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Ne peut être vendu

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Publié par Christian Hivert

medias-aux-ordres.jpgL’époque et ses médias dominants avaient mis dans la tête aux amis, camarades, collègues de travail le fatalisme, une glue, et le supermarché. De croire qu’ils ne peuvent rien, sinon glisser éventuellement un bulletin de vote dans une urne, en clair ne rien faire pour que les choses changent radicalement et attendre la récompense du caddie.

Et eux ne voulaient en rien faire confiance à ceux qui parlaient en leur nom pour que  leur exploitation se perpétue. Ils ne voulaient pas déléguer leur force, car ils savaient d’expérience que ces responsables étaient prompts à les vendre au plus offrant, copains comme cochon avec les gouvernants et toutes leurs organisations intermédiaires.

Ils espéraient tellement établir une force active, qui change le monde ; refuser de déléguer leur force alors que le pouvoir était en eux, leur pouvoir qui dormait, absorbé par la routine – métro-boulot-télé-dodo – par l’isolement et le repli sur soi, par la croyance que seuls des sauveurs suprêmes sont à même de les sauver,

 Et la plupart se tuaient au travail pour un salaire de misère, avec la peur, la routine, la passivité régissant leurs semblants de vie. Les travailleurs étaient tout dans ce monde, mais paradoxe cruel ils n’étaient rien dans ce monde ; rien que des moutons défilant derrière des chefs de file pour des rendez-vous planifiés et vite oubliés.

Et ces chefs angoissaient qu’ils ne s’organisent avec leurs familles, collègues et amis en donnant plus de force à ce qu’ils faisaient déjà : de la résistance quotidienne – sabotage, coulage, absentéisme, pauses – jusqu’aux grèves sauvages en passant par le soutien à d’autres luttes pour assurer le triomphe de leurs exigences.

Ces sociétés impavides et souveraines faisaient payer à l'innocent le désarroi de la puissance sans limites, de l’appétit de possession général, jamais dans toute l’histoire des civilisations on n’avait aussi massivement imposé l’unique médiocrité des vies sans finalités, sans force autonome en dehors des structures de l’État.

Or qu’avaient-ils fait d’autre, ici à USINE, que de se protéger dans le cocon hermétiquement clos des plus galériens, traitant comme ennemis les plus soumis, les plus garants de l'injustice, sans s'apercevoir qu'ils en étaient tous au même degré de torpeur, de soumission aux conditions existantes, de différenciation.

De quel nouveau monde en construction pouvaient-ils parler ? Leurs aventures pourraient-elles apparaître par la suite comme autre chose ou plus que d’éphémères expériences libertaires ; une valorisation de leur posture sociale imposée par les maîtres des vies et des souffrances ? Arthur les regardait, se voyait, en aurait pleuré.

A quoi avait donc bien pu servir cette conscience humaine ? Quelle force souterraine et incontrôlable gouvernait le massacre et la barbarie ? Pourtant régulièrement des quatre coins du monde des foules se soulevaient pour réclamer le droit de vivre en paix collectivement et se faisaient repousser, matraquer, arrêter, emprisonner

Pourquoi Arthur avait-il aimé celle qui partait avec la moto ? Pourquoi avait-il aimé celle qui voulait être célèbre et riche ? Pourquoi était-il là, seul et triste ? À quoi donc était-il bon ? Une planète grouillante au milieu des milliards d’étoiles, il était insignifiant et cela n’avait pas de sens, il n’avait pas de vie, pas d’avenir, pas de force.

Il n’était jamais parvenu qu’à enrichir son malheur initial de mille trouvailles plus amusantes les unes que les autres ; toutes ces luttes menées n’avaient rien donné d’autre que le souvenir de ce qu’elles avaient été ; toutes les situations s’étaient dégradées, le monde restait sauvage aux mains de sanguinaires sans vergogne.

— Y aurait il une obligation au génocide chronique et à l'abandon indifférent des espèces à leur souffrance ? Ce comportement avide de puissance destructrice ferait partie absolument des gènes de l'univers ? Dominique, je ne le crois pas, je ne veux pas le croire, je crois en nous ; nous sommes misérablement englués dans des fantasmes de grandeur, chacun en fonction de ses possibilités désirant être plus, en avoir plus, accéder à l’infâme privilège de se croire meilleur, d’avoir mieux compris, de se croire plus efficace, de s’imaginer avoir fait de meilleurs choix.

Était-ce la conséquence adaptée à l'humain de l’instinct de conservation commun à toutes espèces vivantes ? Combattre pour exister, se croire le seul, l’unique, même imperceptiblement, même sans en avoir conscience ! Comment stopper cela – était-ce possible, était-ce souhaitable – cette compétition guerrière ?

Ne serait-ce pas la mort ? N'était-ce pas une mort, un refus de vivre ? Il appliquait cela à lui-même et à ses compagnons ; ils se condamnaient à subir les délires de domination des autres. Ils n’allaient tout de même pas s’extraire du monde, comme ces sectes dénoncées dans les reportages ; comment correspondre avec les autres damnés ?

 

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