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Ne peut être vendu

écritures

la vie s'écoule la vie s'enfuit

 

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Romans (Kahina, Destin majeur, De l'autre côté de la rivière, Ne peut être vendu)

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libre service

Publié par Christian Hivert

après bien sûr

— Ton mode de vie te plait ?

— C'est la liberté !

— Moi j'étais programmée depuis mon enfance !

— Et tu n'as pas voulu t'échapper ?

— Les dérives moi je les calcule aux fonctions !

— Matheuse !

— Tu n'étais pas mauvais non plus ?

— Veux-tu avouer par là que j'étais meilleur que toi trois fois sur quatre ?

— J'ai vu une professeure pleurer en apprenant ton départ du lycée et l'interruption de tes études !

— Je sais Dominique, cela m'a été répété !

— Et tes textes sur tout le hall du second étage !

— Oui !

— Ça nous a fait un choc, les interclasses étaient calmes, on était tous là en train de lire !

— Je sais, je vous voyais !

— J'ai été follement fière de toi !

— Je sais, tu m'as sauté au cou après avoir traversé tout le hall en courant…

— Quel courage tu as eu ?

— Quelle crise infernale j'ai vécu. J'en suis devenu fou! Je quittais le lycée et je te quittais…

— Je n'aurais jamais été disponible, j'avais ma carrière à construire, mes études à finir !

— Est-ce la crise qui m'a fait prendre la décision ? Est-ce la décision qui m'a mis en crise ? Les spécialistes les meilleurs sont partagés ! Tu ne voulais pas de moi ! Rien ne me retenait plus ! J'ai rejoint ceux qui savaient me dire je t'aime et j'ai survécu ! Je ne crains plus rien, cette nuit sur les toits ! C'est le meilleur endroit en ville. La nuit sur les toits éclairés en rase-motte par les lumières d'en bas, dans les ombres frissonnantes des oublis de la civilisation, avec les greffiers tachetés et rayés pour public, à voir le monde petit de haut. Je flatte les étoiles et mon insolence leur parvient. Pour cela il me faut accoutumer mes pieds à une démarche hasardeuse assurée le long d'une gouttière d'évacuation d'eau de pluie, laisser l'adrénaline endormir mon corps, lorsque l'odeur de l'ozone parvient aux narines et que le cerveau sourit aux habits des événements provoqués.

— Tu es fier !

— J'aime ma dérive et je gère mes souffrances !

— Tu ne construis rien !

— Je ne dirais pas cela comme cela. Je participe au mouvement autonome de la vie. La vie des uns, la vie des autres. Rien ni personne ne m'est indifférent. Je ne construis pas d'empire.

— Tu dois bien me maudire !

— Oh non Dominique, je n'aurais pas pu me plier à toutes ces conditions que l'on t'impose. Tu paies un prix que tu ne connais pas encore. Je ne te plains pas non plus, c'était ton choix. Toi et ton ego vous serez satisfaits. La petite fille de huit ans est dans le placard.

— Le placard ?

Le placard où tu as rangé ta poupée qui n’avait pas été sage, ce placard que tu n’as plus jamais ouvert, c’est la petite fille de huit ans que tu as enfermé là !

 Arthur écrivait des tracts, ils n’avaient que peu de moyens : le tract fut écrit à la main ; tous lui disaient qu’il avait une belle écriture, alors sans machine à écrire et sans ordinateur, après juste quelques heures de discussion et de mise au point, le dernier tract du collectif USINE fut prêt à être remis à Fernand qui le photocopia discrètement à l’Humanité :

L’ÉTAT,       SES RAISONS,       ET LES AUTRES…

Aujourd’hui, nous vivons dans une société urbanisée orchestrée par un état qui gère l’exploitation du prolétariat par le biais d’un contrôle social et économique omniprésent. En réaction à la crise du capital, nous subissons une restructuration massive antisociale et répressive.

Ainsi l’état précarise les prolos à travers les TUC (Travail d’Utilité Collective, sous-contrat et sous-travail), allocations chômage réduites et limitées, pendant que des centaines de milliers de personnes sont privées de moyens de subsistance :

·      Quand dans notre bêêelle démocratie, on suicide, emprisonne, bastonne, quadrille au nom d’une « Justice » qui préserve les intérêts des crapules qui nous gouvernent et nous exploitent,

·      Quand dans notre bêêelle démocratie on crève la dalle et on meurt de froid au beau milieu du prestige, du luxe et des surplus alimentaires, et qu’on expulse toujours les locataires qui ne peuvent plus payer et les squatteurs qui occupent des locaux abandonnés envers et contre la spéculation,

·      Quand dans notre bêêelle démocratie, on exacerbe le nationalisme en expulsant les travailleurs immigrés, on fout l’armée à l’école au son de la marseillaise, on régionalise les luttes pour mieux les étouffer, on individualise les intérêts des ouvriers d’une même entreprise par la flexibilité des salaires,

·      Quand les capitalistes non content de nous exploiter nous divisent encore et toujours pour mieux régner,

nous sommes de fait destinés à être confrontés de plus en plus rapidement à un libéralisme sauvage dont les effets nous atteignent déjà (Aides à la libre entreprise, remise en cause des acquis syndicaux,…).

Face à ce merdier, nous, collectif USINE (Utilisation Subversive des Intérêts Nuisibles aux Espace), jeunes prolétaires précarisés, squatters montreuillois menacés d’expulsion de notre local du 15, rue Kleber, nous nous sentons directement concernés et partie prenante dans la lutte des 65 ouvriers de la filiale ROLAND MARIE de SANOFI-ELF-AQUITAINE du 15, rue Michelet menacés de licenciement, des 105 travailleurs immigrés menacés d’expulsion de leur foyer SONACOTRA du 16, place Bertie Albrecht, du collectif antifasciste de MONTREUIL, de tous les squatters locaux.

Toute ces luttes dans leurs particularités spécifiques ne sont pour nous que les différents fronts d’un même combat qui n’a pas de frontières :

Des émeutes périphériques aux luttes d’indépendance, de la Kanakie à l’Afrique du Sud

Prolétaires de tous les pays

Il nous restera toujours le pavé…

Collectif USINE

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