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Publié par Christian Hivert

L’histoire de l’explosion de la gauche

 

La question de l’allégeance des principaux partis de gauche occidentaux au néo-libéralisme ne peut pas s’expliquer simplement par la trahison de ses élites. Chaque mouvement politique doit en effet s’appuyer sur une base sociologique forte, s’il veut espérer jouer un rôle important dans le futur. La question de l’effritement de la base sociologique des principaux partis de gauche occidentaux ayant permis la mise en place de systèmes sociaux pendant les « 30 glorieuses » se pose donc. Le professeur Eric Hobsbawm nous livre sa version des faits.

 

Le destin de la gauche est indiscutablement lié à la classe la plus représentative des combats sociaux qu’est la classe ouvrière. Le déclin de la gauche doit donc être mis en parallèle avec celui du déclin de la classe ouvrière. Statistiquement Eric Hobsbawm montre que le nombre d’ouvriers a commencé à décroitre dans les pays occidentaux à partir du début des années 80. Cette période correspond assez bien à la prise de pouvoir de dirigeants néolibéraux à la tête des principales puissances occidentales. Il est cependant précisé que ce déclin a commencé dès le milieu des années 60 aux Etats-Unis.

 

Le déclin de cette classe ouvrière n’est pas uniquement lié à l’aspect quantitatif mais également à l’émergence de nouvelles industries et de statuts différenciés. En réalité les grandes industries minières, sidérurgiques ou textiles ont quitté les grands foyers industriels occidentaux ou se sont réorganisées. Ainsi de vastes mouvements de délocalisation ont transféré des unités de production telles que les industries textiles de masse de l’occident vers des économies émergentes. De plus les industries ayant perduré sur le territoire se sont restructurées en des industries plus petites et éparpillées sur le territoire.

 

En conséquence, les grandes industries de masse construites autour d’une chaîne de production ont progressivement disparu. Elles étaient pourtant le fondement même de la puissance du mouvement ouvrier soudé par l’unicité de leur lieu de travail et de leur lieu d’habitation en un mot par leur condition. L’amélioration de ces conditions de vie ne pouvait passer que par le mouvement collectif.

 

L’individu n’était rien sans le groupe. C’est ainsi qu’était né la conscience de classe qui avait permis de nombreuses avancées sociales. Mais au-delà, la vie ouvrière devait être essentiellement publique tant l’espace privé était confiné. Le groupe était l’occasion de profiter des plaisirs de la vie, qu’il s’agisse des bars, des soirées dansantes ou plus tard des matchs de football retransmis à la télévision. La force du militantisme et du syndicalisme était basée sur cette conscience collective.

 

Malheureusement, le progrès technologique contribua à détruire cette conscience de classe. La société de consommation permis à de nombreux ouvriers de s’offrir une radio et une télévision, ce qui permit de rendre plus attractive la vie privée et par conséquent à affaiblir la vie collective. Les ouvriers commencèrent à se demander s’il était utile de se déplacer jusqu’au bar pour regarder un match qu’ils pouvaient voir de chez-eux. Mais l’un des principaux coups porté à la classe ouvrière est certainement lié à l’automatisation de l’industrie.

 

Ainsi les tâches effectuées par les ouvriers non qualifiées commencèrent à être exécutables par des robots, ce qui fragilisa la situation de ces derniers. Ainsi, une scission commença à apparaitre au sein même de la classe ouvrière.

 

Les ouvriers les plus qualifiés et les contremaîtres voyaient leur situation continuer à s’améliorer et se laissèrent séduire par les thèses néolibérales proposant de réduire le système de protection sociale afin de payer moins d’impôts. Avec le recul du syndicalisme, les inégalités entre ouvriers non qualifiés et ouvriers qualifiés devinrent plus importante qu’un siècle auparavant.

 

Cette fracture au sein même de la classe ouvrière provoqua l’affaissement des partis de gauche qui furent écartelés entre un basculement néolibéral pour satisfaire les ouvriers les plus qualifiés et la conservation de leurs idées pour rester favorable aux ouvriers les moins qualifiés. Dans le même temps, le développement d’une immigration de masse favorisa le basculement de la fracture de la classe ouvrière sur la question ethnique. Ce phénomène se développa d’autant plus facilement avec l’affaiblissement du militantisme et du syndicalisme qui permettaient de limiter les pensées racistes. Le fait que les groupes d’immigrés aient des droits équivalents ou inférieurs aux ouvriers locaux générait dans les deux cas de fortes tensions. Le fait d’avoir moins de droit empêchait de facto l’adhésion à une conscience collective pour les ouvriers d’origine étrangère. Le fait d’avoir autant de droits pouvait poser des problèmes aux ouvriers locaux qui supportaient mal de pouvoir se faire commander par des ouvriers immigrés.

 

En résumé l’émergence de fractures au sein même de la classe ouvrière ainsi que de la société de consommation qui rapprochait certains membres du prolétariat des classes supérieures, ont mis fin à une conscience de classe collective, où l’individu ne pouvait espérer une amélioration de sa condition que par l’organisation collective. A l’arrivée le militantisme et le syndicalisme sont entrés en crise, ce qui a fragilisé les couches les plus précaires de la société.

 

La gauche a été frappée de plein fouet par cette évolution. Faute d’avoir su conserver l’unité de la classe prolétaire, elle a été contrainte de choisir entre l’adhésion ou non au néolibéralisme, ce qui a provoqué une scission. Cette question est devenue d’autant plus problématique lorsque des aspects ethniques sont venus se mêler à ces considérations. Un pays comme la France est le parfait exemple de cette situation avec un PS soumis au néolibéralisme, un FDG qui le refuse et une droite et une extrême droite qui se laissent de plus en plus séduire par les questions d’ordre raciales.

 

 

Theux

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