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Publié par Christian Hivert

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Bertrand Schwartz était l’un de ces cadres noirs descendants d’Uriage, lui-même familialement lié aux noms les plus connus du personnel politicien le plus courant, Arthur n’avait pas d’avis là-dessus, il fallait bien gérer les difficultés de l’histoire, l’emploi salarié disparaissait, le chômage explosait.

Les jeunes de banlieue, sans être complétement stigmatisés et ostracisés comme de nos jours, étaient malgré tout en train de manipuler la flamme ardente de leur désœuvrement sur la marmite explosive de l’indifférence générale, politique et syndicale et de la désintégration des classes sociales.

Tu seras flic ou voyou prétendaient inlassablement les fictions cinématographiques les plus répandues. Ainsi fut au prélude une caserne désaffectée de l’armée de l’air. Une dizaine de bâtiments et de hangars, sans eau ni électricité, pillés de leurs matériaux. Une expérience sociale d’État.

A l’origine de la renaissance de cette friche, « quinze jeunes de banlieue entreprenants, créateurs, comme ils se définissent eux-mêmes, prenaient l’initiative d’ouvrir ce squat pour changer leurs conditions de vie, d’habitat et de travail ». La « prise » de la caserne a eu lieu en juillet 1981.

Aujourd’hui encore, ses auteurs se réfèrent à ce qui inspira leur démarche : le rapport de Bertrand Schwartz sur « l’immersion professionnelle et sociale des jeunes », qui préconisait notamment d’encourager « des expériences en matière d’habitat de nature à accroître l’appropriation de l’espace »

Pourquoi un tel soutien à cette occupation se prétendant sauvage ? Plusieurs banlieues s’étaient déjà enflammées, les cadres ont estimé qu’il existait un équilibre social à préserver, « un creuset de pistes, de réponses, important pour les institutions confrontées à la révolte des jeunes dans les cités »,

Cela est fort bien écrit dans de volumineux rapports ni lus ni connus de la majorité des habitants et de leurs représentants issus des voies électives. Par quel biais quinze jeunes habitant la banlieue et nantis d’un bagage culturel et social plus élevé que le « jeune de banlieue » portent-ils ce rapport en étendard ?

Ainsi se présentait cet espace abandonné de 12 000 mètres carrés, un village dans la ville de Ris-Orangis (Essonne), en bordure de Seine, à deux pas de la gare. C’est depuis devenu un village de 70 habitants comptant 45 emplois, avec plusieurs vagues d’occupants et de projets.

Des associations (accueil d’adultes handicapés, création de spectacles, par exemple), un café musique, des salles de concert, des studios d’enregistrement, un centre d’hébergement d’urgence, ainsi que de nombreux ateliers d’artistes, toutes ces activités dans un projet d’ensemble associatif. 

Cette expérience charme et abasourdi le visiteur tant elle ne s’inspire d’aucun modèle vu ailleurs, tant elle évolue chaque jour au gré des énergies et des projets, des conflits et des espoirs. Un objectif permanent se dégage toutefois : vivre et travailler ensemble dans un site autogéré collectivement

Les loyers s’élèvent en moyenne à 600 francs mensuels en 1985 pour des pièces hangar de plusieurs dizaines de mètres carrés. Mais, « plus que de donner du travail, il s’agit pour chacun de créer son emploi », déclareront les cofondateurs, une recherche d’autonomie qui s’appuie sur l’échange d’expériences.

Beaucoup ne déboulaient dans ces lieux que pour l’opportunité d’utiliser le coûteux matériel de répétition de musique et les locaux dont tous étaient démunis. Sortant des délires incontrôlables les ayant fait vibrer à U.S.I.N.E., et jetant leur crête aux orties, des punks y deviendront les Négresses Vertes.

En deux ans, de la revendication de l’émeute prolétarienne généralisée et de l’avant garde illuminée du prolétariat décomposé, sous la houlette de jeunes nantis brillant d’études et de bons conseils de hauts cadres avisés, un lieu va devenir emblématique de la confusion naissante d’un mouvement.

A l’ouverture des lieux, négociés patiemment par l’entremise de hauts cadres de la Protection Judiciaire de La Jeunesse, l’un de ces jeunes avait travaillé cinq ans dans une entreprise en tant que dessinateur industriel. II jouait aussi de la musique dans son pavillon de Vigneux. Loin des grands ensembles.

Jusqu’au jour où un voisin, excédé par le bruit, a sorti son fusil...il fallait nécessairement plus grand, beaucoup plus grand, si grand que 500 ou 800 personnes habiteront le CAES, la plupart en prix de journée de la Dass, 60 francs, sous couvert des comités de probation de sortants de taule en série.

D’autres par le biais d’hébergement d’urgence par l’entremise des missions locales pour l’insertion,, créations du même haut cadre talentueux déjà cité, Monsieur Schwartz, pour des périodes variant de trois jours à onze ans, et souvent en prix de journées de 60 francs, une habitude constructive.

Il en résulte un mélange de profils et de motivations. Au CAES plusieurs entreprises sont montées, une réalisant des travaux acrobatiques sur des bâtiments de style travail de plomberie à la corde à nœud, une autre fabricant des murs d’escalade, qui seront loués au G.I.G.N. pour leur entrainement. 

Cette entreprise a si bien marché - elle a salarié jusqu’à 25 jeunes en même temps et a réalisé un chiffre d’affaires de 3 millions de francs en 1990 -  que les militants en ont pris peur et l’on stoppée. Ils s’intéressaient plus aux activités intermittentes avec un bon statut de chômage la moitié du temps.

. « On a besoin de nous, diront les cofondateurs. Il faut prendre en compte le coût de la délinquance évitée pour des jeunes qui, s’ils ne vivaient pas avec nous, sèmeraient peut-être l’agitation dans les banlieues. Et tout ce travail social, nous le faisons sans aucune subvention. »

Quelques prix de journées plus tard, à force de crouler sous le fardeau ingrat des tâches administratives et de comptabilité, le projet initial du centre de formation et de recherches de l’éducation surveillée de Vaucresson fit place à une maffia de dealeurs moins férus de paperasse et plus de rapidité d’échanges.

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