » ; les punks de cette bande là se moquaient bien des modes mais ils s'en paraient des Docs aux cheveux.

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