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Publié par Christian Hivert

voyage-au-temps-du-roi-Arthur-a32502576.jpgLe temps d’Arthur n’avait plus la moindre dimension historique, tout s’embrumait dans une suite d’évènements époumonés sans chronologie ni hiérarchie ; il s’efforçait d’être toujours sur le pont et d’assurer le minimum de suivi entre les évènements, les gens, les histoires, son histoire, ses clans, sa famille, ses amis.

Autour de cette nouvelle architecture de sa vie, parmi les zonards exclus de toute vie, les zonards politisés, les brisquards beaux parleurs et inactifs, s'étendait pour lui tout le champ de la société organisée. Et il semblait à Arthur  faire partie d'une nouvelle vague impressionnante et fidèle, de ceux qui laisseraient de solides traces.

Les anciennes colonies appelées département d’outre mer – par décence démocratique et hypocrisie républicaine – bouillaient ; les colons les plus ouvertement racistes et meurtriers commettaient exaction sur exaction sur les peuples canaques et antillais  et les forces armées dirigées par le Cagoulard président finissaient leur travail.

À Hienghène dix paysans de Tiendanite sont misérablement et lâchement assassinés au cours d’une embuscade tendue par des colons surarmés contre des gens sans défense : cela ne sera jamais condamné ; le crime républicain enterrait toute les valeurs comme cela fut toujours de coutume concernant les colonisés.

Alors le collectif USINE avait préparé et suivi avec le collectif antifasciste de Montreuil et d’autres regroupements la journée internationale de solidarité avec le peuple kanak : faisant jouer leurs réseaux, battant le rappel de leurs troupes. À Paris il y eut 5000 personnes, à Nouméa  3500 pour la « Case de la Paix ».

Ils étaient en relation permanente avec les réunions locales de l’AISDPK sur Paris – Association d'information et de soutien aux droits du peuple kanak – et organisaient réunions ou meetings d’information à la bourse du travail de Montreuil, avec des films représentant la situation des luttes sur place et des intervenants engagés.

Eloï Machoro avait déjà laissé son nom au bas de la longue liste des valeureux résistants au cœur juste et assassinés sans considération par ces mêmes forces et personnalités se référant continuellement à des valeurs que le Borgne baroudeur foulait allégrement dans sa fange Bleu Blanc Rouge : tout était inversé, le meurtre était liberté.

Le Borgne n’avait d’autre rôle ou pouvoir que de faire croire qu’il existait plus grand danger pour les peuples que de subir le joug massacrant des ordures gérant le pays pour le compte des entités financières les plus ouvertement génocidaires et les plus toxiques de tous les temps pour la vie, la santé et la survie de tous.

La Guadeloupe de son côté était placée en situation insurrectionnelle. Deux mouvements concurrents et néanmoins solidaires bataillent sur le terrain : le MPGI et le MPLG –  Mouvement Pour une Guadeloupe Indépendante et Mouvement Pour la Libération de la Guadeloupe – ; ils furent vainqueurs et ils furent vaincus.

Bien que de nombreuses connections existât entre tous les révoltés et les restes de révolutionnaires, les destins des uns n’étaient appelés à rejoindre les destins des autres. L’organisation secrète des manipulations d’État en décida autrement. Camille Salo était un très bon infiltré, son frère faisait parti du MPLG.

Camille Salo depuis des semaines tentait vainement de subvertir les esprits les plus chauds et les moins informés du squat USINE sur l’utilité d’abandonner les méthodes de luttes traditionnelles, tracts, affiches, réunions, meetings d’information, s’il faut des armes ou des explosifs je sais comment en trouver, il faut agir !

Arthur se mit en quête de l’historique de ce trublion inconvenant, en passant par les réseaux de militants ; il avait été vu à Lille dans les regroupements révolutionnaires et anarchistes, avait été écarté avec raison de toute action ; du territoire de Belfort également on conservait de lui le souvenir d’un provocateur très trouble.

Arthur fit donc le tour des regroupements et collectifs militants. On le vit à Strasbourg Saint Denis au squat de Chappe, journaliste à l’AFP et organisateur des activités de « Molotov et Confetti », fanzine radical fédérant autour de sa personne et de ses possibilités financières les anciens du CAO devenus raya du groupe Bérurier Noir.

Il y fut reçu par Quinette dont personne à l’époque ne pouvait soupçonner les liens filiaux avec un ponte du Parti Communiste Français, tant elle mettait d’ardeur à se faire connaître comme soutien officieux aux résidus de l’aventure guerrière plus tard révélée par la dénonciation en haut lieu des manipulations du réseau Gladio.

— Ne t’en fais pas Arthur ! – elle l’avait entrainé sur le balcon en refermant la porte fenêtre derrière elle en grande professionnelle de la clandestinité – nous avions déjà des doutes sur lui, nous le surveillons discrètement ! elle ne lui dit pas ce jour là qu’il sortait déjà avec la sœur de Joëlle Aubron en cavale ; il ne le sut que plus tard.

Ainsi, au bout de quelque semaines Arthur avait eu l’impression d’avoir fait correctement son travail de militant vigilant ; les forces policières étaient à l’affut de la moindre bévue pour saboter leur travail constant d’information et de rassemblement de consciences nouvelles. Il avait lu « Le guide du militant » de Denis Langlois, était averti.


 

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