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Ne peut être vendu

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Publié par Christian Hivert

au cul de ReineL’indignation générale souleva bien des volutes de poussières sous les coups rageurs des semelles renforcées des randjos et autres Dr Martens. « Jimmy le black » se trouva pourvu d’un certains nombre de biographies divergentes d’où il ressortait que personne ne savait où le loger véritablement : instructeur militaire à Melun ?

Tout les enragés du discours vengeur et vindicatif élaborèrent plans et tactiques, se firent stratèges de cercle public, se regroupèrent, s’opposèrent, pérorant et orgueilleux, jusqu’au soir et Cookie arriva. Elle expliqua ce qui s’était passé, comme si elle en était détachée, comme s’il ne s’agissait pas d’elle. Arthur connaissait cela.

Lorsque c’était trop dur à supporter, encaisser ce que l’on n’imagine même pas tellement cela dépasse l’atrocité de l’ordinaire des injustices, lorsque le corps est en refus d’entériner ce que l’on lui fait subir, alors le cerveau rompt les amarres, sportivant sa dérive intérieure, ne mouvoir du corps que le strict nécessaire pour paraître vivant.

Arthur héla le chien de Mendes, un berger allemand dont le môme souhaitait s’occuper. L'animal était quasiment libre et furetait de squat en squat. Le voilà qui était de retour à son bercail principal. Jusqu'au prochain passage de Charly le Katangais, dit baston, dit boisson qu'il l’entraînerait dans sa ronde d’ivrogne rentrant tardivement chez lui.

L'animal vint le flairer avec attention et contentement. Cela lui fit du bien. Il avait comme tant de fois dans son existence l'impression d'être à côté de lui-même, de ne pas être le corps dans lequel il se trouvait, d'attendre stupidement d'exister à lui-même, où donc pouvait-il bien être réellement, la gamine Cookie semblait double et absente.

— Tu es là Arthur et tu as trop fumé, trop bu. ricana Dominique dans les volutes spinales de ses neurones fatigués.

— Bien sûr Dominique, peux-tu m'expliquer  que cela me fasse cela si souvent depuis que je t'ai connu et je ne buvais ni ne fumais à l'époque ! Et je t'ai perdu, je me suis perdu ?

Arthur soupira, quand donc cette dérive finira-t-elle, quand donc les humains du monde aborderont-ils son îlot désert ? Être au milieu des foules et être seul. Jeter ses mots et ses actes comme autant de bouteilles dans les mers démontées des passions et des mesquineries, ne plus vivre, mais les évènements se bousculaient, le figeait

Était-ce par lâcheté ? Pierre Selos lui avait parlé du courage nécessaire pour participer au monde. Le monde refusait sa participation. Une main invisible  implacable s'ingéniait à défaire et détruire tout ce que patiemment et obstinément il s'efforçait de bâtir. Aucune paix, aucune accalmie, aucun havre sans agression possible.

Et il ne se sentait plus de taille. Dominique Premier aussi lui avait parlé de son courage lorsqu'il avait quitté le lycée, interrompu ses études. Elle venait de courir et de se jeter dans ses bras. Oh cette unique caresse, cette intense bouffée chaleureuse l'avait noyé, englouti, puis avait reflué, lui laissant l’imperceptible souvenir d’une présence.

Et il s'était retrouvé seul avec son courage. De tout le lycée, il avait été le seul à ne pas supporter de participer à la construction d'un monde de massacre et de domination. Il ne voulait pas suivre ces études pour devenir un gestionnaire de l'ignominie générale qu'il condamnait. Il refusait son consentement au désastre mondial.

— Tu as souri bien tristement ce jour-là Dominique en me disant que toi tu ne pouvais pas, et tu étais fière de moi ! De ce jour je suis resté seul, je n'arrive pas à être en moi même. Hier, avec les pompiers, ce n'est pas moi qui suis sorti dans la rue face aux CRS j'ai bien trop peur pour cela ; ce n’était que mon corps : son ombre peut-être.

— Ce n'était pas toi Arthur ? Tu étais pourtant particulièrement convaincant ! Celui dans lequel tu n'es pas a des présences plus qu'incisives ! Et s'ils t'avaient battu et arrêté ? Ils ne le pouvaient pas car je ne le voulais pas, j'avais la force des univers, cette force étrange qui me soulève parfois.

— Et maintenant tu t'effondres !

— Et maintenant Dominique je n'ai plus envie d'être fort, j'aurais voulu une de tes épaules pour y pleurer, cette épaule que tu mettais toujours à nu en tirant tes cheveux en arrière, m'enfouir dans tes boucles aux parfums de caramels et de vanille, m'y reposer enfin !

— Tu abandonnes ?

— Ce n'est que partie remise, le monde sera juste, le monde sera libre Dominique !

— Ça n'en prend pas le chemin, si tu y crois, moi je préfère être du côté du manche !

— Je me souviens Dominique, tu es du dessus du panier, pourvu que tu te plaises encore avec tes cheveux gris…

— Un jour terrible viendra où ta vie reniera ton passé, la petite fille du placard n'aura jamais grandi et j'en souffrirais sans rien pouvoir faire ! Que sommes nous donc ici Dominique, à quoi tout cela sert ? Arthur avait le nez appuyé aux barreaux froids des montants de la baie vitrée du premier étage et observait l’agitation dispendieuse.

 

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