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Ne peut être vendu

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Publié par Christian Hivert

PRELAP82r.jpgCertains avaient ouvert ou fréquenté des squat autonomes faisant partie de la dernière vague d'expulsion en 1983 et 1984, notamment un grand appartement dans les quartiers les plus chic de Paris, rue Paul Baudry, devenu une référence dans leurs mémoires ; beaucoup venaient du même lycée, le Lycée Autogéré de Paris.

À l'origine, les initiateurs de cet établissement parlaient d'un lycée autogéré « à »  Paris et cette précision sonnait comme un encouragement à la propagation. Et puis, ce qui allait devenir avec quelques hésitations le Lycée Autogéré « de » Paris, a ouvert ses portes sous le nom de Centre expérimental, ou de centre expérimental autogéré.

Être désigné comme centre expérimental situe à première vue chaque établissement dans le domaine de la recherche. Si le lycée autogéré de Paris pouvait apparaître comme un laboratoire, alors quelles étaient les recherches menées dans ce laboratoire ? Les élèves étaient-ils la matière observée d'une recherche appliquée.

C'était une tentative de mise en application du modèle d'Oslo décrit dans le livre « Un lycée aux lycéens ». Le livre, paru à la fin de 1975, relate l'expérience norvégienne d'un lycée équivalent de nos lycées de second cycle, cogéré par les élèves et les professeurs. Pierre Selos avait souvent parlé à Arthur du montage de l'expérience.

La revue Possible dont il était le directeur de publication relatait les assemblées générales de préparation du projet au nom de la promotion des écoles et lieux de vie différents. Les élèves et les enseignants se trouvaient en situation de recherche impliquée puisqu'il fallait tâtonner, tester ce qui n'existait pas auparavant.

Les caractéristiques scientifiques de l'expérimentation étaient accentuées par l'intégration dans un dispositif d'évaluation au sein duquel se trouvaient des chercheurs reconnus. Possible tentait d'éclairer les aléas négociateurs nécessaires pour un agrément avec un Gouvernement enclin à encadrer pour contrôler, dont tous se méfiaient.

L'expérience est finalement agréée et démarre dans des locaux de fortune, les sous-sols du Lycée François Villon dans le 14ème en Septembre 1982, sous le ministre de l'Éducation nationale Alain Savary, de quoi donner quelques gages aux soutiens autogestionnaires du Gouvernement, la rigueur ne s'imposait pas encore.

Des enseignants et des jeunes, pour certains en rupture avec le système éducatif traditionnel, en sont les fondateurs, parmi les initiateurs sont Jean Lévi et Bernard Elman. Le LAP s'adresse à des adolescents et de jeunes adultes, âgés de 15 à 21 ans, cherchant une alternative au système éducatif ordinaire, recalés ailleurs.

Il n'était pas possible à Arthur de connaître avec précision la provenance de tous les allés et venants du squat, de confidence des uns sur les autres en confidences de certains sur eux-mêmes, Arthur redressait une cartographie sociale des différents intervenants, avec ses manques, ses incertitudes et ses troublants entrelacs.

Myrtille était probablement la personne se trouvant la plus proche de la situation de Mendes par rapport aux institutions scolaires : elle les fuyait beaucoup ; mais elle appartenait à une classe sociale à l'esprit novateur et encline à l'expérimentation sociale, cette fin de siècle n'avait pas encore validée l'appellation de Bobo.

Beaucoup de ceux, dont l'intégration majeure dans le système de l'oppression, de la domination et de la dépossession, ne pouvait faire de doute, se donnaient l'illusion d'une sorte de despotisme éclairé, porteur de projet subvertissant le système de l'intérieur et susceptible d'amener une mutation sociale sans le risque du peuple.

Ce qui voulait dire que tous étaient abonnés à Actuel et à Libération et qu'il se fouillaient les méninges pour donner à leur envie de ne rien transformer – de ce dont ils profitaient outrancièrement – l'apparence d'une nouvelle liberté ; autant dire que Myrtille était seule, livrée à elle même : ils ne s'apercevaient jamais de sa disparition.

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