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Ne peut être vendu

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Publié par Christian Hivert

franc moisins

La péroraison du réfugié devait avoir le même effet sexualo addictif que les voix italiennes sur la libido de Dominique Premier, car alors que le bilan de la manifestation était clair, ils s'étaient tous fait courser, une centaine environ, mais avaient fait parler d'eux dans la presse parisienne, la réunion n'en finissait pas.

Simon avait depuis longtemps disparu au coin de la cuisine rudimentaire où il préparait une sorte de grosse tambouille collective avec les boites de Bœuf en Daube fournis par la Banque alimentaire, aidé par les diatribes gouailleuses de Snuff, inénarrable héros populaire des bas fonds de la punkitude, un joint au bec.

— Car bien entendu la transversalité des conflictualités liées à la répression de l'ouvrier social par les forces fascistes de l'hégémonie capitalistique…

Arthur n'avait pas envie de se faire repérer en ricanant trop fort, tous écoutaient en cœur, des chut stressés vibraient en direction de Snuff et de sa canette de bière en verre.

Arthur avait néanmoins compris l'essentialité de son nouveau statut d'ouvrier social, il se voyait mieux en prolétaire, cela correspondait plus à sa filiation familiale et sociale mais l'italien s'enthousiasmait, le groupe de rédaction du fanzine « Molotov et confettis » buvait les si hardis propos révolutionnaires et prenait des notes.

   Parce que rien à perdre et tout à gagner…

   Parce que boum boum racatacatac…

   Parce que Travail Ciao…

   Parce que le chat est enfin guéri…

   Parce qu'on en a ras le bol de tout payer…

   Parce que nous raserons les prisons…

   Collages, cadavres exquis, indignations…

   Parce que vivre libre ou mourir…

   Parce que Rock de la subversion contre valse des étiquettes…

   Parce que la vie est à prendre…

   Parce que nous sommes de toutes les bagarres…

   Parce que s'il fallait compter sur les autres…

   Parce que mieux vaut l'écrire que se casser une jambe de bois !

L'équipe rédactionnelle du Fanzine courait souvent, poursuivie par des C.R.S aux lourdes matraques.

« Nicolas, si t'es pas là je me tire d'ici deux minutes, je suis au café en face ! », « Le prochain qui me dit que je suis une effrontée je lui pisse à la raie! », « Et je lui fait péter ses couillettes à coup de vieilles tennis molles! », Nono et Myrtille grafitaient de concert des phrases et des phrases, elles étaient mineures, elles se taisaient.

Mais d'une autre manière, par une communication non verbale et inconsciemment elles détournaient l'attention et les regards du sérieux angoissé des interventions de verbeux militants, encore à ce moment il n'y avait pas de concurrence sur le leadership du sujet, tous étaient là en soutien aux réfugiés politiques italiens.

Il faut dire que tout le monde s'accordait à dire que c'était de belles mômes, délurées et fraiches, des punkettes agréables qui tournaient dans les concerts où se produisaient les Béruriers Noirs et profitaient allégrement de la sollicitude protectrice des punks plus aguerris pour multiplier de facétieuses provocations.

Tant qu'elles étaient protégées par les plus âgés, Arthur n'avait rien contre et s'en amusait de même, il ne se sentait pas concerné par la gestion ou le contrôle des petits groupes qui sans cesse fluctuaient d'un collectif à l'autre, ce groupe là était fidèle aux Bérus, à la Commission prison répression, à « Molotov et Confettis ».

Nono n'avait guère que quatorze ans et Myrtille pas plus de seize, on avait assuré Arthur que les parents ne courraient pas après et que, tant qu'elles ne passaient pas la nuit à l'U.S.I.N.E., il n'y avait aucun risque de plainte pour détournement de mineurs, mais il y avait beaucoup de mineurs, près de la moitié du public habituel.

Arthur ne s'en était pas aperçu tout de suite malgré les comportements véritablement instables et adolescents, cela était noyé au milieu des rodomontades de vieux briscards issus des débuts du punk anglais de 1977, plus investis dans les collectifs de luttes et dans l'organisation des concerts de rock, comme Snuff.

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