Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Ne peut être vendu

écritures

la vie s'écoule la vie s'enfuit

 

Texte libre d'acces

 

Romans (Kahina, Destin majeur, De l'autre côté de la rivière, Ne peut être vendu)

Assemblée

Les mémoires d'un poilu de 14, par Gaston HivertLes mémoires d'un poilu de 14, par Gaston Hivert

brochure-comite-des-mal-log-s-1991Comite des Mal Logés:1991

DAL : les mensonges Dal : les mensonges

Les liens Opac du DAL Les liens Opac du DAL

 Réquisitions inflammables Réquisitions inflammables

NE-PEUT-ETRE-VENDU.doc NE PEUT ETRE VENDU:1984

de-l-autre-c-t--de-la-rivi-re.site.pdf De l'autre côté de la rivière

Pierre Selos

Les-cons-sont-la.mov Les-cons-sont-la.mov

19 Tout s'arrange Tout s'arrange

06 Piste 06 12 Deux

Quinze-ans.m4a Quinze-ans

Mon amour Mon amour

        Le passage, élté et Pierre

Possible n°9 Possible n°9

Bertrand Louart..etc

QECSI.pdf Quelques Elements d'une Critique de la Société Industrielle.pdf

Guerin-Pour-le-communisme-libertaire Guerin-Pour-le-communisme-libertaire

libre service

Publié par Christian Hivert

beaubourg insoumisJean-Philippe insista mollement, mais tu le connais, tu iras lui parler plus tard, il avait quelque chose à te dire, ce n'est pas si grave, ça lui arrive d'être maladroit, mais il ne dit pas de conneries, vous avez besoin de vous parler, c'est tout, ça ne vaut pas le coup de se taper dessus.

 

Reine se calma, mais elle était toujours en colère, en même temps elle était fière que Arthur s'intéresse toujours à elle, mais bon quand-même, il n'était pas sa mère, de quoi se mêlait-il, que savait-il d'elle, comment elle se procurait de quoi satisfaire ses besoins ne le concernait pas.

 

Mais plus elle se calmait, plus elle réfléchissait et se trouvait emprisonnée dans un marécage où elle entrevoyait de se noyer un jour, Arthur parait à l'urgence, la réveiller, l'émotion qu'elle venait de subir avait fait remonter le produit et ses effets en étaient fortement désagréables.

 

Narco l'avait habituée à de bien meilleurs produits, et elle s'était laissée aller à devenir gentiment et très sûrement junkie au dernier degré, junkie et putain, depuis les caves de la cité d'à côté de chez elle, à son adolescence, l'accusation avait été portée, et maintenant c'était vrai.

 

Elle était Reine et elle était putain, les histoires des peuples s'arrondissaient périodiquement de ce genre de mythe, il lui manquait encore un peu de soie pour pouvoir exposer plus dignement son statut majeur, que de chemins parcourus en arpentant les trois seules et plus grandes rues de l'arrondissement.

 

Reine s'était laissé aller à s'avachir, elle s'était tassée et endormie, elle ne prenait plus le soin de l'exposition de son corps, ce corps si gênant parfois qui se refusait à lui fournir l'extase qu'elle en attendait, et Arthur la regardait toujours comme avant, comme la première fois.

 

En mémoire Reine repartit en arrière dans ses temps avalés, elle se souvenait du vent frais sur ses cuisses nues de ce jour-là, dans la rue des Vignoles, elle portait son short en jean coupé, comme une armure maintenant serré la chair exposée aux désirs mâles, elle se souvenait des regards.


Reine oublia un instant ses picotements et ses démangeaisons impitoyables, la migraine même s'estompa, Arthur était là non loin, recommençant à danser le Ska en se massant le tibia par moments, elle ne l'avait pas loupé, elle l'aurait bien battu plus, mais il la regardait comme avant.

 

Malgré le désastre suintant en mauvaise sueur par tous les pores de sa peau affadie Arthur n'avait pas changé de regard à son égard, il était bien le seul, il la voyait toujours dans son épaisseur charnelle, il s'intéressait toujours à son bien-être et n'attendait rien d'elle.

 

Ces filles des peuples, ces filles des ports, ce ne sont pas des filles pour lui, son Arthur, quelles étaient ces filles, ces filles sages et propres, étudiantes et futures responsables, ces filles embrassant les piles de dossiers et les carrières les plus en vues, au bout des couloirs des immeubles de bureau.

 

Arthur son rêveur insensé, Arthur son défenseur des peuples, qu'avait-il donc, pourquoi cet acharnement, ou donc était son peuple, ce peuple désuni complexe et contradictoire, cette humanité, remettons-nous en question la notion d'humanité, les déconstructeurs du langage n'ont pas encore réussi.

 

Quoique l'on puisse toujours ambiguïser, l'humanité est elle Humaine, dans le peuple, pour prendre un exemple comme il en existe cent mille à l'heure, il y a une jeune fille qui fait des pieds et des mains pour attirer un garçon à elle, et le garçon tombe amoureux fou d'elle,

 

La jeune fille s'aperçoit que le garçon n'ira pas dans le même milieu social que celui où les hautes études qu'elle entame la conduiront, on ne mélange pas les torchons et les serviettes, elle choisit la carrière future, le garçon disparaît de sa vie, elle s'en indiffère, il ne s'en remettra jamais.

 

Parvenue, le terme n'est jamais aussi exact que de nos jours, aux postes éminents que son labeur incessant lui fait occuper, elle continue à voir de haut et avec quelque mépris le milieu social dans lequel est toujours celui qu'elle aimait, que peut-on dire de ce sur quoi elle s'assoit quand elle prétend trôner?


Que valent ses morales du dessus de son panier, Reine valorisait ce sur quoi l'autre jeune fille s'asseyait, y avait il une quelconque différence de rondeur, d'épaisseur, de fermeté, de puissance à la naissance des cuisses, pliée et offerte aux étreintes désirées et consenties.

 

Arthur était si fou parfois, si inconscient en apparence, il n'avait peur de rien ni de personne, comme si sa vie était de côté, comment dire, comme s'il n'était pas né, faisant fi de tout confort, de toute possession, toujours prêt aux pires remises en causes, aux renoncements de tout acquis.

 

Ce type si simple et si modeste l'avait bluffé, ni gros bras, ni grande gueule, il s'était imposé à tous, son cœur était resté juste, Reine secoua la tête, elle émergeait péniblement, le produit lui fit venir une nausée acide, Arthur avait raison, il fallait qu'elle arrête ses conneries.

 

Reine ignorait l'existence de Dominique Premier, loin de l'élite de la Nation, mais la fréquentant et espérant désespérément en être, sourire figé derrière les coupes de champagnes tendues, complice du massacre général et permanent, plus ou moins que l'ouvrier de l'usine d'armement?

 

Reine, munie de son cap de dactylo eut elle rivalisé avec son niveau culturel, élevé bien entendu, cela remplace t-il les générosités et les courtoisies affectueuses si présentes au bas de l'échelle sociale, les moments de convivialité festive et débridée, les solidarités spontanées,

 

Les êtres frustes et mafieux qui empoisonnent la vie des quartiers et font les unes des journaux sont proportionnellement moins nombreux que les tortionnaires et militaires sanglants dans les églises où l'on écoute les symphonies de Brahms, mais la société ne semble avoir peur que d'eux.

 

Pour autant nul doute que cette jeune fille devenue femme à la vie construite et remplie soit fière de ses qualités émérites, ce n'est qu'un exemple, très bel été à toutes et à tous, nous avons également besoin de votre participation financière, pensez à renouveler votre cotisation.

Commenter cet article