Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Ne peut être vendu

écritures

la vie s'écoule la vie s'enfuit

 

Texte libre d'acces

 

Romans (Kahina, Destin majeur, De l'autre côté de la rivière, Ne peut être vendu)

Assemblée

Les mémoires d'un poilu de 14, par Gaston HivertLes mémoires d'un poilu de 14, par Gaston Hivert

brochure-comite-des-mal-log-s-1991Comite des Mal Logés:1991

DAL : les mensonges Dal : les mensonges

Les liens Opac du DAL Les liens Opac du DAL

 Réquisitions inflammables Réquisitions inflammables

NE-PEUT-ETRE-VENDU.doc NE PEUT ETRE VENDU:1984

de-l-autre-c-t--de-la-rivi-re.site.pdf De l'autre côté de la rivière

Pierre Selos

Les-cons-sont-la.mov Les-cons-sont-la.mov

19 Tout s'arrange Tout s'arrange

06 Piste 06 12 Deux

Quinze-ans.m4a Quinze-ans

Mon amour Mon amour

        Le passage, élté et Pierre

Possible n°9 Possible n°9

Bertrand Louart..etc

QECSI.pdf Quelques Elements d'une Critique de la Société Industrielle.pdf

Guerin-Pour-le-communisme-libertaire Guerin-Pour-le-communisme-libertaire

libre service

Publié par Christian Hivert

12_ZInvincibles_II.jpgArthur sortit du 67 radicalement éméché et prolongea ses ivresses dans la dérive pédestre des rues de Montreuil. Il n'avait pas trop envie de se confronter à nouveau à Ricks. Celui-ci devenait de plus en plus désagréable et il lui semblait impossible à satisfaire. La polémique s'enflait, les prolos étaient des salauds de pauvres avachis et soumis.

Arthur croisa la rue menant à son squat, par l'arrière, à l’opposé de l’imprimerie de la LCR — Krivine n’avait jamais voulu les voir —, un chemin qu'il ne connaissait pas. Le nouveau comité se promettait d'être coton à constituer. Les maliens étaient d'accord, des Autonomes filaient la main. La permanence serait au rez-de-chaussée de l'immeuble.

En arrivant aux abords du squat, Arthur songeait à glisser vivement sans signaler sa présence et filer chez Fernand — qu'il n'avait pas vu depuis longtemps et voir avec lui l'opportunité d'un article dans l'Huma —, lorsqu'ils les entendit pérorer. Allons s'ils étaient là Ricks se ferait plus petit, ne pourrait ses manigances, la soirée serait agréable.

Dominique Premier se tint les côtes :

— Voilà ta mesure, ton pote Charly et sa ration d'alcool !

— Les nuits rhénanes ma chère…

— Bien sûr Arthur !

— Les paradis artificiels !

— Que de références !

— Pour un vin trembleur dans tes flammes…

— Oui Arthur, la littérature a bon dos !

— L'or des nuits et tes éclats de rire…

Par la fenêtre du rez-de-chaussée Arthur eut l'idée de ce qui l'attendait pour l'aider à finir sa nuit d’ennui et à renouveler son ivresse chercheuse. La petite table de la pièce commune de dix mètres carrés du rez-de-chaussée du pavillon ouvrier était couverte de cadavres de bouteilles de toute sortes ; des alcools forts aux sages canettes de bière.

Arthur se posa les coudes sur la rambarde extérieure et passa la tête par la fenêtre ouverte. Le débat était terriblement animé. Ils mirent un certain temps à le repérer. Arthur s'amusait bien. Les échanges étaient vifs et souvent très drôles. Les pires engueulades se finissaient en éclats de rire : c’étaient ses potes du tour de l’Europe des Autonomes.

— Arthur ! beugla Charly. Viens Arthur, mon pote, comment ça va, viens avec nous rentre…

Le volume des échanges verbaux diminua le temps que Arthur fasse le tour des embrassades, toute la bande était là. Ils s'étaient rencontrés vers la fin du squat USINE, avaient bourlingué depuis, sympathisé ; s’étaient engueulés, embrassés, pas quittés.

C'était avec eux que Arthur passait ses moments de détente les plus aboutis. Tout était fou et joyeux avec eux. Ils avaient parcouru l'Europe des squats et des contestations. Arthur par ses réseaux avait les adresses d'hébergement et de regroupements radicaux, eux fournissaient la logistique de transport ; tous faisaient la foire tant et plus.

Arthur ne sut jamais compter le nombre de cuites et de dérives absurdes menées ensemble. Ils se plaisaient, goûtaient à se retrouver, réunionnaient ivres d'aventures combattantes, de manifestations jouissives et d'irrépressibles révoltes. Ils étaient frères de destin, compagnons de route, se racontaient leurs déroutes et leurs espoirs.

Arthur s'attabla et mit rapidement fin à leur différence d'alcoolémie. Cela les rendait euphoriques, proche du vrai, débridés comme jamais. Les nuits étaient invincibles et les matins peu glorieux. Arthur vivait là son défouloir personnel et échangeait les informations les plus propices à faire fonctionner les luttes, s’épanouissait.

Lorsque le tumulte prit fin, les joyeux convives partirent se reposer dans leurs repères — sauf deux possédant une voiture en état de rouler — ; Arthur finit avec eux d'écluser quelques bières superflues, puis ils eurent envie de se dégourdir les jambes :

— Je peux venir avec vous ?

— Bien sûr Arthur !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article