Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Ne peut être vendu

écritures

la vie s'écoule la vie s'enfuit

 

Texte libre d'acces

 

Romans (Kahina, Destin majeur, De l'autre côté de la rivière, Ne peut être vendu)

Assemblée

Les mémoires d'un poilu de 14, par Gaston HivertLes mémoires d'un poilu de 14, par Gaston Hivert

brochure-comite-des-mal-log-s-1991Comite des Mal Logés:1991

DAL : les mensonges Dal : les mensonges

Les liens Opac du DAL Les liens Opac du DAL

 Réquisitions inflammables Réquisitions inflammables

NE-PEUT-ETRE-VENDU.doc NE PEUT ETRE VENDU:1984

de-l-autre-c-t--de-la-rivi-re.site.pdf De l'autre côté de la rivière

Pierre Selos

Les-cons-sont-la.mov Les-cons-sont-la.mov

19 Tout s'arrange Tout s'arrange

06 Piste 06 12 Deux

Quinze-ans.m4a Quinze-ans

Mon amour Mon amour

        Le passage, élté et Pierre

Possible n°9 Possible n°9

Bertrand Louart..etc

QECSI.pdf Quelques Elements d'une Critique de la Société Industrielle.pdf

Guerin-Pour-le-communisme-libertaire Guerin-Pour-le-communisme-libertaire

libre service

Publié par Christian Hivert

mitterrand-et-pc3a9tain.jpgDepuis l'élection du pétaino-resistant de la bourgeoisie collabo, les révoltes urbaines se multipliaient et sous l'impulsion de Toumi grièvement blessé par un policier deviennent le mouvement de la marche pour l’égalité et contre le racisme dans les pas de celle de Gandhi ou celle de Martin Luther King, un espoir et une récupération.

Partie de Marseille, elle traverse la France, relayée par nombre de militants et de collectifs autonomes. Son arrivée triomphale, 100 000 personnes à Paris, marque un tournant dans l’histoire du mouvement des jeunes, sortis des ombres ghettoïsés de leurs habitats insalubres et indécents, menant et gérant eux mêmes leurs luttes.

Les plus jeunes d'entre eux relèvent fièrement la tête, veulent rompre avec l'esprit de soumission apolitique de leurs pères, jusqu'alors il n'y avait eu de lutte collective qu'autour des problèmes de loyer dans les foyers Sonacotra. C’est le coup de cœur des médias pour les Beurs, le nouveau surnom des immigrés et de leurs enfants.

A l’origine de cette initiative se trouvent les affrontements entre la police et les jeunes aux Minguettes, d'autres initiatives plus réduites comme les Rock Against Police avaient eu lieu avec une audience plus limitée et très territoriale, générant des affrontements momentanés montés en épingle par la police et les journaux.

Le gouvernement bourgeois de la rigueur est surpris, pris de court par le succès de la marche et la crainte de voir se constituer un mouvement social autonome de jeunes de la seconde génération ; il se trouve dans la contrainte de donner une reconnaissance institutionnelle tardive à la marche, sous l'angle de l'immigration.

Et, à l’arrivée à Paris, Mme Georgina Dufoix, ministre des Affaires sociales, annonce la création de la carte unique de dix ans, alors que le tournant social-libéral prive un peu plus le gouvernement collabo de la finance de sa légitimité sociale, y compris dans ses bastions ouvriers traditionnels et multi-ethniques.

Alors le futur génocidaire reçut les anciens responsables des organisations syndicales étudiantes et pria Harlem Désir de réfléchir à la récupération du mouvement. Ainsi seront posées les bases d’un projet politique d'encadrement et de sécurisation des révoltes de jeunes des quartiers, SOS-Racisme, des concerts massifs gardiennés.

Cela permit en tout premier lieu de considérer des révoltes sociales légitimes et populaires uniquement sous l'angle de l'origine ethnique de ses intervenants, en mettant en avant le statut du travailleur immigré, alors que tous ces jeunes mécontents étaient nés en France et ne trouvaient ni travail ni logements, n’avaient pas de droits.

Ce que d'aucuns perdurent à nommer la gauche, ou à affubler de terme historiquement connoté en faveur des droits des travailleurs comme socialiste, n'était en définitive que le projet le plus abouti de l'ancienne Cagoule fasciste du grand patronat, diriger les organisations de défense de la classe ouvrière pour soutenir la Bourgeoisie.

Ils détournèrent la fin et les moyens, organisant confusion sur confusion, depuis ce fantastique coup d'État ayant eu la faveur populaire massive des fêtes de la Bastille ; ceux qui critiqueraient la gestion dictatoriale des affaires de l'État en fonction des intérêts exclusifs de la finance mondiale seront traités de fascistes.

Or comment désirer discerner une justesse quelconque, particulière ou commune, en niant une fraction capitale de ce qui nous dirige, nous inspire, nous ordonnance et nous manipule. Arthur ne voyait pas de besogne plus impérieuse que de déchiffrer ; se désencadrer, glisser vers l'autonomie, briser le monde enchainé, leur monde.

Cela l'angoissait terriblement, ses dernières visites familiales lui avaient ouvert les yeux sur l'abîme insondable séparant la réalité des réprouvés, avec lesquels il avait marié sa vie, de la frénésie de consommation et de l'indifférence futile de ceux qui s'ébattaient dans le monde de la vie familiale des travailleurs, l'Autre monde.

Comme si tout cela n’avait aucune séquelle ni sur les psychés ni sur les affects, n'atteignait pas les façons de vivre, de rêver, de se fonder. Comme si tout cela composait un assortiment de données moins appropriées que, par exemple, le rapport intellectuel des dépossédés dans leur relation au travail ou l’authenticité profonde des hommes.

Comme si l’on savait avec science partager dans l'intimité des individus ce qui vient de l’individuel et ce qui a trait au social ; les mots le noyaient de maux, les maux n'avaient de mots. Les classes moyennes, les classes populaires, le majoritaire. Les banlieues, la campagne, le pavillonnaire, les grands ensembles, les lotissements…

Il s'exténuait à se perdre, courant de ses pas fourbus dans d’improbables sentiers sans gloire. La vie commune, les lieux communs, le combat ordinaire, le manque d’argent, le chômage, la précarité, la pauvreté. Que pouvait il faire, juger, soupeser, agir, que comprenait il, à quoi était-il utile ?

—   Si tu avais fait des études !

—   Tu plaisantes toujours en vrai ? sacrée Dominique.

Les déchéances, la disjonction sociale, le refoulement, les fabriques, les administrations, les hypermarchés, l’ANPE, les hôpitaux, les écoles, les rond-points commerciaux, les hangars industriels, les bétons défavorisés, et le machinal de la vie administrant tout un chacun :

—   Tout cela manque tellement de chic ma Dominique !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article