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Ne peut être vendu

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Publié par Christian Hivert

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Au moment où les grands exaltés de la réunion clandestine le croisèrent pour vaquer à leurs occupations de futur Lénine des prochaines révolutions occidentales contre la militarisation de l'espace et la mondialisation capitalistique de la répression, un hurlement se fit entendre.

 

Arthur se précipita, sachant ce qui l'attendait, une déjante routinière d'un défoncé aux médicaments et alcool, parfois il fallait quand même intervenir dans le déroulement de l'Autonomie Délirante, aux conséquences ultimes toujours  sanguinolentes et se finissant aux urgences.

 

Ce coup ci, le grand punk n'avait pas trouvé son auditoire d'émerveillés habituels et beuglait un cutter tenu contre sa gorge, il était question d'être tous des salauds et des vendus à l'Etat, indifférents à sa souffrance et dédaignant sa mort prochaine, tout le monde aurait sa mort sur la conscience.

 

Arthur s'approcha le plus près possible, ces délires d'appels au secours décuplés par les substances dopantes étaient fréquentes, il se méfiait plus des réactions hystériques du public habituel de la salle de défouloir, ni l'acteur américain ni les fillettes n'avait pas bougé, il pouvait intervenir.

 

Arthur se cala sans haine et sans crainte devant l'uluberlu et sut tout de suite qu'il n'y avait rien à craindre, il ne souhaitait pas mourir, juste attirer l'attention, il suffisait de l'amener à lâcher son cutter, Arthur fit comme s'il n'avait rien vu et se précipita pour le saluer, "Eh salut, comment va tu?".

 

"Salut Maxwell je ne t'avais pas vu, que deviens- tu?" "Tu te fout de ma gueule, tu veux ma mort comme touts ces salopards, t'es un enculé avec tes beaux discours, t'es comme tous les autres, tu t'en fous, n'approche pas, je me tranche, t'auras ma mort sur la conscience, connard, t'es qu'un beauf".

 

"Je n'ai pas de conscience, connard, chacun est libre de faire ce qu'il veut, mais ce serait dommage parce que je t'aime bien, et je ne suis pas le seul ici, regardes autour de toi" Maxwell prit une grande rasade de l'alcool fort tenu dans son autre main et il s'écroula d'un coup, dans le coma.


Arthur ramassa le cutter inutilisé et le jeta à la grande poubelle du coin cuisine, puis il se retourna vers les minettes en montée d'adrénaline, "Vous pouvez venir lui caresser les cheveux quand il se réveillera, ça lui fera du bien et à vous aussi, merci", et il s'en fut devant le regard du provo.

 

Il redescendit l'escalier menant au rez-de-chaussée, quatre à quatre en slalomant, et, au milieu de l'escalier, il reconnu une crête rose, il s'arrêta net dans son mouvement, "Dis donc toi, tu connais Maxwell?" "Ben ouais quoi" "C'est ton pote?" "Ben ouais pourquoi?" "Super, va là haut".

 

"Il est en train de se défoncer grave, et il a démarré un coma éthylique, il voulait se trancher la gorge avec un cutter, maintenant il est par terre au Premier, je lui ai retiré le cutter et je l'ai jeté, mais si tu pouvais aller voir et t'occuper de lui?" "oui, bien sûr, on y va, venez, c'est pour Maxwell".

 

Ce punk-là était cohérent et conséquent, il allait prendre le relais, il ramassa une petite bande de quatre à cinq autre, et remonta en courant les escaliers, Arthur pu alors profiter de l'espace dégagé pour finir sa descente vers le rez-de-chaussée, même les emmerdeurs avaient le droit à la solidarité.

 

Il y avait une effervescence inhabituelle ce jour-là, derrière la bar construit par les artistes du deuxième étage, trois punkettes se débattaient avec les pinceaux et les pots de peinture noire pour rédiger une banderole du collectif  U.S.I.N.E. lors de la manifestation de soutien aux canaques du lendemain.

 

"Vous me faites ça bien les filles, qu'on ne passe pas pour des cons" "Ah Arthur mais qu'est-ce qu'on écrit, on sait pas nous" " Ah il n'y a rien eu de décidé, beh je sais pas moi, un truc dans le genre, peuple canaque, tes exploiteurs sont les nôtres,  solidarité, enfin ,vous voyez, prenez votre temps"

 

Arthur dut s'éloigner, François des Béruriers Noirs venait d'arriver et ils avaient des détails à discuter pour organiser une intervention musicale sur la plate-forme Beaubourg, en soutien aux insoumis au service national incarcéré, le coup était audacieux et les moyens matériels des plus privés.

 

Toute leur clandestinité se limitait  à cela, ne rien dévoiler avant que le coup en vue ne puisse être réalisé, afin qu'ils ne soient pas empêchés de le faire, mais jamais ils ne se sentaient clandestins, il fallait juste conserver un certain secret le temps du déroulement de l'action, par précaution.

 

Ils ne se sentaient pas l'utilité d'avaler leur carnet d'adresse en cas d'arrestation, ni de dire au téléphone écouté, "je ne peux pas te parler, nous sommes écoutés", ni aucun des moyens farfelus que pouvaient avoir d'autres professionnels des luttes pour attirer l'attention sur leur clandestinité absolue.

 

François était joyeux, ils s'embrassèrent, c'était un mode de salutation fraternelle très en vogue, "Salut Arthur, ça va, j'ai amené la sono douze volts, il suffira de trouver une tresse pour la brancher au cul de la camionnette, en faisant tourner le moteur, ça sera impec, et vous chez les insoumis?"

 

"On est prêt, le collectif U.S.I.N.E. est d'accord, on a battu le rappel, on devrait être une quarantaine et le collectif d'insoumis nous a trouvé une camionnette, il faut faire cela le mercredi c'est le jour où il y a le plus de monde, ils ont la banderole, ils s'enchaîneront sur les toits de Beaubourg."

 

"C'est super, mercredi prochain alors, ça convient?" "Ouais, c'est à vous de décider si vous êtes disponibles avec Loran" "le Mercredi, il n'y a pas de soucis, je vois Loran tout à l'heure, ça nous laisse trois jours complets, c'est nickel, je te laisse le matos, on va pas se le faire chourave"

 

"Non, on va le planquer discrètement dans ma chambre à l'étage, et le type doit passer tout à l'heure pour la camionnette, donc si c'est ok pour Loran on partira d'ici en camionnette, en arrivant à Beaubourg, vous serez prêt à jouer, on sera autour pour permettre d'avancer jusqu'au Parvis"

 

"Bon c'est ok", François ne s'attardait pas plus que de coutume, il avait au tout début du squat posé sa candidature pour y habiter, Arthur l'avait reçu, et les horaires tardifs de coucher des habitants ne lui avaient pas convenu, il devait se lever tôt pour travailler à la superette.

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