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Publié par Christian Hivert

images-copie-8.jpgSur la cassette tournait d’autres titres de cette époque et personne n’était en mesure de dire où cela avait été enregistré – il y était question de petits agités ou de chromosome y – ; les bandes se rejoignaient, « Les Endimanchés » en slip kangourou, tous les acteurs du clip de chez le dentiste des « Lukrate Milk », et Krad au grand cœur.

Krad – dit Philippe pour ceux qui le connaissaient mieux – était un gars simple qui rentrait par une imposte de l’arrière du squat, à peu près tous les matins vers l’aube quand le gris du ciel poignait ; avec parfois les premiers rayons dorés, il grattait comme un chat gris en fin de nuit, pour réveiller celui qui lui ouvrirait, il n’avait pas la clé.

Personne n’avait la clé du squat, c’était une mesure de sécurité non votée dont Arthur n’aurait su refaire l’historique et qui ne posait vraiment de souci à personne : il y avait toujours quelqu’un de présent dans les lieux ; en cas de besoin l’unique exemplaire de clé, ramassée au sol par Arthur avant l’ouverture, pouvait servir.

Krad était le seul à procéder de la sorte, c’était un habitant qui se couchait après avoir mangé lorsque d’autres se levaient et mangeaient avant de partir à leurs occupations. Krad interrogeait les nuits du monde à l’infini, elles n’étaient jamais assez longues, jamais assez belles. En tirait-il un revenu, il était très discret, c’était sa vie.

Arthur appréciait sa discrétion presque timide et mesurée dans toute opportunité : il n’était pas seulement modérateur, il était simple et franc ; les envolées lyriques des exploits, racontés jours après jours dans ces murs graffités de dessins de fanzines, le laissaient la plupart du temps coi si ce n’est dubitatif, et c’était un noceur.

Affublé de son masque à long nez il faisait partie des choristes réguliers du groupe, et son nom ni son surnom ne serait jamais retenu par la suite dans l’épaisse documentation de témoignages se voulant tous les plus actifs de l’épopée, mais Arthur se souviendrait toujours de sa prestance et de son efficacité discrète.

Était-ce sa bonne connaissance des arts martiaux ? Il avait la réputation d’être ceinture noire d’un de ces arts là, mais n’en faisait jamais état lui-même ; il ne se mettait jamais en avant : il passait adroitement derrière les histoires les plus tumultueuses pour les calmer, leur redonner un sens cohérent avec l’aventure collective.

Ce qui bien souvent n’était pas vraiment simple, trouver le bon moment pour prendre quelqu’un à part, une fois les scories de la colère retombée, et décortiquer une possibilité de raison, de bonhomie, de fatalité, il connaissait les cœurs humains et ne les magnifiait pas, ne s’en faisant ni complice ni juge, accompagnant les accalmies.

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