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Ne peut être vendu

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Publié par Christian Hivert

sticker5TS-724x1024.jpgLa fameuse bande des Halles avec Farid, ce n'était pas une autre bande son ennemie, c'était la drogue. A ce même moment où les grands squats historiques du 20ème ont été expulsés – Était ce fait pour ? –, ils furent atomisés, réduits, fut brisée le peu de solidarité clanique résiduelle : les Cascades, les Vilins, Palikao ; fini les Halles : leur trou.

Les musiciens de cette époque avaient à peu près tout fait pour être en échec, pour ne pas tourner, pour pas arriver aux rencards, pour ne jamais avoir les maquettes, pour effrayer les tourneurs de salle, avec comme mot d'ordre : Jamais de confiance à quelqu’un de plus de trente ans, sinon, ça ne sert à rien d’être un rockeur !

Mais il n'y avait pas de clivages et d'embrigadement politique, jusqu'en 1981, avec l'arrivée de la gauche, c'était bien vu. Pour tous, ils étaient Skins, ils pouvaient être blanc, beur, métis : ils étaient Skins, et avec S.O.S. Racisme le gouvernement redorait le blason du baroudeur borgne et foutait la pagaille dans leurs rangs.

Aucuns ne militaient politiquement : ils n'étaient pas des Skins militants, ils étaient des citoyens lambda ayant fait tant d'années d'armée, demandaient un toit pour leur famille et s'étaient vu refusés car non prioritaires. Le gouvernement disait qu'il fallait faire des enfants, aider les jeunes, et ils les divisaient ne parlant que de racisme.

Répondant le plus facilement du monde à :

— Touche pas à mon pote ! par un ambigu :

— Les Français d'abord ! alors qu'auparavant ils étaient tous pauvres et nés en France.

Et le tour de passe-passe fonctionna à merveille : les Skins militèrent, non pas contre l'étranger, mais contre les corrompus et menteurs au pouvoir.

Les groupes de musique de rock punk travaillaient ensemble et comme La Souris Déglingué avaient un public Skin, ils leur firent chanter :

— Nous sommes tous des étrangers !

C'était un beau pied de nez, et une façon de dire qu'il y a le droit à la différence, dans le respect. Et beaucoup de Skins firent le gros des troupes du FN.

Certains pour beurrer leur tanche de pain se firent embaucher par les service de sécurité des grosses boites à concert, style KCP ce qui acheva la dissociation ; ils se retrouvèrent en compagnie de Hells Angels patibulaires à contrôler l'arrivée et le départ des bandes de leurs anciens potes, sous les quolibets et autres crachats.

Beaucoup étaient Skins parce qu'ils voulaient exister en étant autre chose que ce que la masse leur proposait, parce qu'ils étaient anti-establishment et qu'ils rejetaient les valeurs telles qu'on voulait leur faire manger. De nos jours le mouvement Skin est si varié que tous ceux arborant un look skin n'ont pas de choses en commun.

L’ouverture du squat USINE, 85-86, avait correspondu au moment où la première génération de Skins – l’équipe des Halles, Farid, Pierrot, etc. – commençait à lâcher le terrain, pour plusieurs raisons, les principales étant la came et  la vague venue d'Angleterre de la récupération des mouvements Skins par des nationalistes.

Alors les petits Punks étaient perdus, couraient beaucoup, arrivaient essoufflés avec plein d'aventures à raconter, d'itinéraires de métros à s'échanger, à telle station, il y a telle bande, les prénoms des ogres les plus méchants des Skins étaient lâchés dans un murmure, les frayeurs renvoyaient aux enfances pas encore congédiées.

L’existence même des bruissements, des conduites, des perceptions, des modes de relation entre les êtres empruntés au jeu social et à sa conflictualité, leur complexité inhérente, semble voilée et délogée du pâturage sociétal et politique. Et Snuff pérorait, frimait, épatait les petits Punks, faisait le grand frère, rackettait gentiment.

 

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