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Ne peut être vendu

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Publié par Christian Hivert

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Autour de Pierre Selos et de la revue pour la promotion des écoles différentes et des lieux de vie « Possible », de nombreux groupes et collectifs résolument autonomes proposaient des colonies de vacances hors standard habituels, de nos jours ils finiraient en prison pour violation des normes sanitaires.

La revue « Possible » avait par ailleurs mené une campagne virulente pour la défense des animateurs emprisonnés du Coral, Arthur avait suivi de loin, il avait déjà fort à faire avec le service de presse du mouvement algérien, tout cela était fini depuis deux ou trois ans, mais c'était dans toutes les mémoires.

Les punks continuaient la construction d'une alternative autonome sur la question des espaces de vie et de fête, ils réclamaient des salles de concert, s'assemblaient pour mettre en commun des moyens de production de disque, cassettes, fanzine, voire même des livres, Arthur n'avait aucune objection.

Pourtant la bagarre faisait rage sur ces concepts là. Les bandes autonomes devenaient fratricides, des guerres et bagarres violentes avaient opposé des années durant les constructeurs d'alternatives aux tenants mordicus de l'émeute, du vol et du sabotage, eux ne voulaient rien construire, tout détruire.

Arthur ne voulait rien détruire, il voulait que cesse l'injustice, et le sort en est jeté ici ailleurs partout. Il fallait lutter, reculer les limites de l'impossible, élever les interrogations et renforcer les consciences, il n'y avait pas qu'une manière de faire, il fallait s'y attaquer de partout, jouer sur tous les tableaux.

Parfois ces réflexions contradictoires renvoyait Arthur aux confins d'un inconfort droit venu de son enfance, une espèce d'angoisse, de peur préalable alliée à une maigreur de bonhomme fil de fer, alors il cherchait fiévreusement des contacts, des alliés, et silencieusement Dominique Premier se moquait.

   Est-ce toi hier qui m'apporta l'amour dont je n'ai pu m'emparer à ce moment ?

   Quand tu tentais de sentir la portion d'étoile en moi ? Que tu partais, arrêtais les voitures, divaguais au milieu du monde en dérive, te faisais recueillir en milieu d'un délire, passant les mocassins adoucis des rescapés de troubles. 

Arthur pesait, soupesait, allait et venait, rencontrait, découvrait, discutait, préparait, organisait et toujours cette petite garce d'angoisse revenait tapie sur la moindre de ses fatigues, patientant qu'un déclenchement d'évènement massif ne vienne couvrir son murmure, qu’il suffise d’un coup de talon pour l'écraser.

Parfois, il pensait s’en être débarrassé pour de bon. Il était dans une euphorie nécessaire, papillonnait d'une activité à une réunion préparatoire, distribuait les tracts et collait les affiches, attendait dans une cellule de commissariat les copains venus les réclamer, les libérer et leur payer une bière.

Arthur était fiévreux, s'adressait aux souvenirs d'une jeune fille :

   J'ai vu la lumière annonçant la naissance de l'amour toujours en moi présent, tu étais là, c'était toi, c'est étrange ce rejet, ce refus, toujours je voudrais ce qui ne peut ?

   Puisque tu espères, subis ! Dominique connaissait toute les formules..

   Quelle est cette pièce manquant à l'édifice de mon existence, que je ne puisse ni ne veuille me placer en position gagnante, cette recherche continue d'une défaite, d'une exclusion, et maintenant Mendes, vouloir me leurrer et braver l'infernal déterminisme, son numéro d'écrou réservé dès sa naissance ?

Les punks des Halles devenaient les punks de l'U.S.I.N.E. et avaient semble-t-il l’objectif de se griller partout, ils y réussissaient à peu près, et les collectifs autonomes se désespéraient d'en faire des militants d'une cause ou d'une autre, ils n'étaient pas près de les oublier, les supportaient, les épiaient.

Au moins quatre collectifs autonomes traversaient régulièrement l'amas beuglant des ados en démonstration de prouesse et d'épate, enjambant sans grâce les corps des ahuris gavés de bière, deux s'occupaient des prisonniers et se haïssaient, un était antifasciste, l'autre était insoumis au service militaire et civil.

Des punks étaient communistes et libertaires, s'occupaient de ce qu'il appelaient leur propagande au travers de leurs fanzines, le tapage était souvent nocturne et rêvait aux insurrections de l'histoire des peuples asservis tout en faisant la fête, l'un était « Molotov et confetti », l'autre tout justement « Tapage nocturne ».

En toute bonne logique tous auraient du se reconnaître d'un même mouvement, s'opposant aux mêmes ennemis institués et réfutant l'utilité des partis et syndicats vus comme cogestionnaires des désastres dénoncés, mais c'était pire qu'une concurrence, une perpétuelle guéguerre à outrance, un marasme.

Les membres du collectif de l'U.S.I.N.E. à l'origine de l'occupation des lieux s'étaient peu à peu ventilés et investis dans les autres collectifs existants selon leurs préférences, certains animaient la commission prison répression, grande concurrente de l'association des parents et amis de détenus, d'autres une radio.

Il ne fallait surtout pas demander aux membres de ces groupes pourquoi ils ne fonctionnaient pas ensemble puisqu'ils travaillaient sur les mêmes sujets, les explications interminables et emplies de grandes stratégies, de rancœurs, de violentes jalousies, et de ragots et calomnies faisaient perdre raison.

Arthur tentait d'écouter tous, il s'était plus fédéré au collectif antifasciste avant qu'il ne change de nom et ne devienne le collectif « Projet Radicalement Ouvert de Luttes Ouvrières et Sociales » (P.R.O.L.O.S.), affirmant là son programme, intervenir sur toutes les injustices et s'extraire du seul antilepenisme.

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