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Publié par Christian Hivert

bande des milles

 

Sur les groupes et luttes autonomes des années 1980


104) Avez-vous connu le Centre autonome occupé (CAO) ?


CH : Non, je ne suis arrivé dans les squats qu’après en 1984, et leur dernière occupation venait de se finir, ils avaient tenu un hangar à concert deux jours, nous y sommes passés, tout le Progres à la fin et un type nous a expliqué qu’il avaient ouvert le lieu de manière éphémère afin de gérer son expulsion, je ne sais pas s’il était représentatif, comme il n’y avait plus de musique et plus de bières nous sommes repartis.


105) Qu'est-ce que la Coordination autonome pour des espaces libérés (CAEL)


CH : Non, je n’ai pas connu non plus, on m’en parlait, c’était des concurrents du cao, je n’ai pas eu l’impression que cela ait duré très longtemps, mais comme je le disait à une précédente réponse tous les autonomes ne savait pas tout sur tout et certaines luttes sont restées très éloignées et n’étaient pas connues ou vues par les autres, quand j’ai débarqué dans les squats, personne n’avait entendu parlé du Mapli sauf un vieux briscard qui avait été katanguais à la Sorbonne et qui connaissait Hamouche suite à la manif contre l’assassinat de Pierre Goldman où il s’était fait tabassé en 1979.


106) Pouvez-vous me parler de Narbé L'Hermitte ?


CH : Narbé c’était le regroupement des plus jeunes d’entre nous, et, comme chez les indiens, les plus jeunes sont les plus guerriers, ils s’étaient installés dans les locaux désertés de Radio Mouvance et animaient une permanence juridique sur les squats, ils en ont ouvert pas mal, certains étaient actifs aussi sur les collectifs anti prison, mais comme je l’ai dit on bougeait beaucoup d’un collectif à l’autre.


107) Pouvez-vous me parler de Radio Mouvance et Radio Pirate ?


CH : Je ne me souviens pas de radio pirate, que de nom. Mais pour radio Mouvance, j’y ai débarqué quand c’était devenu le Joujou de Raymond Forlani, c’était au moment d’Usine et nous avions une émission quotidienne, on y passait souvent des disques auto produits et on causait un peu, le mot d’ordre général était anti capitaliste et antiautoritaire, la radio a cessé peu après, mais ce n’était pas mon secteur et j’écoutais à peine


108) Selon vous, Félix Guattari et Gilles Deleuze ont-joué un rôle dans l'évolution du mouvement autonome ?


CH : Oh c’est loin cela, c’était au travers des colonnes de Libé lorsqu’il n’affichait pas encore trop ses options ultra-libérales, cela mériterait bien une étude en profondeur à soi tout seul. Mais je le répète il n’y a jamais eu de mouvement autonome en France, par contre chez les autonomes et margeos c’était des auteurs très lus


109) Pouvez-vous me parler de la revue Tout! ?


CH : Ils ont cessé leur publication un peu après mon arrivée dans les squats, nous avons vraiment eu l’impression d’être une relève à ce moment là, il y en a plein qui se faisaient la malle en 1982 83, ils étaient fatigués des embrouilles et des bagarres entre bandes, des beuglantes d’alcooliques dans leurs bars sauvages etc.


110) Pouvez-vous me parler des Squatters et précaires associés ?


CH : C’était l’autre nom des Narbé, Narbé le nom du groupe faisant le fanzine du même nom qui s’appelait Squatteurs Précaires Associés


111) Qu'est ce que la Coordination des Sans-Cravates ?


CH : Une coordination éphémère qui s’est créée en vue de fêter dignement le bicentenaire de la révolution Française et donc de remettre en perspective l’idée de révolution, cela s’est fait en coordination entre les Prolos de Montreuil, les Narbé et futurs SMO, et PPLC, je n’ai pas tout suivi, j’y étais au début, mais mes activités d’insoumis et de mal-logé ne me permettaient pas d’être partout,

 

toujours est-il que le quatorze Juillet 1989 nous nous sommes retrouvés à un millier environ, peut-être plus à défiler autour de la prison de la Santé, et là comme dans toutes les actions et dans toutes les luttes la question des limites de l’utilisation de la violence a encore été au cœur d’un débat actif, des cabines cassées et renversées, des cocktails enflammés sur les portes, une ou deux voitures retournées, et une course poursuite dans les rues derrière Denfert Rochereau,

 

il y a eu quelques arrestations et un rassemblement de soutien devant le commissariat, puis tout le monde a été relaché. Il semble que par la suite ceux de PPLC étaient en désaccord avec ceux de Narbé car tout le monde n’avait pas été prévenu de l’utilisation des cocktails et les Prolos eux s’en foutaient.


Je ne sais pas si les sans cravates ont préparé d’autres interventions que celle ci.


112) Avez-vous connu les Fossoyeurs du Vieux Monde ?


CH : Pas en tant que tel, à un moment j’avais plein de copains qui venaient me voir en me disant, t’es potes avec les Fos, t’es pas guedin, tu sais ce qu’ils ont fait, etc. et moi je ne voyais pas de qui ils parlaient,

 

ils avaient très mauvaise réputation parce qu’ils avaient fait des descentes violentes chez d’autres autonomes, lorsque les bandes et restes de ces bandes se croisaient, il y avait un climat électrique très déplaisant, et c’est arrivé deux ou trois fois, à la Mouette Rieuse notamment, qu’il y ait bagarre, mais je défendais le point de vue que cela ne nous concernait plus et que le passé ne pouvait pas être revécu, heureusement parfois, je n’étais pas le seul et la paix des braves s’est établie peu à peu.


Il semble que ce groupe ou ceux qui étaient identifiés par les autres à ce groupe aient été assez nombreux, une vingtaine au moins, mais en dehors de cette publication déplaisante qui portait ce nom et que je n’ai vu qu’une seule fois, je n’ai jamais su ce qu’ils faisaient ni ce à quoi ils avaient participé.

 

Mes potes qui étaient identifiés Fos par les autres ne revendiquaient pas l’appellation et deux ou trois m’ont clairement dit qu’ils avaient les boules et qu’ils s’étaient fait manipulés par des « Diants-diants » (Etudiant petit bourgeois)


113) Pouvez-vous me parler du groupe Os Cangaceiros ?


CH : C’est un groupe qui faisait de petites opérations clandestines et dont on voyait de temps à autres les tracts de revendication, leur prose était rigolote, la seule opération dont je me souviens bien c’est les cent mille belles, une apothéose, un long travail de fourmi et de dénonciation des constructions des nouvelles prisons privées, avec baffage de gueule d’architecte, petits sabotages de chantiers de construction etc. ils en avaient fait une revue assez conséquente, c’est le document que l’on doit certainement trouver dans les papiers du condensateur.


Sur Action Directe, la lutte armée et le terrorisme


114) Pour vous, Action Directe est un groupe autonome ?


CH : Non, mais ses premiers participants étaient quasiment tous des autonomes, ils ont lâché très vite Rouillan et sa bande


115) Comment avez-vous perçus les actions du groupe AD ?


CH : Les premières étaient rigolotes, avant 1980, mais nous étions contre les spécialisations et les divisions du travail, pour la plupart pour qu’une action soit autonome il fallait qu’elle soit reproductible par quiconque, l’explosion de nuit n’est pas la seule façon de rendre certaines choses visibles


116) Quel est votre point de vue sur la lutte armée ?


CH : Par contre quand ils en sont passé de l’explosion de nuit à une volonté réelle de lutte armée, il n’y avait plus personne avec eux, nous ne voulions pas de cette logique là, nous n’étions pas pour la création d’un nouvel état seul aboutissement d’une logique de lutte armée, ni pour donner la mort ni pour la recevoir, pour beaucoup d’entre nous la force c’est le nombre.


117) Selon vous, il y a une différence entre terrorisme et lutte armée ? Si oui, laquelle ?


CH : La lutte armée c’est le nom utilisé par ceux qui la mènent, le terrorisme c’est le nom utilisé par ceux qui les combattent.


118) Quel a été l'impact des actions d'AD pour le mouvement autonome ?


CH : Quels casses couilles, quel gâchis . Et cela semble bien avoir détourné définitivement tout travailleur de l’action directe.


119) Avez-vous participer à des actions de soutien en faveur des prisonniers d'AD ?


CH : Oui, bien sûr, nous étions beaucoup sur cette ligne là, ce sont des camarades fourvoyés mais qui doivent être relâchés car ils sont victimes de la répression réactionnaire, par contre au sein des collectifs anti prison, certains d’entre nous refusaient d’accorder une plus grande importance à ceux là plutôt qu’à n’importe quel autre détenu à l’isolement

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