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Publié par Christian Hivert

Frigo_interieur.jpgSimon, Arthur et Mendes s’étaient retrouvés dans la cour intérieur d’entrée aux entrepôts frigorifiques de la SNCF à Quai de la gare : il y avait un concert où tous les gars qui formaient la nouvelle équipe de Rockàlusine faisaient leur première apparition et leurs premières gestions d’un public conséquent ; tous étaient à la fête.

C’était une nuit apache où tous les guerriers métropolitains allaient débarquer pour réveiller la terre et ses habitants de leurs habitudes crâneuses de satisfaction de vivre sans soucis au milieu des êtres en souffrance économique ; « pieds nus sur la terre » était le mot d’ordre général, et Chris et sa bande leur ouvrait les portes gratuitement.

Ils étaient ceux d’USINE : cela faisait un an que toutes les tribus bâtissaient le mythe futur ; USINE dans les souvenirs de beaucoup ne ressemblerait à rien de ce qu’ils y avaient tous vécu. Était-ce là le lot des combats de la classe ouvrière à laquelle ils s’accrochaient tous alors que de toutes parts médiatiques on leur en annonçait la disparition ?

« Les cornemuseurs enragés » envoyaient le son et les Béruriers s’apprêtaient à les remplacer sur scène quand du mouvement inhabituel eu lieu à l’entrée : Arthur entendit « c’est eux ceux qu’ont violé Cookie » ; tous les proches de la petite bande de Cookie se donnaient le mot, montrant un petit groupe de quelques rasés fascistes.

Dom le gaulois était déjà en train de constituer un service d’ordre aux conceptions libertaires — qui accompagnera le groupe des Béruriers Noirs tout au long de sa carrière et dirigera les services d’ordre étudiants lors des manifestations explosives de Décembre 1986 — ; Simon décida de ramener Mendes au squat :

— Si ça commence à chauffer je veux pas qu’il lui arrive quelque chose, tu comprends, mais je reviens, si on pouvait leur donner une branlée à ceux là !

La nouvelle de la présence des intrus faisait le tour de la salle — il était clairement question de virer ces salopards, tout le monde attendait que Chris donne son avis — ; le problème était de ne pas griller un bon plan de salle de concert par une bagarre où les policiers tenteraient d’intervenir : la salle risquerait une fermeture.

— Il faut pas que cela vienne des organisateurs de la salle ou du service d’ordre, il faut que cela nous échappe, l’équipe de Rockàlusine ne peut pas être mouillée là-dedans, il faut que ça parte de la salle !

Arthur n’avait jamais participé à une violence collective, hormis des occupations de locaux en soutien à des luttes ouvrières. Il était question là d’une injustice émotionnelle grave, d’un crime commis contre le corps et le psychisme d’une copine rigolote et en plein éveil, ces salopards là devaient connaître la réprobation massive des tribus.

Arthur était sorti de la salle de concert où les « cornemuseurs enragés » continuaient de faire le son ; les Bérus refusaient de monter sur scène tant que le petit groupe minable violeur de fillettes seraient dans la salle, il monta sur les quais anciens de déchargement pour essayer d’y trouver quelque moyen de défense, ceux-là étaient des violents.

Et Arthur n’avait pas de véritable connaissance de violence pure, il n’était pas couard, il savait résister et ne pas courir devant l’adversité, mais participer au déclanchement d’une violence voulue contre des types qu’il ne connaissait pas, il ne savait comment faire.

Cookie étaient là avec ses copains habituels et ne semblait pas s’en émouvoir de plus que d’autres, beaucoup ressortaient de la salle, attenant, comme l’indication en avait été donnée que le service d’ordre de la salle « Rockàlusine » leur demande de bien vouloir quitter la salle, chacun à l’extérieur cherchant son bâton, sa barre de fer.

Puis, enfin, un groupe tenu et apeuré de looks guerriers et paramilitaires sortit, faisant les fiers centre seconde devant la salle, une volée de divers projectiles ramassés sur place les accueillis, puis ce fut la confusion, les Skins faschistes comprirent dans la seconde qu’ils n’avaient plus affaire à une jeune mineure sans défense, ils s’éparpillèrent, poursuivis.

Que peut-on dire de la haine lorsqu’elle est légitime et provoquée par des offenses majeures à la personne humaine, il y avait de la haine, une haine pure et non programmée, à laquelle adhérait Arthur, lui le si doux, le si fédérateur, le si réducteur d’embrouilles, mais la il avait son bâton, se souvenait de ses cours de canne à USINE.

Il n’y eut presque pas de bagarre réelle, ils fuirent tous poursuivis dans les rues et le quai de la Seine proche, ces guerriers forts à trois ou quatre pour violer une gamine mineure et sans défense abandonnèrent là leurs couleurs et leurs prétentions à faire peur, la peur changea de camp ce jour là, certains s’en emparèrent devinrent des « Red-skins ».

La semaine d’après ils firent le nettoyage, suite à un nouveau concert, les bandes de violeurs déconfites ce jour là tentèrent de rameuter leurs troupes, le bagarre fut rude, mais les autres avaient fourbi leurs armes, il y eu de jets de cocktails Molotov le long des voies ferrées, plusieurs blessés chez les violeurs de gamine, la peur changeait de camp.

 

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