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Publié par Christian Hivert

1491212199_2d3d22b6a64f827a66396fe774103aa1_Un-magasin-de-s.jpgLe père Arthur allait de l’un à l’autre, progressait dans les histoires, s’incrustait dans les mémoires, devenait l’un des grands personnages de cette rue, son grand sourire éclairant ses pas et sa large paume ouverte annonçant l’arrivée de son imposante stature : en souriant il leur montra l’écriteau « Pour les habitués exclusivement ».

En dessous figurait les conditions tarifaires d’un menu hétéroclite :

—   En voie de disparition ; bientôt ils ne pourront même plus manger dans la rue de leur travail, ils devront aller sur les grands boulevards. le père Arthur semblait exprimer de la nostalgie sur la disparition de quelques repères :

—   Cela va être beaucoup plus dur pour eux, tout se transforme…

—   T’as l’air de regretter ?

—  Simon, s’ils sont virés d’ici, ça va pas les empêcher de continuer de tapiner, mais je ne pourrais plus les voir, ce sera ailleurs, et il faudra que je recommence tout, ici je connais toutes leurs planques, je peux leur faire passer des messages s’il y a longtemps que je n’ai pas de nouvelles de l’un d’entre eux… Bon, on va rentrer, je vous dépose ?

—   J’ai le camion de mon patron.

—   Vous venez me voir tous les deux pour Mendes. J’ai rendez vous avec le juge de Bobigny mercredi après-midi, venez avant…

—   Ok père Arthur, à bientôt.

Ils se firent la bise et rejoignirent leurs véhicules respectifs.

—   Tu vois Arthur, c’est ce genre de truc, comme on a vu ce soir que je ne veux pas qu’il arrive à Mendes, c’est pour cela qu’il faut que je m’en occupe.

—   T’as quatre ans pour sortir quelque chose de lui, je ne pense pas que tu puisses changer beaucoup de sa vie, comment il fait, à propos, pour vivre dans la rue, manger, dormir…

—   Il s’est toujours débrouillé, en ce moment il est avec une bande de voyous clochards, ils l’utilisent pour sa petite taille, passer par des soupiraux, par des petits trous. Des petits cambriolages.

—   Ils ne se sont jamais fait prendre ?

—   Les grands, des fois oui, mais ils disent qu’ils voulaient ouvrir un squat, après ils disent qu’eux et Mendes ils ne se connaissent pas, et comme Mendes est mineur, ils ne peuvent pas le garder…

—   Eh oui, malins…

—   Y a une fois où quand même ils se sont fait prendre, c’était chez ma cousine et son mec… C’est ma cousine qui m’a élevée, j’ai eu des problèmes avec mes parents et ils ne voulaient pas de moi, et ma cousine, elle a dix ans de plus que moi, elle a accepté de me prendre en charge officiellement jusqu’à mes dix ans, et il y a deux ans, un soir où je n’étais pas là, toute la troupe a débarqué dans le petit pavillon de prolos, c’est Mendes qui leur a ouvert par la cave, ils les ont tous les deux ligotés sur le lit, menacés et tout, et ils sont partis avec tout le matos…

—   Ah ouais, intéressant le bambin, mais les autres de USINE, ils ne sont pas au courant de ça, t’imagine, s’ils viennent nous braquer comme ça ?

—   Non, mais y a rien chez vous, et vous êtes trop nombreux, je lui dirais à Mendes, pas chez nous…

—   Donc là, les flics les ont retrouvés le matin même, avec la description que les voisins avaient fait et leur numéro de vieux fourgon… et Mendes il va passer en procès dans quelques temps… pour complicité… C’est comme cela que je l’ai connu, au commissariat, j’ai tout de suit voulu m’occuper de lui, il m’a fait panser à moi… quand j’étais à saint Hilaire du Harcouët et que je faisait le con, j’aurais pu plus mal finir, si ma cousine ne s’était pas intéressée à moi.

—   Ah ouais, non mais là les sacs sont pleins… on a tous un sac sur le dos, c’est toutes nos affaires du passé avec lesquelles on traine plus ou moins bien, mais là, le vôtre est bien chargé quand même… bon on passe voir mon pote Fernand à Montreuil avant de rentrer, il fait une petite fête… il nous attends, il est même pas onze heure, on y est dans dix minutes…

—   Ok, mais on va pas chercher Mendes, je ne veux pas lui faire connaître les adresses des copains, quand-même…

—   Merci pour Fernand grand…

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