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Publié par Christian Hivert

irradiésLETTRE OUVERTE  A MONSIEUR THEVENOUD ADJOINT AU MAIRE DE MONTCEAU-LES-MINES A PROPOS DE L’ENLEVEMENT D’UNE PLAQUE EN HOMMAGE AUX VICTIMES DE L’ATOME A FUKUSHIMA OU AILLEURS SUR LE MONUMENT AUX VICTIMES DE LA MINE

 

Nous vous rappelons que le geste symbolique de déposer une plaque en hommage aux victimes de l’atome sur le monument aux victimes de la mine à Montceau, était une réponse à un appel international venant des irradiés du Japon qui, devant l’ampleur de la catastrophe demandent l’arrêt immédiat du nucléaire dans le Monde. La date du 11 juin marquait effectivement les trois mois de la catastrophe de Fukushima. Il nous a paru important, le jour anniversaire des quatre mois de cet accident, de répondre à votre courrier qui semble courtoisement réduire notre geste à une profanation.

 

 


 

Le choix de votre ville et de ce monument en particulier n’était pas hasardeux. La fermeture des mines de charbon en France fut en effet intimement liée à l’avènement du nucléaire. Ce fut le même corps des ingénieurs des Mines qui impulsa la vague nucléaire française des années 70-80 tout en orchestrant la fermeture des mines. Les mineurs d’alors furent quelques uns à faire directement le rapprochement comme dans les Ardennes où ils firent d’ailleurs parti des plus virulents opposants à la centrale de Chooz. La sécurité des mineurs fut alors un des prétextes à l’arrêt de l’extraction. Il était alors de bon ton dans certains milieux de dire que les risques encourus par les mineurs lors des coups de grisou, des effondrements ou des inondations devaient être relégués au passé. Allez donc dire cela aux liquidateurs de Tchernobyl ou de Fukushima. Sans doute vous répondront ils que le passé est maintenant rattrapé par l’avenir.

 

De plus, il nous a semblé évident qu’un monument en hommage aux victimes de la mine incluait, dans la mesure où ce monument était aussi dédié aux victimes futures, les victimes des mines d’Uranium en France et dans d’autres pays comme le Niger où la France, aux côtés des pays les plus nucléarisés, exploite de nombreuses concessions. Là bas comme en France lorsque les mines étaient exploitées, les mineurs sont très peu informés des risques qu’ils encourent et encore moins protégés. La silicose pour les mineurs du nucléaire est une conséquence des mêmes machines utilisées dans les mines à charbon, par contre les cancers qu’ils développent sont bien consécutifs à une irradiation prolongée. Comme les gueules noires, les mineurs du nucléaire meurent pour que l’industrie et le confort se propagent. Le sacrifice humain est d’ailleurs à l’origine de presque tous les mythes originels de la mine comme le démontre Mircéa Eliade.

 

Il nous est en outre paru opportun de relier l’exigence d’un arrêt du nucléaire à la fermeture de la centrale thermique de Montceau annoncée peu de jours avant notre manifestation. Il peut en effet paraître incongru de fermer ce type de centrales alors que l’arrêt du nucléaire est en question et que l’on sait que celui-ci passe forcément par le retour provisoire au thermique. Cette décision n’est d’ailleurs pas seulement le fait d’une officine privée comme E.ON France puisqu’ EDF annonce la fermeture d'ici 2015 de deux des trois tranches de la centrale du Havre. Il s'agit d'une centrale thermique au charbon ! Alors que l'on peut avoir besoin de ces centrales thermiques pour provisoirement remplacer les réacteurs nucléaires en cas de décision politique de sortie du nucléaire, EDF essaie de rendre les choses plus compliquées ! Avec les centrales thermiques actuellement disponibles en France, il est possible de stopper du jour au lendemain environ la moitié des réacteurs nucléaires. Nous vous rappelons au passage que ce sont les centrales thermiques allemandes qui prennent le relais de nos centrales nucléaires françaises lors des pics de consommation hivernaux et cela simplement parce que la France a favorisé le chauffage électrique et favorise maintenant les pompes à chaleur dont le plus grand défaut est de réclamer une grande quantité d’électricité dans ces moments précis.

 

Il faut donc croire que notre gouvernement soutenu par EDF a été suffisamment persuasif pour que cette option énergétique soit définitivement écartée  par E.ON France gestionnaire de la centrale. Il y a fort à parier que la position de votre parti comme de la plupart des partis politiques français a pesé, elle aussi, dans la balance puisque, comme vous l’exprimez si bien, vous ne songez pas un instant à un arrêt du nucléaire mais seulement à en améliorer la sécurité. Sans doute n’estimerez vous pas que l’utilisation du Mox dans 20 des 58 centrales françaises soit un facteur d’insécurité. C’est pourtant cette technologie bien française, rejetée par la plupart des pays nucléarisés à l’exception du Japon et de la Suisse, qui dissémine le plutonium autour de la centrale de Fukushima. Il y a donc une réalité japonaise et un réalisme français. Ce ne sont pas les dosimètres que la France envoie là bas qui arrêteront les radiations que nous avons induites.

 

En détournant le slogan de Marx dans le  manifeste du parti communiste, « irradiés de tous les pays, unissons nous » au lieu de « prolétaires de tous les pays, unissons nous », nous pensons avoir résumé, en plus d’un hommage au prolétariat révolutionnaire, le caractère international des retombées nucléaires et la nécessité de soutenir les japonais dans leur juste volonté de voir s’arrêter l’utilisation de l’atome immédiatement. La nucléarisation mondiale ne supporte pas l’irradiation antinucléaire internationale. L’omerta sur le nucléaire est visiblement aussi forte ici que là-bas : non seulement les radiations sont invisibles mais en plus il ne faut pas que l’opposition au nucléaire se voit. Votre empressement à effacer toute trace de notre passage, y compris la banderole que nous avions laissée sur la passerelle de l’Embarcadère montre bien que vous teniez plus à supprimer toute critique visible du nucléaire qu’à défendre la mémoire des mineurs. Les fleurs que nous avions également déposées et qui étaient tout autant destinées aux irradiés qu’aux mineurs. Le fait que la date anniversaire de ce monument tombe un 11 juin n’a fait que renforcer notre détermination à montrer la liaison entre la mine et le nucléaire. Mais non, cette mémoire là vous semble sans doute tout aussi déplacée.

 

 

Le Collectif Anti Nucléaire de Saône-et-Loire

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