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Publié par Christian Hivert

petiteespagne

*/*

Ils rejoignirent la rue du Landy avec ses terrains vagues entrecoupés de maisons basses aux rez-de-chaussée commerçants ou artisanaux. Arthur était partagé entre ses idées libertaires et la nécessité de protéger les mineurs.

La loi n'autorise aucune exception et ne différencie pas les situations, mais dans ce cas précis s'octroyer un droit au doute ou à l'erreur représentait un risque majeur de corruption du développement de l'enfant, toute une vie pouvait s'en trouver affectée. Dans le doute abstiens toi ami des enfants.

   Mendes sera là ?

   Oui, je suis passé au squat de clochards, il n'y était pas mais ils vont lui transmettre, je lui ai filé rendez vous chez sa mère, après on ira à l'U.S.I.N.E. tous ensemble pour demander au collectif ?

   Oui, bien sûr autant faire cela le plus rapidement possible, je leur en ai parlé.

   Ils veulent voir le môme d'abord et fixer quelques règles, ils ne veulent pas d'histoires, déjà que cela a fait pas mal de foin entre les jeunes punks et le collectif, ils nous disent qu'on fait deux poids deux mesures, leur rêve semble être d'avoir le droit de passer leurs nuits à l'U.S.I.N.E., des ados.

   Oui, mais eux c'est leur choix de vie, ils peuvent ouvrir un squat, ils pourraient retourner chez leurs parents, retrouver leur petite chambre avec télévision intégrée, c'est pas comme Mendes, tu vas voir, on arrive, c'est vraiment petit, et la mère de Mendes ne veut pas bouger de là, ça fait des années. Ils lui ont fait pleins de propositions, mais à chaque fois elle trouve quelque chose qui ne convient pas, elle bouge pas son cul, en fait elle trouve très bien que c'en soit d'autres qui s'occupent de Mendes, elle n'en a rien à foutre de lui.

Arthur entendit l'orientation dépréciative du rapport de Simon.

Il ne semblait pas porter la mère de son protégé dans son cœur, mais disait-il également :

   C'est Mendes qui s'accroche à elle, faut pas lui parler mal de sa mère, il se fâche, alors qu'elle n'a jamais rien fait pour lui, elle le faisait dormir sous l'évier quand il était petit, quand elle mettait un mec dans son lit.

Arthur avait été concerné par le manque de place dans l'appartement familial, sa mère avait trouvé à placer ses deux enfants dans une pouponnière de la région parisienne, puis, les problèmes de place résolus, Arthur en était sorti, il avait trois ans, il en avait encore des souvenirs, en rêvait.

Ils venaient de pénétrer dans un tout petit passage reliant la rue du Landy à la rue Cristino Garcia, sur un mur au revêtement écailleux était pratiquée une ouverture rudimentaire munie d'une porte au bois vermoulu supportant un boite aux lettres rouillée portant la mention « Maria de Souza ».

Au dessous étaient tracées à la peinture rouge brillante le numéro 12 bis, dont on devinait sans peine le rajout non officiellement cadastré et devenu, par la force de l'inertie de l'histoire, pérenne.

   Elle astique sa boite aux lettres tous les jours malgré la rouille ! Simon se moquait en entrant dans la cour.

C'était un lieu très étrange dont tous les éléments étaient rafistolés. Eussent été ils pris isolément ils n'évoquaient rien d'autre que des déchets, tandis que leur assemblage en vue de leur donner une utilité dans l'ensemble les faisait apparaître comme un ensemble cohérent, juste, utile et poétique.

C'était fleuri et cela sentait bon. Dés que l'œil s'était accoutumé à cette pénombre des petites courettes, le mental évacuait les informations concernant l'aspect biscornu des contenant fleuris, tout ce qui était creux avait été transformé en pot de fleur, des chaussures, de la vaisselle, des moellons de ciment.

Résistant aux premières indications visuelles évoquant plus le dépôt sauvage de déchets dans un terrain vague, l'imaginaire admettait le rangement et le souci esthétique de l'ensemble, on entrait bien chez quelqu'un, il s'agissait visiblement bien d'un endroit habité et joliment décoré finalement !

Un cabanon de planches et de résidus de l'industrie du bâtiment était construit dans le fond de la courette, une porte et une fenêtre indiquaient une pièce unique, le toilette à la turque était extérieur et possédait une chasse haute apparemment en état. Leurs pieds crissèrent sur une sorte de gravier pointu.

Maria n'était pas seule, on entendait des bruits de voix en langue étrangère aux accents criants, du portugais, une voix d'homme, une voix de femme, assez riantes, était-ce le bon moment ? Un faisceau de fils raccommodés au ruban collant d'électricien s'évadaient par l'arrière de la cour.

Les murs nus de moellons de ciment des bâtisses alentours s'élevaient semblant vouloir écraser ce petit écrin fait de récupération et d'ingéniosité, la personne vivant là ne donnait pas l’impression de vouloir en partir, par dizaines tous les détails observés indiquait le soin, la minutie, l'application.

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